Le Québec est plongé en campagne électorale depuis le 27 août en vue du scrutin du 5 octobre. Voici un tour d’horizon des promesses dévoilées par Québec solidaire (QS) et sa co-porte-parole et aspirante première ministre, Ruba Ghazal, depuis le coup d’envoi de cette course à l’Assemblée nationale.
Contrôle des prix des loyers et 50000 nouveaux logements sociaux
Le logement est «la priorité des priorités» de QS, a soutenu Mme Ghazal. «Il faut aller plus loin, il faut changer les règles du jeu», a déclaré Mme Ghazal lors d’un point de presse du 30 août.
QS y a présenté son plan en matière d’habitation. Une des mesures phares: développer le logement social afin qu’il représente 20% du parc locatif du Québec d’ici 2050. Pour ce faire, le parti construirait 25000 nouveaux logements de ce type dans un premier mandat. Il sortirait aussi 25000 logements du marché privé pour les convertir en logements sociaux abordables.
Le parti veut également limiter la hausse annuelle des loyers à l’inflation, sans excéder 3%. Cette mesure s’appliquerait autant à la signature du bail qu’à son renouvellement. Un gouvernement solidaire mettrait aussi en place un registre national des loyers pour contrer des hausses abusives.
Se trouve dans le plan de QS en matière d’habitation de QS la protection des locateurs. Ce dernier interdirait les évictions en hiver et pendant l’année scolaire pour les familles et protégerait les aînés des évictions en renforçant la «loi Françoise David».
QS s’attaquerait aussi à l’hébergement touristique illégal sur des plateformes comme Airbnb. Comment? En renforçant les pouvoirs d’enquête de Revenu Québec et des enquêteurs municipaux.
QS conclut son plan sur le logement en promettant de soutenir la construction neuve et la revitalisation du parc immobilier existant.
Ces initiatives seront chiffrées dans un cadre financier que le parti doit présenter ultérieurement.
Plus d’accès à la propriété
QS compte aider les premiers acheteurs en leur offrant des prêts pouvant atteindre «15 % de la valeur d’une propriété neuve et 5% de la valeur d’une maison existante», a expliqué Mme Ghazal lors d’une conférence de presse le 2 septembre.
Chaque prêt pourrait atteindre 50000$. Cela représente une enveloppe de 120 millions sur quatre ans, pouvant aider un total de 25000 personnes.
QS aiderait seulement les futurs propriétaires qui achètent une maison sous le prix médian du marché. Les bénéficiaires peuvent rembourser leur prêt (sans taux d’intérêt, mais avec ajout de l’inflation) lors du renouvellement hypothécaire ou de la revente de leur domicile. En ce sens, Ruba Ghazal affirme que son programme est «à coût nul» pour l’État.
À cela s’ajouterait un projet pilote qui permettrait d’offrir 2000 nouvelles maisons dont le prix serait inférieur de 25% à celui du marché. La raison? L’État conserverait les terrains qui constitueraient des actifs.
«L’idée est de racheter et de rénover des maisons déjà existantes pour ensuite les mettre en vente, mais l’État va rester propriétaire du terrain», a expliqué Mme Ghazal. Ce projet est basé sur un modèle simple et efficace qui a fait ses preuves et qui existe déjà grâce [au sénateur bien connu pour ses politiques socialistes] Bernie Sanders au Vermont».
Réduire la facture d’épicerie
Pour s’attaquer au coût de la vie, QS veut faire baisser la facture d’épicerie. La formation compte notamment lancer un projet pilote de 15 épiceries publiques à but non lucratif. Ces dernières seraient implantées dans les déserts alimentaires à travers le Québec. Elles devraient permettre des économies de 2500$ par année pour une famille moyenne.
«Le coût d’investissement initial pour acheter les équipements et tout ça, c’est 100 millions$. Et après ça, pour le coût de fonctionnement, ça va être 80 millions$ par année» pour le réseau d’épiceries», a expliqué le co-porte-parole solidaire, Sol Zanetti.
Le réseau d’épiceries serait approvisionné à 75% de produits québécois, et fournirait des produits à des institutions publiques, comme les écoles et les hôpitaux.
Dans son plan pour l’épicerie, QS compte également plafonner les marges de profit des grandes chaines à 2% et interdire «les pratiques déloyales» de ces dernières, comme la réduflation ou les ententes de cartels. Cette mesure, selon QS, rapportera en moyenne 263$ par famille par année.
«On va donner de vrais pouvoirs à l’Office de la protection du consommateur pour enquêter, pour sanctionner et pour imposer des amendes à ceux qui défient nos règles», a lancé M. Zanetti.
