10 châtiments militaires romains qui maintenaient les soldats dans le droit chemin et 10 récompenses qui garantissaient leur loyauté
Les soldats romains prêtaient serment, ce qui autorisait leurs commandants à les punir, voire à les condamner à mort. L’armée leur versait également une solde régulière et leur promettait une prime à leur démobilisation. Certaines des punitions les plus connues étaient, dans la pratique, moins courantes que ne le laisse supposer leur réputation. Néanmoins, la menace de ces sanctions influençait le comportement des légions, tant lors des gardes qu’au combat. Voici 10 punitions qui maintenaient la discipline parmi les soldats romains, suivies de 10 récompenses qui garantissaient leur loyauté.
1. La décimation a coûté la vie à un soldat sur dix
Une unité qui avait fait preuve de lâcheté était divisée en groupes de dix, et chaque groupe tirait au sort pour désigner un homme qui serait exécuté. Les neuf autres le battaient alors à mort à coups de gourdins. Les historiens décrivent cette pratique comme rare, bien que Crassus l’ait, dit-on, remise en vigueur contre Spartacus en 71 av. J.-C.
2. Les sentinelles qui s'étaient endormies ont été battues à mort
Toute sentinelle surprise endormie pendant la nuit était condamnée à mort par lapidation. L’officier chargé de la ronde était accompagné de témoins, ce qui rendait l’accusation difficile à contester, et la sentence était exécutée par les propres camarades de la sentinelle. La même peine s’appliquait au vol commis dans le camp et au parjure.
3. L'orge a remplacé le blé dans la ration
Le blé constituait la ration standard de céréales ; le fait d’être affecté à une ration d’orge était donc un signe de déshonneur pour un soldat aux yeux de ses camarades. Les survivants d’une décimation recevaient de l’orge, et on rapporte qu’Auguste nourrissait ses cohortes d’orge lorsqu’elles reculaient au combat. La réduction des rations constituait également une sanction courante pour les infractions mineures.
4. Les unités vaincues campaient à l'extérieur des remparts
Les camps de campagne étaient entourés de fossés et de remparts ; dormir à l’extérieur de ceux-ci exposait donc les soldats au danger. Après une décimation, les survivants recevaient l’ordre de planter leurs tentes dans un endroit non protégé jusqu’à ce qu’ils se soient rachetés au combat. Tous les autres membres de l’armée pouvaient voir où dormaient les hommes punis.
5. Auguste obligeait les officiers à se tenir debout en public
Auguste punissait les fautes mineures en obligeant les officiers à rester debout toute la journée devant le quartier général. Certains portaient leur tunique sans ceinture à épée, d’autres tenaient une perche de dix pieds ou une motte de terre. Les centurions qui abandonnaient leur poste étaient mis à mort, tout comme les simples soldats.
6. Les amendes ont été prélevées sur le salaire
Les commandants retenaient une partie de la solde d’un soldat à titre d’amende, alors que celle-ci était déjà réduite par les frais de nourriture et d’habillement. Ce type d’amende se situait parmi les plus légères, infligées pour des infractions mineures. La solde étant versée en trois versements par an, une amende pouvait priver un soldat de revenus pendant plusieurs mois.
7. Rétrogradation : baisse de grade et de niveau de rémunération
La rétrogradation, appelée « gradus deiectio », consistait à renvoyer un soldat à un poste de rang inférieur. Les grades supérieurs étant généralement mieux rémunérés, une rétrogradation entraînait également une baisse de revenus. Une analyse des sources historique réalisée en 2022 a révélé qu’il y avait eu bien plus de cas de sanctions moins sévères, telles que la rétrogradation, que d’exécutions de masse.
8. Les centurions frappaient les soldats avec un bâton de vigne
Les centurions portaient une verge de vigne et s’en servaient pour punir les soldats qui sortaient du rang. Les fautifs les plus graves étaient quant à eux fouettés devant l’ensemble de la troupe. Le fait de procéder ainsi en public faisait en sorte que chaque châtiment serve également d’avertissement aux autres.
9. Une exclusion de l'armée pour conduite déshonorante a coûté à un soldat son indemnité de départ
La destitution déshonorante, appelée « missio ignominiosa », excluait un soldat de l’armée dans le déshonneur. Les vétérans recevaient une terre ou une prime en espèces lors d’une destitution honorable ; ainsi, un homme qui quittait l’armée dans le déshonneur perdait ces deux avantages. Selon les règles augustéennes, les légionnaires servaient au moins vingt ans ; par conséquent, une destitution en fin de carrière privait un homme de la rémunération qu’il avait tant attendue.
