«Lake America»: Trump menace le Canada alors que la guerre commerciale s’intensifie
Donald Trump donne une nouvelle tournure inhabituelle à son conflit croissant avec le Canada, en mettant en jeu l’un des monuments communs les plus emblématiques des deux pays. Cette dernière menace intervient alors que les relations entre Washington et Ottawa se détériorent suite à l’échec des négociations commerciales ; les droits de douane, les mesures de rétorsion et les attaques de plus en plus personnelles ne font qu’aggraver un différend qui dépasse désormais largement les questions économiques qui divisaient à l’origine ces alliés de longue date.
Une nouvelle attaque contre le Canada
Le 25 août, Donald Trump a ouvert un nouveau front dans son affrontement de plus en plus virulent avec le Canada, en menaçant de rebaptiser le lac Ontario « lac America ». Cette proposition provocatrice est intervenue quelques jours seulement après l’échec total des négociations commerciales entre Washington et Ottawa, le Canada accusant les États-Unis d’avoir formulé, à la dernière minute, des exigences inacceptables qui ont finalement rendu les pourparlers irrémédiablement compromis.
Trump s'en prend au lac Ontario
Trump a spécifiquement visé l’Ontario, la province la plus peuplée du Canada et un pôle majeur de son industrie automobile. « Les États-Unis envisagent sérieusement de renommer le lac Ontario en lac Amérique, dans la mesure où nous ne prévoyons plus de faire beaucoup d’affaires avec l’Ontario. Merci de l’attention que vous porterez à cette question ! Le président DONALD J. TRUMP », a-t-il écrit.
La guerre commerciale s'intensifie
Cette menace inhabituelle intervient alors que le conflit économique dépasse largement le cadre des négociations qui ont échoué. Washington a imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, touchant notamment les produits laitiers, le vin, le ciment, la bière, le fromage et les produits électroniques. Trump a également menacé de procéder à une nouvelle escalade tarifaire majeure visant certaines des industries manufacturières les plus importantes du Canada à compter du 1er janvier 2027.
Les voitures et l'acier dans le collimateur
Trump a annoncé que les droits de douane sur les voitures, les camions, les pièces automobiles et l’acier canadiens passeraient à 50 % début 2027. Défendant son approche musclée, Trump a déclaré : « Au cours des dix dernières années, les États-Unis ont perdu, en moyenne, 60 milliards de dollars par an face au Canada. Ça suffit ! Le président DJT ».
L'Ontario dans le collimateur
L’Ontario occupe une place particulièrement importante dans ce conflit en raison de ses liens étroits avec le secteur manufacturier américain. La province se trouve juste en face de l’État de New York, de l’autre côté du lac Ontario, et constitue le cœur industriel du secteur automobile canadien. Toute réduction significative des échanges transfrontaliers pourrait donc avoir des répercussions sur les activités manufacturières étroitement intégrées des deux côtés de la frontière.
Ford menace de riposter
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a indiqué que des mesures de rétorsion sévères restaient envisageables si Washington continuait à exercer des pressions économiques. Parmi les options évoquées par l’Ontario figurent des mesures concernant les exportations d’électricité vers les États-Unis et les minerais stratégiques dont ont besoin les industriels américains. La campagne publicitaire menée par la province sur les marchés américains pour s’opposer aux droits de douane est également devenue une source supplémentaire de tension avec Trump.
Trump pourrait-il le rebaptiser ?
Un gouvernement américain pourrait ordonner aux agences fédérales, aux cartes et aux documents officiels américains de désigner ce lac sous le nom de « lac d’Amérique ». Trump avait déjà recouru à cette approche lorsqu’il avait ordonné au gouvernement fédéral d’adopter l’appellation « golfe d’Amérique » pour désigner le golfe du Mexique. Le Canada, en revanche, n’aurait aucune obligation légale de reconnaître le changement de nom imposé par les États-Unis pour ce lac qu’ils partagent.
La langue française entre dans la bataille
Le conflit s’est également étendu aux mesures de protection de la culture et de la langue canadiennes, à la suite des explications fournies par Ottawa pour justifier son rejet de l’accord commercial proposé par Washington. Trump a nié avoir cherché à s’immiscer dans la vie des Canadiens francophones, écrivant : « Je ne m’immiscerais jamais dans la vie des Canadiens francophones ! En fait, je n’ai même jamais songé à faire une chose aussi stupide. »
Trump s'en prend à Carney
Trump a accusé Mark Carney d’avoir monté de toutes pièces cette polémique autour de la langue française à des fins politiques. « Ce mensonge a été inventé par un Premier ministre faible et inefficace dans le but de regagner le soutien politique des Québécois, qu’il a totalement perdu. J’adore les Canadiens francophones ! », a-t-il écrit, ajoutant ainsi une nouvelle dimension personnelle à la détérioration des relations bilatérales.
Le Canada refuse de céder
Le Canada ne semble guère disposé à céder aux menaces de plus en plus pressantes de Trump et à accepter les conditions proposées par Washington. Le gouvernement de Carney a promis des mesures de rétorsion à hauteur des droits de douane américains, tout en mettant l’accent sur une plus grande indépendance économique. L’Ontario a également laissé entendre que des mesures supplémentaires restaient envisageables, laissant entrevoir la perspective d’une confrontation de plus en plus coûteuse qui affecterait les industries et les consommateurs des deux côtés.
Bien plus qu'un simple différend commercial
La menace qui pèse sur l’appellation « Lake America » illustre à quel point le conflit a dépassé le cadre de la politique commerciale traditionnelle. Les droits de douane, l’automobile, l’acier, les infrastructures, la protection du patrimoine culturel et désormais la géographie font désormais partie intégrante de cette confrontation. Washington et Ottawa ne montrant guère de volonté de faire marche arrière, même le nom d’un lac partagé pacifiquement par les deux pays voisins s’est retrouvé entraîné dans leur conflit qui ne cesse de s’intensifier.