Réduire le décrochage scolaire de moitié
Réduire le taux de décrochage scolaire de moitié, soit de 14% à 7%: voilà la cible de QS pour un premier mandat. Pour ce faire, le parti investirait 340 millions de dollars en éducation.
De cette enveloppe, 140 millions de dollars seraient destinés à l’embauche de 1500 membres du personnel de soutien et de 500 professionnels supplémentaires dans les écoles.
«Le décrochage scolaire nous coûte collectivement 14 milliards de dollars par année. C’est immense. C’est un échec collectif. Je veux, avec toute l’équipe de Québec solidaire, renverser la tendance», a déclaré Mme Ghazal le 31 août.
L’aspirante première ministre solidaire n’a toutefois pas été en mesure d’expliquer comment son parti comptait recruter ces 2000 travailleurs supplémentaires dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, rapporte Le Devoir.
Mme Ghazal a également ramené de l’avant une promesse de longue date de QS, soit de «mettre fin à l’école à trois vitesses». Comment? En créant le «Réseau scolaire commun». Ainsi, les écoles privées qui souhaitent continuer à recevoir des fonds publics devront arrêter de sélectionner les élèves sur la base des notes et cesser d’exiger des frais de scolarité, après quoi elles intégreraient ce réseau.
QS promet également de protéger contre d’éventuelles compressions les budgets consacrés notamment à l’achat de livres et aux sorties scolaires. Le parti qualifie cette mesure de «bouclier anti-austérité».
23 Md $ sur 10 ans pour les transports collectifs
QS fera des transports collectifs une «priorité nationale» s’il est élu. La formation investirait 23 milliards de dollars sur 10 ans pour le «plus grand chantier de réparation des infrastructures de transport en commun». Il s’agit d’un investissement nécessaire pour favoriser la transition écologique, a soutenu Mme Ghazal.
Le plan solidaire s’opérerait sur deux grands axes: la réparation de réseaux clés pour les trains, les autobus et les voies réservées, de même que la réalisation de projets «qui sont demandés de façon urgente par les villes».
Les promesses solidaires visent principalement les grands centres urbains. QS ouhaite rénover le métro de Montréal «qui tombe en ruines», en plus de le rendre entièrement accessible aux usagers à mobilité réduite et de prolonger la ligne orange à Laval. Le parti promet également de réaliser un «projet structurant dans l’Est de Montréal».
Pour ce qui des villes de Québec et Gatineau, QS souhaite y poursuivre le développement de leurs projets de tramway respectifs.
Une consultation sur l’indépendance, malgré la guerre commerciale
«Notre position, elle est claire, il faut qu’il y ait une consultation de la population sur son avenir», et ce, malgré la guerre tarifaire avec les États-Unis, a maintenu Ruba Ghazal lors d’une conférence de presse le 24 août.
Le Québec serait mieux servi en défendant, lui-même, ses intérêts économiques devant Washington, selon elle. «[Le premier ministre Mark] Carney avait promis de mettre une taxe Netflix et il est revenu en pliant devant Trump, dénonce-t-elle. En enlevant cette promesse-là, il a reculé. Ça, ça nuit à qui? Ça nuit à notre culture», cite en exemple la leader solidaire.
Mme Ghazal salue le refus du gouvernement fédéral de faire des concessions sur la protection du français, mais elle juge que ces enjeux restent à la merci d’Ottawa.
L’aspirante première ministre solidaire en a d’ailleurs profité pour présenter sa proposition pour soutenir les entreprises dans ce contexte de guerre tarifaire. Elle leur offrirait une aide annuelle de 1 milliard de dollars jusqu’en 2028 pour les aider à maintenir les emplois.
Elle prône également de riposter aux menaces de M. Trump en augmentant les tarifs d’exportation d’Hydro-Québec vers les États-Unis.
Taxer les ultra-riches
La leader solidaire Ruba Ghazal a récemment réitéré dans un balado de RAD que la réparation des services publics devrait passer par la taxation des ultra-riches.
«Ceux dont la fortune atteint 25 millions de dollars et plus devraient contribuer davantage à notre société, indique le site web de QS. La formation propose d’imposer les actifs du 0.1% le plus fortuné au Québec: «Pour le Québec, c’est 5 milliards par année pour réparer nos écoles, financer des logements sociaux et plus encore».
Accueillir 70 000 immigrants permanents par année
QS a déclaré le 2 septembre qu’un gouvernement Ghazal accueillerait 70 000 immigrants permanents par année. C’est deux fois plus que les 35000 du PQ, le seul autre parti à s’être prononcé explicitement sur ce sujet depuis le début de la campagne. Le plan actuel du gouvernement de la CAQ prévoit l’accueil de 45000 immigrants permanents par année jusqu’en 2029.
