Meta accepte de verser jusqu’à 17G$ au procès sur la dépendance des enfants, sans reconnaître sa responsabilité
Meta a conclu un accord de plusieurs milliards de dollars qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Facebook et d’Instagram. Cet accord met fin à un important conflit juridique portant sur des allégations selon lesquelles les plateformes de réseaux sociaux auraient porté préjudice aux enfants, tout en pouvant établir un cadre auquel d’autres géants de la technologie pourraient être confrontés à l’avenir. Bien qu’elle ait accepté de verser des sommes importantes et d’apporter des changements concernant les jeunes utilisateurs, Meta continue de rejeter ces accusations et n’a admis aucune faute.
Une colonie historique
Meta a accepté un accord à l’amiable historique qui pourrait finalement coûter à l’entreprise entre 16,68 milliards et 17,1 milliards de dollars. Cet accord met fin à un litige sans précédent intenté par 47 États américains, qui accusaient le géant technologique d’avoir délibérément conçu Facebook et Instagram de manière à favoriser des comportements addictifs chez les enfants, tout en omettant de communiquer de manière adéquate sur les risques potentiels pour leur sécurité.
Meta nie toute faute
Bien qu’elle ait accepté un accord financier potentiellement colossal, Meta n’a reconnu ni sa culpabilité, ni sa responsabilité, ni aucune faute. Cet accord permet à l’entreprise de continuer à rejeter les principales allégations formulées par les États tout en mettant fin à une bataille juridique qui comportait des risques financiers extraordinaires. Avant cet accord, Meta risquait des sanctions maximales théoriques pouvant atteindre la somme astronomique de 1 400 milliards de dollars.
Le procès prend fin de manière inattendue
Cet accord a mis fin de manière inattendue au procès fédéral qui se tenait à Oakland, en Californie, alors qu’il en était à peu près à sa deuxième semaine. Les débats devant la juge fédérale de district Yvonne Gonzalez Rogers avaient déjà soumis la manière dont Meta traitait ses jeunes utilisateurs à un examen minutieux. Cet accord a également empêché le témoignage attendu du PDG de Meta, Mark Zuckerberg, dont la comparution était très attendue.
Des personnalités accusées d'avoir attiré des enfants dans un piège
Les États ont fait valoir que Meta utilisait des techniques de conception comportementale visant à inciter les enfants à revenir sans cesse sur Facebook et Instagram. Les avocats ont notamment mis en avant le défilement infini, les notifications et l’affichage du nombre de « likes », autant de fonctionnalités qui auraient été conçues pour encourager une utilisation compulsive. Meta a réfuté les accusations selon lesquelles ses plateformes auraient été intentionnellement conçues pour créer un comportement addictif chez les jeunes utilisateurs.
Les données relatives aux enfants sous le feu des projecteurs
La plainte reprochait également à Meta d’avoir enfreint la loi sur la protection de la vie privée des enfants en ligne (Children’s Online Privacy Protection Act) en collectant de manière abusive des informations concernant des enfants de moins de 13 ans sans le consentement parental requis. Ces allégations ont transformé cette affaire, qui portait initialement uniquement sur l’utilisation excessive des réseaux sociaux, en un débat plus large portant sur la vie privée des enfants, la conception des plateformes, la responsabilité des entreprises et la manière dont Meta gère ses jeunes utilisateurs.
Les 17 milliards de dollars expliqués
Bien que les gros titres aient mis l’accent sur un montant d’environ 17 milliards de dollars, celui-ci correspond au plafond potentiel de l’accord plutôt qu’à un versement immédiat garanti. Meta devrait dans un premier temps verser environ 12 milliards de dollars. Des versements supplémentaires pourraient à terme porter le montant total à une fourchette comprise entre 16,68 milliards et 17,1 milliards de dollars, en fonction de l’évolution de la situation concernant les autres parties mises en cause dans le litige.
D'autres géants de la technologie pourraient influencer le montant total
L’augmentation progressive du montant maximal à payer dépend en partie de la conclusion ou non, par TikTok, YouTube et Snap, d’accords à l’amiable avec les États, prévoyant des sanctions financières comparables et des modifications des plateformes. En raison de cette structure, le montant final de la facture de Meta reste incertain. L’issue des négociations impliquant ses co-défendeurs pourrait finalement déterminer si son accord à l’amiable avoisinera le plafond de 17 milliards de dollars largement évoqué dans les médias.
De 1 400 milliards de dollars à plusieurs milliards
Même le montant maximal de l’accord ne représente qu’une fraction de l’exposition théorique de Meta avant le procès. Les documents judiciaires estimaient les sanctions légales maximales potentielles à 1 400 milliards de dollars, un chiffre obtenu en multipliant les amendes possibles par le nombre considérable d’infractions présumées impliquant de jeunes utilisateurs. Les États avaient quant à eux proposé séparément un montant d’environ 200 milliards de dollars, qu’ils jugeaient beaucoup plus réaliste en tant que sanction financière potentielle.
Les adolescents, des utilisateurs précieux
Les États ont également affirmé que Meta tirait un avantage financier du fait de maintenir l’engagement d’adolescents vulnérables, malgré les inquiétudes concernant leur bien-être. Des documents internes mis en avant au cours du litige auraient estimé la valeur d’un utilisateur âgé de 13 ans à environ 270 dollars. Les procureurs généraux ont présenté ce chiffre comme une preuve de l’importance commerciale des adolescents pour Meta, une interprétation que l’entreprise technologique a vivement contestée.
Des changements qui vont au-delà de la sanction financière
L’accord conclu par Meta impose également des modifications juridiquement contraignantes concernant le fonctionnement de Facebook et d’Instagram pour les mineurs aux États-Unis. Cet accord pourrait avoir des répercussions particulièrement importantes, car Meta est la première grande entreprise technologique à conclure un accord dans le cadre d’une vague plus large de plus de 3 000 actions collectives regroupées, portant sur des allégations selon lesquelles les plateformes de réseaux sociaux auraient porté préjudice aux jeunes utilisateurs.
Meta continue de rejeter ces allégations
Meta soutient que Facebook et Instagram n’ont pas été délibérément conçus pour créer une dépendance chez les enfants et a défendu ses mesures en matière de sécurité. Avant de conclure un accord, l’entreprise a accusé les autorités de réclamer une « indemnité exorbitante » et a plaidé en faveur d’une « collaboration constructive avec les entreprises du secteur afin d’établir des normes claires et adaptées à l’âge des utilisateurs », plutôt que de s’attaquer aux problèmes plus généraux du secteur par le biais de poursuites judiciaires agressives.