Les dirigeants prennent des décisions qui ont des conséquences pour tous, qu’ils le veuillent ou non. Cela vaut tout particulièrement pour les souverains et les chefs d’État, qui, au cours de l’histoire, ont pris de nombreuses décisions désastreuses : déclencher des guerres effroyables, s’aliéner des alliés dont ils avaient pourtant grand besoin, compter sur ceux sur lesquels ils n’auraient pas dû s’appuyer, et prendre des décisions politiques précises qui ont accéléré le déclin de leur pouvoir. Leurs décisions ont conduit à des batailles perdues, à la chute de royaumes et d’empires, et à la perte de la tête de certains dirigeants. Gardez donc cela à l’esprit en découvrant ces 20 décisions incroyablement malavisées prises par des souverains, qui ont eu des conséquences catastrophiques.
1. Crésus a attaqué la Perse après avoir consulté l'oracle de Delphes
Le roi Crésus de Lydie avait appris par l’Oracle de Delphes que le fait de traverser le fleuve Halys entraînerait la destruction d’un grand empire. Il en déduisit qu’il s’agissait du grand empire perse, qui était alors en pleine expansion ; ainsi, lorsqu’il déclara la guerre à la Perse, alors dirigée par Cyrus le Grand, au VIe siècle avant J.-C., il finit par détruire son propre empire et par perdre son trône. C’est drôle comme les choses se passent parfois.
2. Xerxès a envoyé sa flotte dans les eaux étroites de Salamine
En 480 av. J.-C., le souverain perse Xerxès mena une armée imposante (dont la taille est sans doute exagérée dans les récits antiques) en Grèce et s’empara d’Athènes dès le début de la campagne. En attirant la flotte perse, bien plus imposante, dans le détroit étroit de Salamine, les Grecs neutralisèrent l’avantage numérique des Perses et remportèrent une victoire tactique décisive avec leur flotte, bien plus modeste.
3. Harold Godwinson a choisi d’affronter Guillaume à Hastings
En 1066, après la victoire d’Harold Godwinson sur une armée d’invasion à Stamford Bridge, Harold et ses troupes se dirigèrent vers le sud pour affronter une armée d’invasion menée par Guillaume de Normandie. À la suite de sa défaite à la bataille d’Hastings, Harold fut tué et Guillaume s’empara du trône d’Angleterre.
4. Le roi Jean a chassé de France les nobles dont il avait besoin
Le roi Jean, qui sera plus tard dépeint comme un méchant dans les légendes de Robin des Bois, s’est aliéné les nobles dont il avait besoin pour assurer sa défense et a été vaincu par Philippe II de France, perdant ainsi la Normandie en 1204. Ayant épuisé ses ressources financières en tentant de reconquérir la Normandie, il a augmenté les impôts pour financer ses efforts, ce qui a encore davantage exaspéré les barons. En 1215, leur colère l’a contraint à accepter la Magna Carta.
5. Édouard II ne cessait de privilégier des favoris que ses nobles méprisaient
Édouard II avait tendance à faire preuve de favoritisme envers certaines personnes. La faveur qu’il accordait à Piers Gaveston provoqua une telle colère chez les nobles qu’ils firent assassiner ce dernier en 1312. Hugh Despenser le Jeune, dont Édouard dépendait tout autant, se fit par la suite tout autant d’ennemis. En 1327, Édouard fut destitué à la suite d’une invasion menée par la reine Isabelle et Roger Mortimer.
6. Richard II s'est emparé de l'héritage d'Henri Bolingbroke
Le cousin de Richard II, Henri Bolingbroke, vivait en exil lorsque son père mourut en 1399. Richard confisqua l’héritage de Bolingbroke, et Henri revint en Angleterre où il rassembla des partisans. Il fit ensuite prisonnier Richard II et s’empara du trône sous le nom d’Henri IV.
7. Après son couronnement, Christian II a orchestré le « massacre de Stockholm »
Voilà pour le titre de roi ! En 1520, Christian II, qui s’était battu pendant des années pour le trône de Suède, fut enfin couronné. Quelques jours seulement après son couronnement, Christian fit exécuter près d’une centaine de ses adversaires et de nobles suédois lors d’un événement désormais connu sous le nom de « bain de sang de Stockholm », ce qui déclencha une rébellion menée par Gustave Vasa et entraîna la perte de la couronne par Christian.
8. Moctezuma II a autorisé Cortés à entrer dans Tenochtitlan
En 1519, Moctezuma II autorisa Hernán Cortés et sa petite troupe d’Espagnols à entrer dans Tenochtitlan. Les Espagnols, aidés par des milliers d’alliés autochtones opposés au pouvoir aztèque, firent prisonnier Moctezuma. La ville tomba en 1521, en raison d’une combinaison de facteurs, à savoir un siège prolongé, les combats et une épidémie.
9. Sébastien de Portugal a personnellement mené une invasion du Maroc
En 1578, le roi Sébastien du Portugal, âgé de 24 ans, mena une importante armée portugaise au Maroc en quête de gloire militaire. L’armée fut anéantie lors de la bataille d’Alcácer Quibir et Sébastien lui-même disparut, presque certainement tué au combat. Sébastien mourut sans héritier. Son grand-oncle Henri, qui n’avait pas d’enfants, lui succéda, puis, à la mort d’Henri, Philippe II d’Espagne revendiqua le trône en 1580.