QS propose également de rétablir «intégralement» le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et de «régionaliser davantage l’immigration en créant un PEQ-Régions». Les nouveaux arrivants établis dans certaines régions deviendraient admissibles au bout d’un an. En échange, ils devront s’engager à rester trois ans dans la région en question.
Le PEQ a été aboli en novembre 2025 par la CAQ, puis remplacé par un autre programme et finalement relancé, mais partiellement.
QS promet également d’investir 100 millions de dollars en francisation, en «mettant l’accent» sur des cours de français rémunérés en milieu de travail.
Le parti a également l’intention d’abolir les permis de travail fermés, qui obligent les travailleurs étrangers temporaires, à travailler pour un seul employeur. Or, cette mesure devrait attendre l’avènement d’un Québec indépendant, puisque ces permis relèvent actuellement du fédéral. QS, en attendant, ferait pression sur Ottawa pour les abolir.
Une provision Trump de 2Md$
Les solidaires mettraient même de côté une « provision Trump » de deux milliards $ par an d’ici la fin du mandat de l’actuel locataire de la Maison Blanche pour contrer les effets de ses décisions de notre côté de la frontière. Cette cagnotte pourrait prendre la forme de subventions salariales ou d’aides financières. « Ce qui nous distingue des quatre autres partis, ce qui nous distinguent de nos adversaires, c’est que pour Québec solidaire, l’économie ne doit pas être juste au service des plus riches, des multinationales et des banques, l’économie doit être au service de la majorité des Québécois », affirme Ruba Ghazal.
Écoles : 135 M$ aux professionnels pour les besoins particuliers, 200 M$ pour créer un Réseau commun
QS promet d’augmenter « significativement » le salaire des enseignants et de bonifier de 135M$ le budget réservé à l’embauche de professionnels pour les enfants aux besoins particuliers et de 44M$ celui consacré aux stages. À cela s’ajouterait «200M$ pour la création du Réseau commun, où la réalisation du plein potentiel de chaque élève sera équitablement pris en compte et où chacun pourra participer aux projets pédagogiques particuliers offerts à leur école», indique QS.
Comment financer ces mesures selon la formation solidaire ? Grâce à sa promesse d’imposer la fortune du 0,1% des ménages les plus fortunés dans la province.
Logement : développer et préserver le parc immobilier québécois
Québec solidaire soutiendrait «les municipalités dans l’optimisation de leur zonage, pour, entre autres, favoriser le logement social et communautaire, et les maisons intergénérationnelles», indique la formation sur son site web. Des mesures fiscales incitatives cibleront la conversion des grands stationnements extérieurs ou des autres terrains sous-utilisés. En partenariat avec les municipalités, QS viserait la réduction des délais d’émission de permis à 90 jours pour les projets prioritaires à échelle humaine et instaurerait un crédit d’impôt pour la transformation et la construction de maisons intergénérationnelles. «Un tel projet pourrait prendre plusieurs formes: rénovations intérieures, aménagement d’un sous-sol ou d’un nouvel étage, ou encore la construction d’une maison d’arrière-cour», explique QS.
Pour réduire les coûts et livrer des logements plus vite, la formation solidaire prévoit également une centrale d’achat de matériaux, un catalogue de plans pré-approuvés adaptés aux régions et un virage vers la construction modulaire et les bâtiments préfabriqués.
Enfin, pour entretenir les propriétés et accélérer la transition énergétique, QS bonifierait le programme RénoRégion et ramènerait Rénovations Québec.
Un ministère de l'itinérance
QS propose de nommer un «superministre» de la lutte à l’itinérance, s’il est élu. Ce poste assurerait plus de cohérence dans les actions gouvernementales sur cet enjeu, affirme Ruba Ghazal.
«Un super ministre, comme son nom le dit, c’est un ministre qui a beaucoup de pouvoir, qui va avoir des budgets et il va avoir, surtout, l’oreille de la première ministre», a ajouté Mme Ghazal.
Un lunch gratuit pour tous les élèves du public
QS propose d’instaurer un programme d’alimentation universel dans les écoles, c’est-à-dire de financer un repas équilibré et gratuit à tous les élèves du primaire et du secondaire. Selon le Club des petits déjeuners, un enfant sur trois au pays ne déjeune pas régulièrement, a rappelé Mme Ghazal. Nombreux sont donc les enfants qui arrivent à l’école le ventre vide.
