Le Québec est plongé en campagne électorale depuis le 27 août en vue du scrutin du 5 octobre. Voici un tour d’horizon des promesses dévoilées par le chef du Parti conservateur québécois (PCQ), Éric Duhaime, depuis le coup d’envoi de cette course à l’Assemblée nationale.
Baisse d’impôt «historique» et réduction des dépenses de l’État
Le PCQ a fait une annonce le 28 août qu’il considère comme la plus «importante» de sa campagne. Le PCQ promet des baisses d’impôt «historiques» pour les contribuables. Les quatre mesures fiscales des conservateurs «redonnerait «en moyenne 11166$ à un ménage québécois typique sur cinq ans», indique le PCQ sur son site web.
Parmi ces mesures, la formation politique a présenté celle sur le montant personnel de base. M. Duhaime ferait passer de quelque 19000$ à quelque 35000$ le montant que peuvent gagner les Québécois sans payer de l’impôt provincial lors d’un premier mandat.
Avec cette économie graduelle, un ménage québécois moyen économiserait 8726$ après cinq ans, selon le parti.
Les propositions de réduction des dépenses de l’État, visant à économiser 47 milliards $ sur cinq ans en s’attaquant au gaspillage, permettraient de financer «la baisse de l’impôt sur le revenu, évaluée à 30 milliards de dollars sur cinq ans, tout en permettant un retour à l’équilibre budgétaire avant la fin du mandat». M. Duhaime veut notamment réduire la taille de l’État de 20 000 fonctionnaires.
Le PCQ n’a pas encore dévoilé son cadre financier détaillant ses promesses.
Abolir la taxe carbone
Le PCQ a proposé le 29 août deux mesures pour faire baisser le prix de l’essence, soit les deuxième et troisième mesures de son plan pour réduire le fardeau fiscal des Québécois. D’une part, le parti abolirait «définitivement» la taxe carbone. Cette dernière fournit des sommes finançant les projets de réduction de gaz à effet de serres au Québec, mais a un impact sur le prix du litre d’essence.
D’autre part, un gouvernement conservateur suspendrait pendant au moins cinq mois la taxe sur l’essence de 19,2 cents le litre. Le chef des conservateurs n’exclut pas de rendre la suspension de la taxe sur l’essence permanente après «analyse des impacts».
«Au total, un ménage moyen économisera 1 573 $» grâce à ces deux promesses, peut-on lire sur le site web de la formation.
Elles visent «d’abord et avant tout», à aider «les plus mal pris d’entre nous [qui] n’ont pas les moyens de s’acheter des Tesla puis des voitures électriques qui coûtent en moyenne 83 000 $», a affirmé M. Duhaime.
«C’est injuste qu’un Québécois paie son essence plus cher qu’un Ontarien. C’est injuste de pénaliser les Québécois qui vivent en région et doivent parcourir de longues distances. C’est injuste de pénaliser les parents qui conduisent leurs enfants à leurs activités sportives», a dénoncé M. Duhaime.
Il a également tendu une main aux électeurs ayant une sensibilité de gauche, qui devraient selon lui être attentifs aux mesures que propose son parti.
Le retrait du marché du carbone et la suspension temporaire de la taxe sur l’essence représentent un manque à gagner de 5,72 milliards de dollars dans les coffres de l’État. Elles aussi reposent sur la promesse du PCQ de couper 47 milliards de dollars dans les dépenses de l’État.
Abolir la TVQ sur les biens usagés
Le PCQ veut remettre 867$ dans les poches des ménages en abolissant la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les biens usagés.
Le montant de 867 $ par ménage a été calculé sur une période de quatre ans et cinq mois sans TVQ sur les biens usagés. Cette taxe de près de 10% touche les voitures usagées, les meubles et les électroménagers, les articles de sports, les jouets et les vêtements, notamment.
«Il est immoral que le gouvernement taxe plusieurs fois un même produit acheté par les personnes qui ont le moins de moyens», a indiqué M. Duhaime, lors d’une conférence de presse le 30 août. Selon le chef conservateur, cette mesure encouragerait l’économie de seconde main.
Un sondage Léger–Le Journal–TVA la veille, 29 août, montre que l’abolition de la TVQ sur la vente de biens usagés arrive en tête des promesses les plus appréciées des électeurs. Plus de 75% des répondants estiment qu’il s’agit d’une bonne mesure.
