Le Québec est plongé en campagne électorale depuis le 27 août en vue du scrutin du 5 octobre. Voici un tour d’horizon des promesses dévoilées par le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, depuis le coup d’envoi de cette course à l’Assemblée nationale.
Abolir le FDE pour baisser l'impôt des entreprises
«Défitzgibboniser» et «Défréchettiser» l’économie du Québec. Voici ce à quoi s’est engagé le chef péquiste en référence à Pierre Fitzgibbon, qui a quitté la politique en 2024, et Chrstine Fréchette. Ils ont tous deux été ministres de l’Économie sous la CAQ. Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a fait cette promesse le 28 août, lors d’un discours à Saint-Basile-le-Grand, en bordure des terrains qui avaient été autrefois réservés au projet d’usine à batteries de Northvolt, qui est tombé à l’eau dans la foulée de la mise en faillite de la multinationale suédoise. PSPP a rappelé sa promesse d’abolir le Fonds de développement économique (FDE), utilisé sous la CAQ pour soutenir des projets comme de Northvolt. Ce projet est tombé à l’eau dans la foulée de la mise en faillite de la multinationale suédoise. Les économies engendrées par une telle mesure seraient réutilisées pour «[faire] passer progressivement l’impôt des sociétés de 11,5% à 9,5% sur un mandat», a annoncé le PQ, présentant sa promesse comme une «baisse d’impôt significative de près de 20 % aux PME québécoises». Il s’agit d’un engagement à «coûts nuls», a soutenu PSPP en mêlée presse. Selon le site web du PQ, «cette baisse d’impôt permettra d’augmenter le taux de croissance du PIB de 0,25% par année à l’horizon 2030. Lorsque la mesure aura atteint son plein effet, cela représentera donc une hausse supplémentaire du PIB du Québec de 4,4 millions de dollars par année».
Une baisse «significative» des seuils d’immigration
«On est devant une perte de contrôle totale de notre système d’immigration», affirme le PSPP. Selon le chef péquiste, le passage de Christine Fréchette au ministère de l’Immigration est en cause. Le PQ a réitéré ses engagements des dernières années, lors de son passage dans la grande région de Québec le 29 août.
Il s’engage à réduire de plus de moitié le nombre d’immigrants temporaires admis au Québec, soit de plus de 500 000 à une fourchette de 200 000 à 250 000. Le parti entend aussi instaurer un moratoire sur l’immigration économique internationale, revoir à 35 000 le nombre d’immigrants permanents admis dans la province pour «respecter [sa] capacité d’accueil» et rendre obligatoire une «cérémonie d’intégration à la société québécoise» pour faciliter l’intégration. La cible d’immigration permanente avait été réduite l’année dernière par la CAQ à 45 000 immigrants par an pour 2026 à 2029 dans le cadre d’efforts conjoints de Québec et d’Ottawa pour restreindre le nombre d’immigrants admis au pays.
Renverser le déclin du français
PSPP a présenté le 30 août son plan pour lutter contre un «déclin du français historique», qu’il attribue au tandem Legault-Fréchette. Pour renverser cette tendance «une bonne fois pour toute», le chef péquiste compte notamment «étendre la loi 101 au CÉGEP». Cela obligerait les élèves francophones à poursuivre leur éducation en français. Il rendrait également l’éducation en langue française obligatoire pour les enfants des immigrants temporaires au Québec depuis 12 mois, un trou dans la Charte de la langue française, selon PSPP. «Normalement, un enfant issu de l’immigration, les parents ont l’obligation que ce soit une scolarité qui est en français. Ce n’est donc pas normal que les enfants d’immigrants temporaires choisissent l’école en anglais», a-t-il précisé. Le PQ accordera aussi «une pondération de 10% de la note à la qualité du français dans tous les travaux évalués, quelle que soit la matière», à l’école. Le parti planifie par ailleurs de réaliser une enquête sur la langue de socialisation des jeunes dans les écoles de Montréal et de Laval. PSPP n’exclut donc pas de réglementer l’usage d’autres langues que le français dans les corridors. Pour l’instant, «ce n’est pas sur la table […] Ça dépend de ce qu’on découvrira», a précisé le leader souverainiste. Le PQ promet aussi de «rehausser les critères de français pour l’obtention ou le renouvellement d’un permis de travail, en fonction du type d’emploi occupé» (au niveau 5, soit un stade intermédiaire inférieur, pour le point d’entrée et intermédiaire à avancé pour le renouvellement). Le secteur agricole serait exempté de cette mesure.
Un «grand» ménage dans la bureaucratie
Le but du PQ?