Selon les calculs de Québec solidaire, la proposition devrait coûter au gouvernement 480 millions de dollars par an. Il s’agit d’une mesure volontaire. Les parents qui le désirent pourront donc continuer à préparer le lunch de leurs enfants. Une contribution volontaire entre 0 et 7 $ sera demandée et les repas offerts proposeront des aliments locaux, nutritifs et frais.
L’implantation de ce programme se fera progressivement jusqu’en 2031, en commençant par les écoles primaires, puis secondaires. Il sera géré par les centres de services scolaires en partenariat avec d’autres institutions publiques et organismes comme les CPE, les centres d’action bénévole ou autres organismes en sécurité alimentaire, qui ont déjà les infrastructures.
« Ça se fait ailleurs, ça se fait en France notamment, ça commence à se faire aussi en Nouvelle-Écosse, donc c’est possible de le faire », a insisté Mme Ghazal.
510 M$ par an pour soutenir les artistes
Pour permettre au milieu culturel québécois de faire face aux défis modernes, comme la «concurrence accrue des géants américains» et la place grandissante de l’intelligence artificielle générative,
QS propose de doubler les budgets du Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ) et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), en plus d’établir un projet pilote de filet social pour les artistes.
Au total, ce plan d’aide comprend des investissements totaux de 510 milliards de dollars par an. De cette part, la bonification des budgets du CALQ et de la SODEC représenterait 380 millions. À cela s’ajouterait un projet pilote de filet social pour les artistes, à hauteur de 130 millions de dollars par année.
La formation le testerait à Québec, «mais c’est un projet [pour] lequel on a en tête toutes les régions du Québec», a détaillé le co-porte-parole solidaire Sol Zanetti, en précisant que «les critères d’admissibilité seront déterminés conjointement avec les organisations culturelles de la capitale nationale».
Ressusciter un projet de voies réservées à Québec
QS veut implanter des voies réservées au transport collectif dans l’accotement de tronçons routiers existants pour mieux desservir les banlieues de Québec.
Sans dévoiler le montant précis du projet, QS irait puiser les sommes dans son engagement d’ajouter 23 milliards $ au Plan québécois des infrastructures (PQI) pour le transport collectif à partir de 2027.
Un projet de voies réservées sur près de 100 km de route avait été largué par la CAQ en 2025. L’initiative, évaluée à près de 850 millions de dollars en 2021, devait permettre d’ajouter plus de 100 kilomètres de voies réservées au transport en commun le long d’artères provinciales et municipales de Québec, notamment sur les autoroutes Henri-IV, Robert-Bourassa, Laurentienne et Félix-Leclerc.
Transports en commun aux moins de 25 ans et plus de 65 ans
QS s’engage à rendre les transports en commun gratuit pour les moins de 25 ans et les 65 ans et plus partout au Québec. Pour les autres utilisateurs du transport en commun, un gouvernement solidaire proposerait un crédit d’impôt de 20%.
Ces mesures s’appliquent aussi au transport adapté.
Afin d’éponger la diminution des revenus qui découlerait de cette baisse tarifaire, Québec solidaire verserait 270 millions $ par année aux sociétés de transport de la province. En outre, pour améliorer le service offert, une somme de 230 millions $ par année leur serait aussi octroyée, ce qui porterait la facture annuelle totale de ces investissements à 500 millions $.
Selon les estimations du parti, ces mesures permettraient à une famille comptant deux adolescents se déplaçant souvent en métro, bus ou transport adapté d’économiser 2100 $ par année.
«C’est aussi une manière très concrète d’agir pour améliorer l’environnement, pour soulager le portefeuille des familles et pour dynamiser notre économie, a expliqué Ruba Ghazal.
Porter le nombre de CLSC à 400
Québec solidaire s’engage é à porter à 400 le nombre de centres locaux de services communautaires (CLSC). Le but: en « refaire la porte d’entrée du système de la santé ».
Durant un premier mandat solidaire, 200 de ces points de service seraient construits, affirme Ruba Ghazal. Le parti estime à 1,8 milliard de dollars par an le coût de la mesure.
La mesure figurait aussi dans le programme du parti en 2022. Ce n’est donc pas la première fois que QS mise sur ce thème. Même qu’en 2012, le co-porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir promettait un accès 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 aux CLSC.
Réformer le mode de scrutin, instaurer des consultations populaires
Pour redonner confiance en la démocratie, QS veut mettre en place un mode de scrutin proportionnel mixte dans les 100 premiers jours d’un premier mandat. Le parti souhaite instaurer un système proportionnel mixte compensatoire.