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, propose lui aussi l’abolition de la TVQ. Ce n’est pas la première fois que les deux formations adverses jouent sur le même terrain: toutes deux promettent d’abolir le Fonds de développement économique (l’outil d’interventionnisme économique du gouvernement), offrir des baisses d’impôts importantes aux PME et faire fondre la taille de l’État.
Plan anti-tarifs: relancer l’exploitation du gaz de schiste
Le PCQ souhaite relancer l’exploitation du gaz de schiste au Québec pour parer le Québec contre les turbulences tarifaires générées par l’administration Trump.
Donald Trump est totalement imprévisible. Mais on peut et on doit agir sur ce qu’on contrôle ici au Québec, a plaidé M. Duhaime lors d’une conférence de presse le 31 août.
«Le Québec est extrêmement dépendant des Américains, 10 % de toute notre puissance énergétique passe par les États-Unis. Il n’y a pas juste moi qui le sais, Donald Trump le sait», a-t-il ajouté.
Le PCQ estime que l’exploitation du schiste d’Utica, situé entre Québec et Montréal, le long de la vallée du Saint-Laurent, pourrait générer 9,4 milliards de dollars sur 10 ans, en plus de soutenir 6000 nouveaux emplois.
M. Duhaime dénonce l’adoption en 2022 de la «Loi visant principalement à mettre fin à la recherche et à la production d’hydrocarbures ainsi qu’au financement public de ces activités», la qualifiant de «radicale».
Rappelons que des entreprises d’exploitation gazière poursuivent le gouvernement du Québec en Cour supérieure pour obtenir 18 milliards de dollars en indemnisation, dénonçant une «expropriation déguisée» avec l’adoption de ce projet de loi.
M. Duhaime a assuré que trois conditions seraient posées pour encadrer l’exploitation du gaz de schiste : le gouvernement devrait établir un cadre réglementaire où tous les risques sont pris par le privé, il devrait y avoir l’acceptabilité sociale dans la région concernée et les normes environnementales les plus élevées au monde devraient être appliquées.
«La technologie a évolué. On n’utilise plus de la nouvelle eau, comme c’était le cas à l’époque où un débat déchirait la population dans plusieurs régions. Il y a aussi deux fois plus de gaz qui peut être extrait d’un seul puits qu’il y en avait à l’époque», a plaidé le leader conservateur.
Plan anti-tarifs: baisse d’impôt de 59% pour les entreprises
Le PCQ a annoncé le 26 août qu’il planifie, dans un premier mandat, réduire l’impôt des entreprises de 59% afin d’accroître leur compétitivité au Canada et à l’étranger.
En pleine guerre tarifaire avec les États-Unis, le PCQ propose de réduire graduellement le taux de l’impôt sur le revenu des sociétés (IRS) de 11,5% à 4,7%. Grâce à cette mesure, le taux de l’IRS combiné fédéral/provincial passerait de 26,5% à 19,7%. Il se situerait ainsi parmi les plus bas en Amérique du Nord.
L’idée est de fournir aux entreprises des liquidités additionnelles, afin notamment qu’elles financent leurs emprunts et accroissent leur compétitivité en ces temps difficiles.
Cette baisse d’impôt fera économiser 23 milliards de dollars aux entreprises, selon les calculs du PCQ. La formation politique de droite assure toutefois que la baisse de revenus pour l’État sera moins importante (sans indiquer de chiffre exact avant son cadre financier), arguant que des impôts bas stimuleront l’économie.
«L’objectif des conservateurs, ce n’est pas d’avoir des montagnes de fonctionnaires avec des montagnes de papier en arrière ou dans d’autres ministères ou dans d’autres organismes pour essayer de distribuer des subventions puis recevoir des chèques de tout le monde, c’est qu’il en reste le plus possible dans les poches des entreprises et des travailleurs pour investir eux-mêmes», a soutenu le chef conservateur.
Le PCQ estime que cette promesse aiderait à créer entre 25000 et 45000 emplois au Québec d’ici cinq ans.
Le PCQ assure avoir la marge de manœuvre nécessaire, rappelant son plan de réduction de 47 milliards de dollars en cinq ans dans les dépenses de l’État
Couper de 30% le fardeau réglementaire des PME
Le PCQ a présenté le 1 septembre son plan pour à réduire de 30% le fardeau réglementaire imposé aux entreprises québécoises au cours d’un premier mandat, en s’inspirant d’un exercice similaire fait en Alberta et en Colombie-Britannique.