«Recentrer l’État sur ses missions fondamentales: protéger, soigner et éduquer, ainsi que préserver l’identité québécoise.» À terme, cela se traduit par une réduction «des coûts de rémunération dans le secteur public de 2,5% sur trois ans, soit de 1,6 milliard par année et de 4,7 milliards sur un mandat.
Ce «grand ménage» ne rime pas avec pertes d’emploi «en termes de licenciements, mais bel et bien de l’attrition et des incitatifs [financiers de départ]», a assuré le chef péquiste devant une foule de journalistes le 31 août. Un éventuel gouvernement péquiste proposerait également des réductions volontaires du nombre d’heures travaillées et reverrait le ratio entre gestionnaires et employés. La formation souhaite faire passer ce ratio d’un gestionnaire pour 17 employés à un pour 25 au terme d’un premier mandat. Pour y arriver, elle créerait un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire, qui relèverait du Conseil du trésor. Celui-ci aurait pour mandat de passer en revue les règlements, programmes, procédures et normes en vigueur au Québec afin de déterminer lesquels pourraient être simplifiés ou abolis. Le PQ compte également recourir à l’intelligence artificielle afin de «gagner en efficacité» dans l’appareil gouvernemental. Il a finalement réitéré sa promesse de créer un poste de directeur parlementaire du budget, qui serait rattaché à l’équipe de la vérificatrice générale du Québec afin d’accroître la transparence des finances publiques. Dans ce même ordre d’idée, le PQ a annoncé à la mi-août qu’il abolirait Santé Québec s’il est porté au pouvoir. Près de deux ans après son lancement officiel, la société d’État «ne répond pas aux attentes» en matière d’efficacité, a soutenu PSPP dans un point de presse. On est bel et bien devant un monstre de bureaucratie. Il faut reprendre le contrôle sur cette société d’État. Elle doit rendre des comptes sur une croissance qui est totalement hors de contrôle.»
Garder le cap sur un référendum, mais seulement après le mandat de Trump
PSPP a récemment annoncé, le 18 août, qu’il ne tiendrait pas de référendum avant le 20 janvier 2029, date de la fin du mandat de Donald Trump à la Maison-Blanche. Selon un sondage Léger publié le 29 août dans les médias de Québecor, le référendum du PQ figure au bas de la liste des promesses préférées des Québécois. Près de 60% des personnes sondées estiment que «faire du Québec un pays» n’est pas une bonne mesure.
L’idée est pratiquement aussi impopulaire qu’une hausse d’impôt. Reste que PSPP ne renoncera pas à son engagement de tenir un référendum dans un premier mandat. «Nous allons faire ce qu’on dit, et dire ce qu’on fait […] «Nos engagements sont clairs», a-t-il martelé en point de presse à Québec le jour de la publication du sondage Léger. Troisième lien – Le PQ veut relier Lévis et Québec avec un troisième lien réservé au transport en commun. Il renonce à un troisième lien autoroutier. Transport collectif – Le PQ créerait une «Passe mobilité», au coût de 95 $ par mois, qui donnerait accès à l’ensemble des réseaux de transport en commun urbains et régionaux au Québec. Transport collectif – Le PQ s’engage à augmenter les investissements en transport en commun dans le Plan québécois des infrastructures.
Augmenter les cibles climatiques
Le PQ compte augmenter les cibles climatiques, mais sans imposer de «mesures moralisatrices» et de taxes supplémentaires aux consommateurs. À la mi-août PSPP a rendu public son plan environnemental de son parti pour la période 2026-2034. Dans ce dernier, il s’engage à réduire de 42,5% les émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2034, par rapport aux niveaux de 1990.
À l’heure actuelle, la cible — non contraignante — du Québec se situe à -37,5 % en 2035. Pour parvenir à cette cible, le PQ offrirait notamment aux propriétaires de résidences des avantages fiscaux pour se doter d’une thermopompe. À cela s’ajouterait un rabais de 2000$ à l’achat d’un véhicule électrique pour les automobilistes. Ce rabais suivrait une trajectoire de diminution graduelle sur quatre ans. Le PQ compte atteindre une proportion «crédible» de ventes de voitures zéro émission (85% en 2034), la norme actuelle étant fixée à 80 % en 2035. Le PQ veut également inciter les Québécois à utiliser les transports collectifs. C’est pourquoi le PQ s’engage à créer une «Passe mobilité» pour leur permettre de se déplacer à moindre coût sur tout le territoire, peu importe leur lieu de résidence ou leur destination, et ce, pour seulement 95 $ par mois.