10. Marie, reine d’Écosse, a épousé l’homme soupçonné d’avoir assassiné son mari
Le mariage précipité de Marie, reine d’Écosse, avec James Hepburn, comte de Bothwell — qui figurait parmi les principaux suspects dans l’assassinat de son époux, lord Darnley —, conclu quelques mois seulement après la mort de ce dernier, a scandalisé la noblesse écossaise et entraîné la défaite, l’emprisonnement et l’abdication de Marie.
11. Philippe II a lancé l'Armada espagnole
En 1588, Philippe II d’Espagne envoya l’Armada espagnole envahir l’Angleterre d’Élisabeth Ire, après des années de tensions croissantes. Le projet de rejoindre l’armée espagnole aux Pays-Bas échoua. La flotte fut décimée par une succession d’attaques anglaises, de tempêtes et de maladies lors de son voyage de retour par l’Écosse et l’Irlande. Malgré cette défaite, l’Espagne restait une grande puissance.
12. Charles Ier a fait irruption au Parlement pour arrêter cinq députés
En janvier 1642, Charles Ier fit entrer des troupes armées au Parlement et tenta d’arrêter cinq députés, accusés de trahison. Bien que ceux-ci aient réussi à s’échapper, les agissements de Charles Ier anéantirent le peu de confiance qui existait encore entre lui et le Parlement. Sans surprise, une guerre civile éclata plus tard dans l’année.
13. Jacques II a traduit sept évêques en justice
Jacques II présentait sa politique comme une politique de tolérance religieuse, mais les poursuites engagées contre les évêques qui refusaient de la promouvoir suscitèrent une vive réaction. L’un des actes de défiance les plus célèbres fut le refus de sept évêques de lire sa déclaration de tolérance à l’église, ce qui conduisit à leur procès et à leur acquittement. Lorsque le tribunal acquitta les sept évêques, la foule se réjouit et ceux-ci devinrent des figures populaires de la résistance.
14. Louis XIV a révoqué l'édit de Nantes
Lorsque Louis XIV révoqua l’édit de Nantes en 1685 et priva les protestants français de leurs protections juridiques, des hordes d’huguenots fuirent le pays, malgré les interdictions, emportant avec eux leurs compétences et leur savoir-faire chez les rivaux de la France.
15. Charles XII a mené son armée au cœur de la Russie
Fort d’une longue série de victoires militaires, Charles XII de Suède envahit la Russie en 1708. Au cours du rude hiver de 1708 à 1709, les Suédois furent décimés ; de leur côté, les Russes évitèrent les affrontements majeurs et s’attaquèrent aux lignes de ravitaillement. Obstiné, Charles XII poursuivit sa campagne, pour finir par être anéanti à Poltava en 1709.
16. George III a continué à soutenir la guerre contre les colonies américaines
George III reste, dans l’imaginaire populaire américain, le principal symbole de la tyrannie britannique. Cependant, son pouvoir dans la conduite de la guerre n’était pas plus grand que celui du Parlement et d’une succession de ministres. Lorsque la guerre avec les colonies américaines éclata en 1775, George III était déterminé à les conserver ; pourtant, à mesure que le conflit s’éternisait et que la France s’en mêlait, les chances de succès de la Grande-Bretagne s’amenuisaient. L’armée de Cornwallis fut contrainte de se rendre à Yorktown en 1781, et la guerre fut perdue.
17. Louis XVI a tenté de s'échapper de Paris déguisé
En 1791, Louis XVI et sa famille tentèrent de fuir Paris. Bien qu’ils voyagent en secret, Louis fut néanmoins reconnaissable : sa calèche, qui ne passait pas inaperçue, et les retards accumulés conduisirent à l’interception du cortège à Varennes et à son retour forcé à Paris. Ce fiasco ébranla la crédibilité de la monarchie et renforça en conséquence le sentiment républicain.
18. Charles X a promulgué quatre décrets et a perdu son trône en l'espace de quelques jours
En réaction aux mauvais résultats électoraux de 1830, Charles X promulgua les Ordonnances de juillet. Par ces dernières, il tenta de restreindre la liberté de la presse, de dissoudre le Parlement et de modifier les lois électorales d’un seul coup. Le peuple de Paris se révolta en l’espace de quelques jours, et le roi abdiqua avant de s’exiler.
19. Nicolas II s'est proclamé commandant en chef suprême pendant la Première Guerre mondiale
La Russie a connu une année marquée par des désastres militaires pendant la Première Guerre mondiale. En 1915, Nicolas II a destitué le commandant en chef et a pris le contrôle de l’armée. Cette décision s’est avérée désastreuse, car elle l’a contraint à quitter Petrograd alors que les troubles civils s’intensifiaient, et l’a rendu en fin de compte responsable des échecs militaires. En 1917, la monarchie a pris fin.
20. Victor-Emmanuel III a nommé Mussolini Premier ministre
L’Italie est devenue une dictature sous Mussolini en partie parce que le roi Victor-Emmanuel III a refusé de déclarer la loi martiale contre les fascistes en 1922, lors de la Marche sur Rome, et a préféré inviter Mussolini, qui ne disposait pas de la majorité au Parlement, à former un nouveau gouvernement. Mussolini a profité de cette nomination pour anéantir la démocratie.
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