Pour y arriver, un gouvernement conservateur créerait un Secrétariat à la libéralisation, qui aurait le mandat de passer au peigne fin les règlements en vigueur pour en éliminer le plus possible.
«On ne touchera pas aux règles fondées, qui protègent évidemment réellement la sécurité, la santé ou l’environnement. On va plutôt couper là où c’est redondant, là où il n’y a pas de valeur ajoutée», a précisé M. Duhaime.
Selon les calculs du PCQ, la province cumule plus de 145000 exigences règlementaires qui pèsent sur les entreprises d’ici.
Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), la réglementation coûte 10,9 milliards de dollars par année aux PME québécoises. En moyenne, un entrepreneur perd 32 jours par année à cause de la bureaucratie.
«Après la baisse de 59% de l’impôt sur le revenu des sociétés, la réduction du gaspillage étatique de 47 milliards de dollars et l’exploitation du gaz naturel, la réduction de la paperasse constitue le quatrième pilier du plan conservateur anti-tarifs visant à rendre les entreprises québécoises plus compétitives», indique le PCQ sur son site web.
Faire du libre-échange canadien «une réalité»
Le PCQ a promis le 2 septembre de faire du libre-échange canadien «une réalité». « À l’heure actuelle, le Québec est le champion des exceptions », a déploré M. Duhaime.
Le PCQ souhaite notamment s’attaquer aux règles de camionnage non harmonisées, à la reconnaissance des permis et des examens, ainsi qu’à la vente d’alcool. L’abolition des barrières entre les provinces permettrait aux entreprises d’engranger 15 milliards $ supplémentaires par année, selon le parti.
«Les barrières interprovinciales sont des tarifs cachés qui coûtent cher en délais, en investissements et en contrats perdus. Leur réduction pourrait accroître l’économie québécoise de 2% d’ici la fin d’un mandat », a soutenu le porte-parole conservateur en matière d’économie et de finances publiques, Adrien Pouliot, par communiqué.
100$ par semaine pour garder les enfants à la maison
Le PCQ a présenté le 3 septembre son plan famille, qui se déploie sur trois grands axes: créer une nouvelle allocation de garde à domicile, maintenir le financement du réseau public tout en suspendant l’expansion des CPE et des garderies subventionnées et bonifier le crédit d’impôt pour frais de garde.
D’abord, l’allocation imposable de 100$ par semaine par enfant, pouvant atteindre 5200$ par an, s’adresse aux parents exclus des places subventionnées qui choisissent de ne pas réclamer le crédit d’impôt. Pour y être admissibles, les foyers devront résider au Québec et compter au moins un parent occupant un emploi à temps plein. Pour le PCQ, cette mesure vise à offrir davantage de liberté aux parents afin qu’ils puissent choisir eux-mêmes le mode de garde qui convient à leur famille.
Ensuite, dès le 1er avril 2027, le crédit d’impôt pour frais de garde sera bonifié. Pour une place non subventionnée évaluée à environ 55$ par jour, cette modification permettra aux familles de la classe moyenne d’économiser environ 950$ par enfant annuellement.
L’enveloppe budgétaire d’environ 93 millions prévue par le gouvernement pour convertir des garderies privées en structures subventionnées sera réorientée vers cette mesure. Ce plan famille coûterait 1,4 milliard de dollars sur une période de cinq ans, dont environ 280 millions par an.
Selon le tableau de bord du gouvernement, en date de juin 2026, 30 688 enfants sont en attente d’une place en garderie au Québec.
Un système scolaire «à 1000 vitesses»
Disant ne pas être «scandalisé» par un prétendu «système à trois vitesses», Éric Duhaime viserait un «un système à mille vitesses, où il y a une vitesse où à peu près pour chaque élève, avec des parcours adaptés selon les différents besoins.» L’équipe conservatrice propose de complètement retirer le critère géographique de la formation des classes, le remplaçant plutôt par le libre choix des parents. Elle estime que les écoles qui seront davantage choisies par les parents pourront prendre de l’expansion et les autres s’adapter. Comme au privé, les familles devraient choisir l’école qu’ils désirent avant la rentrée, puis un processus de sélection aurait lieu, selon une formule déterminée par l’école. M. Duhaime n’a pas écarté que des tests d’admission puisse apparaître dans les écoles primaires et secondaires de quartier. Il récompenserait les écoles qui ont les programmes les plus intéressants ou sont les plus performantes en accordant plus de budgets. Au contraire, les établissements moins efficaces, ou qui n’ont pas mis en place des programmes particuliers assez attractifs, devraient changer leur modèle d’affaires pour éviter de devoir fermer leurs portes. M. Duhaime réduirait le nombre de centres de services scolaires à 17 – comparativement à 61 centres actuellement, selon le site de la Fédération des centres de services scolaires du Québec – en réorientant leur rôle sur le soutien et la coordination. Le but : leur accorder davantage de pouvoirs dans l’offre de programmes, de même que dans la gestion du personnel et le transport scolaire.
