Trump ramène le «51e État», Carney l’ignore

Trump ramène le «51e État», Carney l’ignore
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Donald Trump n'a pas manqué l'occasion de ressortir l'un de ses sujets de prédilection concernant le Canada après que le pays soit officiellement entré en récession technique. Peu après que les données économiques aient confirmé que l'économie canadienne s'était contractée pour un deuxième trimestre consécutif, Trump a partagé un article de Bloomberg sur cette évolution sur Truth Social et y a ajouté un message bref mais provocateur : « 51e État ! » La publication a rapidement attiré l'attention des deux côtés de la frontière et a gagné encore plus de visibilité lorsque l'ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, l'a republiée sur X. La décision de l'ambassadeur d'amplifier le message a suscité une réaction immédiate de la part des politiciens canadiens, des dirigeants syndicaux et des utilisateurs des réseaux sociaux, dont beaucoup ont considéré cette publication comme une attaque inappropriée contre la souveraineté canadienne en cette période d'incertitude économique et de négociations commerciales délicates entre les deux pays.

Le Canada est officiellement entré en récession technique après que Statistique Canada a fait état de deux trimestres consécutifs de baisse du produit intérieur brut réel entre octobre 2025 et mars 2026. Les économistes ont mis en avant plusieurs facteurs à l'origine de ce ralentissement, notamment les tensions commerciales persistantes avec les États-Unis, la faiblesse des exportations, la baisse des investissements des entreprises et les efforts du gouvernement pour freiner la croissance des dépenses. Selon les dernières données, les exportations ont reculé de 4,1 % tandis que les investissements des entreprises ont chuté de 3,6 % au cours de cette période. Le Premier ministre Mark Carney a reconnu les performances économiques inégales, mais a fait valoir que les récentes décisions du gouvernement visaient à renforcer la résilience à long terme du Canada. S'adressant aux journalistes, MCarney a déclaré : « Ce gouvernement s'est attaché à jeter les bases d'une économie canadienne plus forte, plus résiliente et plus indépendante. Ce processus est en train de s'installer. Pendant que nous menons ces actions, les données vont être inégales. Nous constatons une certaine faiblesse, en partie due aux décisions claires prises par le gouvernement. » Le Premier ministre a soutenu que le ralentissement économique temporaire devait être replacé dans le contexte de réformes structurelles plus larges.

« Je n'arrive pas à croire que je doive le répéter, mais le Canada ne sera jamais le 51e État. Le Canada n'est pas à vendre. »

– Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Le dernier message de Trump, « 51e État ! », a marqué un nouveau chapitre d'un thème récurrent qui a maintes fois tendu les relations entre Washington et Ottawa. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a régulièrement laissé entendre que le Canada aurait tout à gagner à faire partie des États-Unis, des remarques que les dirigeants canadiens ont systématiquement rejetées. Le moment choisi pour ce dernier message était particulièrement délicat, étant donné que les discussions autour de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique devraient s'intensifier à l'approche d'échéances commerciales importantes. Interrogé sur les derniers commentaires de Trump et la republication de Hoekstra, Carney a refusé d'aggraver le différend. Il a plutôt souligné que le gouvernement canadien resterait concentré sur les questions politiques de fond plutôt que de réagir à chaque publication sur les réseaux sociaux. Carney a qualifié Trump d'« exceptionnellement actif » sur Truth Social avant d'ajouter : « Nous n'allons pas répondre ou réagir à tout. »

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La controverse s'est intensifiée après que Hoekstra a partagé le message de Trump avec ses propres abonnés. Les détracteurs ont fait valoir qu'un ambassadeur est censé renforcer les relations diplomatiques plutôt que de relayer des commentaires remettant en cause la souveraineté du pays auprès duquel il est accrédité. Parmi les réactions les plus virulentes, celle du président de la Fédération du travail de l'Alberta, Gil McGowan, qui a écrit : « L'ambassadeur américain au Canada republie un message du président des États-Unis dans lequel il affirme que le Canada devrait devenir le 51e État. À quel moment allons-nous enfin réagir face à ce trolling incessant ? Expulser l'ambassadeur ? » Ces remarques ont rapidement circulé en ligne et reflètent la frustration croissante des Canadiens qui estiment que les références répétées à l'annexion ont dépassé le stade de l'humour politique pour entrer dans un domaine qui porte atteinte aux conventions diplomatiques habituelles.

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Les dirigeants municipaux et provinciaux se sont également joints aux critiques. Le conseiller municipal de Montréal Craig Sauvé a condamné les agissements de l'ambassadeur en des termes particulièrement directs, écrivant : « L'ambassadeur des États-Unis au Canada, mesdames et messieurs. C'est de la barbarie, pas une démocratie mature. » Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a également réagi avec force, réitérant un message qu'il a délivré à plusieurs reprises depuis que Trump a pour la première fois lancé l'idée que le Canada fasse partie des États-Unis. Ford a déclaré : « Je n'arrive pas à croire que je doive le répéter, mais le Canada ne sera jamais le 51e État. Le Canada n'est pas à vendre. » Ces commentaires ont souligné à quel point la rhétorique récurrente de Trump est devenue un sujet fédérateur sur le plan politique au Canada, rassemblant des politiciens de différents horizons idéologiques autour de la défense de la souveraineté et de l'indépendance nationales.

« Nous n'allons pas répondre ou réagir à tout. »

– Mark Carney, Premier ministre du Canada

Au-delà des élus, les Canadiens ordinaires ont également exprimé leur colère en ligne, en particulier à l'égard de la décision de Hoekstra d'amplifier le message du président. De nombreux utilisateurs ont accusé l'ambassadeur d'encourager une rhétorique clivante à un moment où les deux pays se préparent à d'importantes discussions commerciales. Certains ont qualifié cette publication de tentative de diffuser des discours « omniprésents et dangereux » destinés à « diviser notre nation dans l'espoir que nous implosions afin qu'ils puissent obtenir ce qu'ils veulent… notre nation souveraine. » D'autres ont réagi plus directement, en disant aux partisans de l'annexion : « Allez au sud, si vous aimez tant le fascisme. » Bien que cette controverse ne soit pas susceptible à elle seule de compromettre les relations globales entre le Canada et les États-Unis, elle a une fois de plus mis en évidence à quel point l'activité de Trump sur les réseaux sociaux peut rapidement devenir un problème diplomatique, en particulier lorsque de hauts responsables américains choisissent de relayer ses propos lors de moments économiques et politiques sensibles.

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