Ainsi, un électeur pourra se rendre, comme d’habitude, au bureau de scrutin, mais aura deux votes à faire: celui pour le candidat qu’il souhaite voir député et l’autre pour le parti qu’il veut voir gouverner.
«Tous les députés qui vont avoir le plus de voix dans les circonscriptions vont être élus de la même façon que le mode de scrutin actuel», a expliqué M. Zanetti, le co-porte parole du parti. «Et il y aura une liste avec plein de députés qui auront été élus selon le deuxième bulletin qui vont être répartis dans les partis pour que le pourcentage de vote reflète le pourcentage de sièges à l’assemblée», a-t-il ajouté.
Les porte-parole solidaires ont également annoncé qu’ils veulent mettre en place des référendums d’initiative populaire. Pour enrayer ce cynisme politique chez les Québecois, les référendums d’initiative populaire permettraient aux citoyennes et aux citoyens de modifier, de bloquer ou d’ajouter l’adoption d’une loi, d’un projet ou d’une mesure en déclenchant un référendum populaire, a expliqué Mme Ghazal. Pour déclencher un tel processus, une proportion de 10 % de la population devra appuyer une pétition sur un sujet d’intérêt national, soit près de 600000 personnes.
De la prévisibilité aux agriculteurs inquiets pour la gestion de l’offre
Ruba Ghazal suggère une cible ambitieuse de 75% en achat local dans les institutions publiques québécoises, comme les CHSLD, les CPE ou son projet d’épiceries publiques, par exemple.
Cette mesure viserait à offrir davantage de prévisibilité aux agriculteurs et à répondre à leurs inquiétudes sur l’avenir du système de gestion de l’offre.
«Au lieu d’être toujours inquiets de [perdre la gestion de l’offre], il faut construire notre indépendance économique», soutient l’aspirante première ministre.
Un salaire minimum à 20$ l’heure
QS s’engage à hausser le salaire minimum à 20$ l’heure dès le 1er mai 2027. Il s’agirait d’une augmentation de 3,40$, le salaire minimum étant présentement établi à 16,60$ l’heure. Ruba Ghazal a précisé qu’après cette première augmentation de 3,40 $ l’heure dans la première année, le taux horaire minimal serait indexé annuellement à l’inflation.
Pour aider les entreprises dans cette augmentation du salaire de leurs employés, QS propose une enveloppe de 330 millions de dollars. «Je suis tout à fait consciente du défi que ça représente [pour certaines entreprises] », a dit Mme Ghazal, en soulignant que ce serait plus facile pour les «grandes chaînes et grandes entreprises». De cette enveloppe de soutien, 100 millions seraient réservés aux organismes communautaires, «parce que les organismes communautaires, où surtout les femmes travaillent, font un travail essentiel pour protéger notre filet social et, souvent, ils le font avec peu de moyens», explique-t-elle.
Violences faites aux femmes : un service de première ligne contre la cyberviolence
QS veut renforcer la sécurité des femmes en s’attaquant de front à la haine en ligne et à la montée des discours masculinistes dont elles peuvent être la cible. Le parti de gauche propose de créer un service d’intervention de première ligne qui permettra aux victimes de dénoncer les personnes à l’origine des messages haineux qu’elles reçoivent. QS prévoit une enveloppe de 10 millions$ pour cette mesure.
Cet outil comprendrait un guichet unique qui permettrait de signaler un cas de cyberharcèlement «sans avoir à naviguer dans une multitude de ressources». Un tel service inclurait également une équipe spécialisée pour accompagner les victimes tout en intervenant auprès des personnes qui commettent la cyberviolence. Selon Mme Ghazal, cet outil fait déjà ses preuves en Nouvelle-Zélande et permettrait dans 97 % des cas de résoudre des situations de cyberviolence en moins de 15 jours.
QS souhaite également implanter un nouveau recours légal qui permettrait aux juges d’ordonner rapidement la fin d’un comportement de harcèlement en ligne.
À cela s’ajouterait plus de soutien pour les femmes victimes de violence conjugale. Un gouvernement solidaire accorderait dix jours de congés payés aux femmes victimes de violence conjugale, et ce, aux frais de l’employeur. Pour accompagner cette mesure, la candidate solidaire souhaite allouer 600 millions $ pour ouvrir jusqu’à 1000 nouvelles places en maison d’hébergement à travers la province.
1 Md$ de plus par année dans les groupes communautaires
Le co-porte-parole de QS, Sol Zanetti, a annoncé qu’un gouvernement solidaire injecterait 1 milliard de plus par années dans les services communautaires, qu’il a décrits comme le filet social d’urgence pour les plus démunis. La formation mettrait aussi fin au financement par projet dans le milieu.