100 $ pour faire du sport à 1,3 million de Québécois
Un gouvernement conservateur offrirait 100 $ à 1,3 million de Québécois pour favoriser l’activité physique. Cette aide viserait les personnes dont le revenu du ménage est inférieur à 100 000 $ pour les encourager à faire du sport.
Les enfants, les adultes et les aînés pourraient utiliser ce 100 $ pour payer une inscription sportive, un abonnement à un centre d’entraînement, une activité municipale ou encore un camp sportif.
Cette mesure coûterait 370 millions de dollars sur quatre ans, estiment les conservateurs.
À cela s’ajouterait davantage de périodes d’éducation physique dans les écoles, les faisant augmenter à trois ou quatre par semaine au primaire et au secondaire. Le PCQ voudrait également y inclure des cours de natation.
Au cégep, les étudiants auraient des cours d’éducation physique pendant quatre sessions plutôt que trois actuellement.
Plus de pouvoir aux régions en matière d’immigration
Éric Duhaime s’engage à créer des tables décisionnelles régionales pour garantir plus d’autonomie locale en matière d’immigration.
Chacune de ces tables serait présidée par le ministre régional. Les préfets des MRC, les nations autochtones concernées, les acteurs économiques importants et tout autre acteur jugé nécessaire y seraient aussi conviés.
«Quand on applique une seule politique mur à mur depuis Québec, ou encore pire, depuis Ottawa […] c’est tout simplement impossible de bien répondre aux réalités de chaque région», affirme M. Duhaime.
Un projet de troisième lien évalué à 3 Md$
Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a présenté son projet de troisième lien entre Québec et Lévis, qu’il évalue entre 2,7 et 3 milliards $. Il propose la construction d’un pont à haubans de 2,15 kilomètres au sud de l’île d’Orléans, qui relierait le chemin Royal à la route 132.
«C’est sûr que s’il n’y avait pas déjà 2,8 milliards $ d’engagés dans le pont qui est en train d’être construit entre la Rive-Nord et l’île d’Orléans, le projet aurait été à quatre voix plutôt qu’à deux. C’était évident, a affirmé le chef conservateur. Maintenant, est-ce qu’on va refaire une autre infrastructure ou démolir l’infrastructure actuelle? Je pense que, dans la période d’économie qu’on connaît, où les finances publiques du Québec sont dans le rouge, ce ne serait pas intelligent de le faire.»
Le chef du PCQ a fait valoir que son projet, « contrairement à un pont de l’ouest de l’île, comme ce que la CAQ propose à l’heure actuelle», «ne va pas obstruer la vue entre l’île d’Orléans et le Vieux-Québec».
Cap «vers l’accessibilité en ligne de presque tous les services gouvernementaux»
Avec sa plateforme numérique, Éric Duhaime compte se diriger «vers l’accessibilité en ligne de presque tous les services gouvernementaux» et promet que «l’utilisation de fax dans les ministères sera chose du passé». «Dans les dernières années, on a vu l’État québécois être en retard en matière technologique pour numériser notamment les services aux citoyens», a déploré le chef conservateur.
D’après le porte-parole du parti en économie et en finances publiques, Adrien Pouliot, ces nouvelles mesures permettraient de réaliser des économies de 3,45 milliards $ en frais administratifs sur cinq ans.
Pour arriver à son objectif numérique, le parti veut réduire le nombre d’exigences réglementaires de 30% en quatre ans et donner ce mandat au Conseil du Trésor.
L’inclusion de l’intelligence artificielle dans l’appareil gouvernemental fait aussi partie intégrante du plan numérique du PCQ, qui s’engage à le faire «avec supervision humaine».
Une refonte du modèle syndical
Le PCQ propose veut améliorer le controversé projet de loi 3, adopté par la CAQ en avril 2026. M. Duhaime dénonce notamment les «abus» et les «croisades politiques» des centrales syndicales.
Portée par le ministre du Travail, Jean Boulet, la loi 3 encadre la gouvernance, le financement et la transparence des associations syndicales, par une série de mesures renforçant notamment la reddition de comptes.
