Un évêque catholique de Californie fait l’objet de poursuites pénales et risque de perdre ses fonctions après que les autorités l’ont accusé d’avoir détourné des centaines de milliers de dollars au détriment de sa paroisse. Mgr Emanuel Hana Shaleta, qui dirigeait la communauté catholique chaldéenne de San Diego depuis 2017, a été arrêté le 5 mars à l’aéroport international de San Diego alors qu’il tentait, selon les autorités, de quitter les États-Unis.
Les procureurs affirment qu’environ 250 000 dollars ont disparu des fonds de l’église en 2024, ce qui a déclenché une enquête après qu’un employé de l’église eut signalé la disparition de cette somme.
Quelques jours plus tard, le pape Léon XIV a accepté la démission de l’évêque, alors que l’affaire suit son cours devant les tribunaux californiens et que Shaleta conteste les accusations portées contre lui.
La démission
Le pape Léon XIV a accepté la démission de Mgr Emanuel Hana Shaleta, responsable de la communauté catholique chaldéenne de San Diego, après que l’évêque eut été arrêté par les autorités locales et accusé d’avoir détourné environ 250 000 dollars au détriment de sa paroisse.
Le Vatican a confirmé cette décision dans son bulletin quotidien du 10 mars, annonçant que le pape avait accepté la démission présentée par l’évêque. Mgr Shaleta dirigeait l’éparchie catholique chaldéenne Saint-Pierre-l’Apôtre à San Diego depuis 2017.
L’annonce du Vatican est intervenue quelques jours après l’arrestation de l’évêque et sa comparution devant le tribunal en Californie, où la procédure pénale à son encontre suit désormais son cours dans le système judiciaire de l’État.
Fonds de l'église manquants
Les accusations portées contre Shaleta sont liées à une enquête sur la disparition de fonds de l’église qui, selon les autorités, auraient été détournés au détriment de sa congrégation. Le parquet affirme qu’environ 250 000 dollars ont disparu des comptes de l’église en 2024, ce qui a déclenché une enquête après qu’un employé de l’église eut constaté des irrégularités dans la comptabilité.
Les soupçons de malversations financières ont ensuite été signalés aux autorités, ce qui a donné lieu à une enquête pénale axée sur la gestion des fonds liés à la paroisse. Selon des informations relayées par les médias locaux et citées par les procureurs, la disparition de ces fonds avait été constatée en interne avant que l’affaire ne soit officiellement transmise aux forces de l’ordre pour un examen plus approfondi.
Plusieurs chefs d'accusation
Joel Madero, procureur adjoint du district de San Diego, a déclaré que les faits présumés se sont produits en 2024 et ont été mis au jour après qu’un membre du personnel de l’église a signalé la disparition de fonds. Le signalement de cet employé a déclenché un examen approfondi des registres financiers de l’église, qui, selon les enquêteurs, a permis de mettre au jour le détournement présumé.
Les autorités ont ensuite monté un dossier accusant l’évêque d’avoir détourné des fonds de l’église, ce qui a conduit les procureurs à engager plusieurs poursuites pénales à son encontre. L’enquête s’est rapidement intensifiée à mesure que les forces de l’ordre examinaient les transactions financières et les documents relatifs aux comptes de l’église impliqués dans l’affaire.
Aéroport international de San Diego
La situation s’est aggravée le 5 mars lorsque Shaleta a été arrêté à l’aéroport international de San Diego alors qu’il tentait de quitter les États-Unis. Selon un communiqué du bureau du shérif du comté de San Diego, l’évêque a été interpellé à l’aéroport alors que les autorités soupçonnaient qu’il tentait de se rendre à l’étranger.
Lors d’une audience tenue le 9 mars, Shaleta a plaidé non coupable des accusations portées contre lui. Les procureurs l’ont inculpé de 16 chefs d’accusation liés au détournement de fonds et au blanchiment d’argent, en rapport avec la disparition présumée de fonds de l’Église.
Un voyage prévu de longue date
Shaleta a nié ces accusations et s’était déjà exprimé publiquement à ce sujet devant les membres de sa paroisse. S’adressant à sa paroisse lors d’une messe le 23 février,
Shaleta a nié ces allégations en déclarant :
« Je n’ai jamais, au cours de ma vie sacerdotale ou épiscopale, détourné le moindre centime des fonds de l’Église.
Au contraire, j’ai fait de mon mieux pour préserver et gérer correctement les dons de l’Église. »
Son avocat a également déclaré au tribunal que l’évêque ne tentait pas de fuir le pays lorsqu’il a été arrêté, précisant qu’il prévoyait en réalité un voyage en Allemagne prévu de longue date.
L'affaire judiciaire
Cette affaire a retenu l’attention au sein de la communauté catholique chaldéenne du sud de la Californie, l’une des plus importantes communautés de ce type aux États-Unis. Les catholiques chaldéens s’inscrivent dans la tradition catholique orientale et reconnaissent l’autorité du pape tout en pratiquant leur culte selon un rite liturgique chrétien oriental. Les statistiques du Vatican indiquent qu’environ 71 000 catholiques chaldéens vivent dans la région de San Diego. Le pape Léon ayant accepté la démission de Shaleta, la direction de l’Église locale entre désormais dans une période d’incertitude tandis que l’affaire judiciaire continue de se dérouler devant les tribunaux californiens.