L’OTAN a enfin pris des mesures concrètes en réponse aux menaces répétées de Donald Trump d’envahir le Groenland : une opération militaire baptisée « Arctic Sentry ».
Selon un communiqué publié en février 2026, « Arctic Sentry » vise à renforcer la capacité de l’OTAN à défendre la région arctique, y compris le Groenland.
« Arctic Sentry » inclura des troupes provenant de plusieurs pays membres de l’OTAN. Les soldats suivront une formation spéciale afin de se préparer aux conditions arctiques et à la géopolitique spécifique qui les a amenés là-bas. Donald Trump n’a pas directement commenté ce nouveau projet.
L'OTAN cite la Chine et la Russie comme menaces
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, n’a pas cité les menaces constantes de Donald Trump comme raison d’être de l’opération Arctic Sentry. Il a plutôt pointé du doigt la Chine et la Russie, deux pays qui ont également exprimé leur désir de posséder des terres dans l’Arctique.
La Russie tente d’étendre son contrôle sur le Grand Nord depuis 2001, et la Chine cherche à s’étendre dans l’Arctique depuis des années. Pékin continue de promouvoir une « route de la soie polaire » sous le contrôle du gouvernement chinois. Le commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe, le général de l’armée de l’air américaine Alexus Grynkewich, a qualifié le Grand Nord de zone parmi les plus importantes au monde, mais aussi l’une des plus uniques sur le plan environnemental.
Réunion d'urgence au Groenland
Les chefs d’État des 27 pays membres de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles pour tenir une réunion d’urgence concernant le Groenland. Cette réunion avait pour but de garantir l’unité autour des principes du droit international et de la souveraineté nationale, ainsi que d’assurer l’unité dans le soutien total et la solidarité avec le Danemark et le Groenland.
La réunion aurait été axée sur la recherche d’un moyen de satisfaire les souhaits de Donald Trump tout en garantissant l’autonomie du Groenland et le contrôle du Danemark sur la nation. On ignore si Arctic Sentry a été abordé lors de cette réunion, mais Donald Trump n’était pas présent et semblait ignorer tout de la mission Arctic Sentry.
Trump veut le Groenland
Bien que Trump ait déclaré qu’il ne prendrait pas le Groenland par la force, il a également proféré une série de menaces voilées à l’encontre du Groenland et de l’OTAN au cours des trois derniers mois. Trump a déclaré que si l’OTAN cédait le contrôle du Groenland aux États-Unis, ceux-ci lui en seraient très reconnaissants, mais que si l’OTAN refusait de satisfaire ses souhaits, les États-Unis s’en souviendraient.
Il a également déclaré que s’il choisissait d’utiliser la force, les États-Unis seraient imparables, mais qu’il ne souhaitait pas recourir à cette force « imparable ».
Trump est obsédé par le Groenland depuis mars 2025, et même s’il a levé le pied après Davos, il est loin d’avoir oublié ce pays.
Un désir déroutant
Le désir de Trump de posséder le Groenland est quelque peu déroutant. Il a souvent déprécié ce pays, le qualifiant notamment de « bloc de glace ».
Dans le même temps, Trump a clairement fait part de son intention d’acquérir le Groenland au cours de son second mandat, et son discours à Davos en janvier a confirmé qu’il n’était pas prêt à abandonner cette idée.
Après le Forum économique mondial, Trump a annoncé qu’il avait réussi à négocier un accord-cadre sur le Groenland, mais cet accord ne semble pas donner aux États-Unis le contrôle du Groenland.
Il prévoit la collaboration de plusieurs pays afin de protéger l’Arctique contre les menaces extérieures et donnerait à Trump le contrôle sur certaines ressources minérales du Groenland. Au 11 février, aucun accord officiel n’avait été signé. Toutes les informations publiques sur cet accord ont été communiquées aux médias par des représentants de l’OTAN.
Les pays européens montrent la voie
Lors de la réunion de l’OTAN du 12 février, le secrétaire d’État américain Pete Hegseth brillait par son absence. Donald Trump n’a pas caché sa réticence à participer à l’OTAN et n’a pas ménagé ses critiques à l’égard des alliés de l’organisation.
Trump n’ayant même pas fait de déclaration au sujet d’Arctic Sentry, soit il s’est endormi dans le Bureau ovale, soit il inflige à l’OTAN le silence comme un adolescent jaloux. Même si Arctic Sentry ne change pas vraiment le monde, les États-Unis étaient autrefois fiers de diriger les programmes et projets militaires de l’OTAN.
Contributions européennes
Plusieurs pays européens ont déjà indiqué comment ils soutiendraient le projet Arctic Sentry. Le Royaume-Uni a annoncé qu’il s’engageait à doubler le nombre de soldats britanniques en Norvège au cours des trois prochaines années, passant de 1 000 à 2 000. La Suède a déclaré qu’elle enverrait des avions de chasse pour surveiller le Grand Nord, en particulier pour patrouiller l’Islande et le Groenland.
La France, l’Allemagne et le Danemark ont également annoncé leur participation, mais n’ont pas précisé le nombre de soldats qui seraient impliqués. Le Canada a annoncé qu’il participerait à l’opération Arctic Sentry, mais le Premier ministre Mark Carney n’a pas précisé comment.