«Comme toujours, la CAQ a fait les choses à moitié, a reproché le chef conservateur, entouré de candidats. Elle a botché la job. On l’a vu depuis l’arrivée de Christine Fréchette. Et ils n’ont plus le courage de se tenir debout devant les grosses centrales syndicales», affirme M. Duhaime.
La formation conservatrice propose entre autres l’imposition d’une «clause Dubaï» visant à rendre facultative la part des cotisations n’étant pas clairement destinée à la négociation ou à l’application des conventions collectives.
En plus de rendre secrets les votes d’accréditation syndicale, la formation conservatrice veut assurer un accès public et anonyme aux états financiers et aux dépenses des organisations syndicales.
Plus de privé en santé, plus de médecins à former par année
Pour offrir plus de privé en santé et réduire les temps d’attente, le PCQ compte former 400 à 500 médecins de plus chaque année, et la certification de 1 500 nouvelles infirmières praticiennes spécialisées (ISP) en quatre ans. Cela représenterait un coût de 550 millions en quatre ans.
Dans son plan pour la santé, le PCQ compte notamment abolir graduellement le temps supplémentaire obligatoire (TSO), de modifier la rémunération des médecins, de rembourser les soins au privé et de permettre aux professionnels de travailler à la fois au privé et au public.
Les conservateurs plaident également pour un ordre professionnel des paramédics et pour leur accorder plus de flexibilité dans les actes qu’ils peuvent offrir.
Miser sur des médecins pour traiter l’itinérance
Le PCQ propose de former chaque année 125 médecins dédiés au travail en communauté, une nouvelle branche de la médecine familiale, pour lutter contre la crise de l’itinérance partout au Québec.
Concrètement, le PCQ propose de créer une nouvelle faculté de médecine au coût de 350 millions de dollars. Les étudiants seraient formés dans des petites unités satellites un peu partout au Québec.
Ces 125 médecins communautaires font partie de l’ajout de 500 médecins supplémentaires par an proposé par la formation.
Le PCQ s’engage aussi à répondre à une vieille revendication du milieu communautaire : convertir le financement de l’État «par projet» en un financement « à la mission », jugé plus stable et prévisible. Selon les conservateurs, cela permettrait L au personnel du milieu communautaire de réduire de 30% le temps dédié au travail administratif et à la reddition de comptes.
Tenir compte des valeurs sociales du pays d’origine des immigrants
Le PCQ propose de revoir les critères de sélection pour accorder une partie des points en fonction du pays d’origine afin que les valeurs sociales de ce dernier s’accordent à celles du Québec.
La quantité de points accordés « selon le respect de la démocratie et des droits de la femme dans chacun des pays » sera semblable à celle accordée au français, a-t-il dit, sans toutefois s’avancer sur une liste définitive de pays concernés. Celle-ci sera déterminée en fonction d’indices internationaux déjà existants.
Éric Duhaime n’a pas voulu s’avancer sur un seuil d’immigration temporaire, confirmant seulement qu’il ne compte pas augmenter le seuil actuel. Le PCQ compte toutefois miser sur l’immigration économique, particulièrement en région par la création de tables pour chacune des 17 régions du Québec, et une réduction importante des demandeurs d’asile.
Enfin, pour réduire l’accueil de demandeurs d’asile, l’aspirant premier ministre propose donc de «rendre le Québec moins attractif pour les demandeurs d’asile qui viennent ici pour la générosité de nos programmes sociaux».
Concrètement, un gouvernement conservateur baisserait l’aide sociale de 25%, « en s’assurant que c’est une aide d’urgence», prioriserait les Québécois pour l’accès aux garderies et aux logements subventionnés, et arrêterait le remboursement par Québec des services d’avocats et de consultants en immigration.
Agriculture : aucune nouvelle réglementation restrictive pendant quatre ans
Le PCQ s’engage à n’imposer aucune nouvelle réglementation restrictive – soit celles limitant le «droit de produire» – en agriculture pendant quatre ans. Il compte aussi alléger les règles existantes.
Les conservateurs veulent également moderniser la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles afin de donner plus de latitude aux MRC «pour permettre le morcellement de terres non dynamiques destiné à des projets agricoles en circuit court».
Le 19 septembre, Éric Duhaime a par ailleurs pris part à un rassemblement contre le train à grande vitesse (TGV) d’Alto, se disant préoccupé par les coûts et les impacts sur les producteurs agricoles.