Le Canada achète des roquettes des États-Unis, annonce le Pentagone

Le Canada achète des roquettes des États-Unis, annonce le Pentagone
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Le Pentagone a annoncé avoir conclu un contrat d'un milliard de dollars avec le fabricant d'armement Lockheed Martin pour la fabrication de systèmes de roquettes d'artillerie à haute mobilité (HIMARS) M142. Les HIMARS sont des lance-roquettes multiples légers développés à la fin des années 1990 pour l'armée américaine.

En octobre 2024, le Département d'État américain de la Défense (rebaptisé depuis Département de la Guerre) a approuvé la vente potentielle de ces systèmes de roquettes et des équipements connexes au Canada, entre autres pays. Le communiqué publié sur le site web du Pentagone dédié aux marchés publics indique que l'accord couvre les « besoins urgents de l'armée de terre, du Corps des Marines et des clients du programme de ventes militaires à l'étranger en Australie, au Canada, en Estonie, en Suède et à Taïwan ». »

Au total, 17 HIMARS seront fabriqués dans le cadre de ce nouvel accord, et les systèmes seront achevés d'ici la fin avril 2028, précise l'avis.

On ignore combien de ces systèmes finiront effectivement au Canada. Le gouvernement canadien avait initialement demandé la livraison de 26 systèmes au Canada, mais aucune confirmation n'a été donnée par les États-Unis ou Lockheed Martin. Curieusement, contrairement à la norme pour la plupart des achats militaires, le gouvernement canadien n'a pas publié de déclaration officielle concernant son intention d'acheter les HIMARS de fabrication américaine, même s'il semble que l'accord officiel ait été signé en janvier. Selon l'expert en défense Dave Perry, le silence des libéraux de Carney est probablement délibéré. Le Premier ministre canadien Mark Carney a promis aux Canadiens qu'il achèterait moins d'armes aux États-Unis pendant sa campagne électorale.

CBC News a rapporté le 6 mai que plusieurs sources anonymes avaient confirmé qu'une déclaration publique avait été préparée l'hiver dernier, au moment où l'accord a été finalisé, mais qu'elle avait été retirée, car elle intervenait quelques semaines avant que le gouvernement libéral ne publie sa stratégie industrielle de défense, qui mettait l'accent sur l'achat de matériel militaire canadien. Les États-Unis ont autorisé le Canada à acheter ces systèmes d'armes en octobre 2024. Le gouvernement canadien aurait signé une lettre d'achat dans les semaines qui ont suivi.

Le Canada a besoin de ces systèmes

Dans une interview accordée à CBC en décembre 2025, le commandant de l'Armée canadienne, le lieutenant-général Mike Wright, a affirmé que ces systèmes étaient absolument nécessaires, bien que l'accord fût encore en suspens. Wright a déclaré que ces armes avaient fait leurs preuves sur le champ de bataille en Ukraine et que le Canada avait besoin d'un « système de frappe de précision à longue portée » pour ses « opérations terrestres ». Il n'a pas donné plus de détails. Outre les HIMARS, le Pentagone a indiqué que le Canada cherchait à acheter des lance-roquettes destinés à la fois aux opérations et à l'entraînement.

« La raison pour laquelle nous avons recommandé l'acquisition de HIMARS est que… C'est une capacité qui a fait ses preuves sur le champ de bataille en Ukraine. Plus important encore, ces systèmes sont disponibles dès maintenant. »

Alors que Mark Carney a assuré aux Canadiens qu'il allait réduire la dépendance vis-à-vis des armes de fabrication américaine, plusieurs accords sont en cours de négociation. Le chasseur furtif F-35, également construit par Lockheed Martin, en est l'exemple le plus marquant. Carney a ordonné une révision du projet canadien d'achat de ces avions de combat auprès de Lockheed Martin, déclenchant une guerre d'enchères à haut risque de la part du concurrent suédois Saab, qui souhaite vendre au Canada ses chasseurs Gripen-E. Le ministre de la Défense, David McGuinty, a réaffirmé début mai que le projet était toujours à l'étude et qu'aucun achat n'avait été confirmé. Selon la déclaration du ministère de la Défense, l'achat des systèmes HIMARS sera finalisé d'ici 2028, le Canada devant recevoir ces systèmes d'armes d'ici 2029.

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Le Premier ministre Mark Carney a promis d'augmenter les dépenses de défense du Canada de 2 % du PIB du pays afin d'atteindre les nouveaux objectifs fixés par l'OTAN. Carney prévoit d'atteindre cet objectif grâce à l'acquisition de nouveaux avions, de véhicules blindés, de munitions et de systèmes d'armes. Le Canada cherche depuis des années à renforcer sa défense dans l'Arctique, et le gouvernement de Carney entend s'attaquer avec succès à ce problème. Si le Canada devait augmenter ses dépenses de défense de 2 % de son PIB, il devrait dépenser plus de 50 milliards de dollars par an.

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