10. Des légions entières ont perdu leur nom et leurs pensions
L’armée punissait parfois collectivement les légions mutinées ou lâches. La 16e légion perdit son ancien titre en 69 apr. J.-C. en raison de ses mauvaises performances et de soupçons de déloyauté envers Vespasien. La sanction la plus sévère consistait à dissoudre une légion sans lui accorder les terres et les pensions habituelles.
Voici maintenant 10 récompenses qui incitaient les soldats à rester fidèles.
1. Le sauvetage d'un concitoyen lui a valu une couronne de chêne
La « corona civica », une couronne de feuilles de chêne, était décernée à un soldat qui avait sauvé la vie d’un autre citoyen au combat. Après les réformes de Sylla, son récipiendaire pouvait également entrer au Sénat romain. Jules César en remporta une lors du siège de Mytilène en 81 av. J.-C., alors qu’il était encore adolescent.
2. Bracelets et médailles portant l'inscription « Brave Soldiers »
Les soldats courageux se voyaient décerner des colliers appelés « torques » et des brassards appelés « armillae ». Les « phalerae » étaient des médailles en forme de disque que l’on portait sur un harnais en cuir par-dessus l’armure, et ces distinctions étaient exhibées lors des défilés. La pierre tombale du centurion Marcus Caelius, décédé en l’an 9 après J.-C., le représente encore aujourd’hui portant ses décorations.
3. Le courage pourrait valoir un double salaire
Deux échelons de solde romains, le « sesquiplicarius » et le « duplicarius », sont généralement considérés comme correspondant respectivement à une solde majorée de moitié et à une solde doublée. L’échelon le plus élevé était parfois accordé à un légionnaire ordinaire en récompense d’un acte de bravoure ou d’un service exceptionnel. Sur la base d’un salaire annuel de 225 deniers, la solde doublée aurait représenté un montant équivalent à celui-ci.
4. Le salaire de base est resté fixé à 225 deniers depuis des générations
Sous Auguste, la solde d’un légionnaire s’élevait à 225 deniers par an, versés en trois versements. Jules César avait auparavant doublé ce montant, qui resta inchangé jusqu’à ce que Domitien l’augmente d’un tiers, pour le porter à 300 deniers. Après la mort d’Auguste, les soldats se révoltèrent également en l’an 14 apr. J.-C., en partie à cause de leur solde et de leurs conditions de vie.
5. Une prime de départ qui vous attend à la fin
Un légionnaire démobilisé recevait 3 000 deniers, soit l’équivalent de plus de treize ans de solde de base. Les prétoriens recevaient quant à eux 5 000 deniers ; cet argent provenait d’un trésor militaire créé par Auguste en l’an 6 après J.-C. Il l’avait alimenté à hauteur d’environ 170 millions de sesterces provenant de ses propres fonds, et de nouveaux impôts sur les successions et les ventes aux enchères assuraient son financement.
6. Les anciens combattants ont reçu des terres à cultiver
Dès l’époque de Marius, les soldats démobilisés ont commencé à réclamer des terres, et César en a fait une récompense systématique. Auguste a écrit qu’il avait envoyé plus de 300 000 vétérans dans les colonies ou dans leurs villes d’origine, en leur accordant à tous des terres ou de l’argent. La création de nouvelles colonies de vétérans a cessé sous le règne d’Hadrien.
7. Les auxiliaires ont obtenu la nationalité française au bout de 25 ans
Les auxiliaires non citoyens ayant servi pendant environ 25 ans se voyaient accorder la citoyenneté romaine à leur démobilisation. Cette attribution était consignée sur un diplôme en bronze composé de deux tablettes articulées ; elle leur conférait également le droit de contracter un mariage légal et faisait de leurs enfants des citoyens. Claude semble avoir officialisé cette pratique, et le premier diplôme connu date de l’an 52 après J.-C.
8. Les empereurs offraient des récompenses en espèces en échange de la loyauté
Les nouveaux empereurs versaient aux soldats une prime en espèces appelée « donativum », et c’est la Garde prétorienne qui en recevait le plus. En 41 apr. J.-C., Claude offrit à chaque garde 3 750 deniers, soit plus de seize fois la solde annuelle d’un légionnaire. Ces versements devinrent une pratique courante, et en 193 apr. J.-C., la Garde mit le trône aux enchères au plus offrant.
9. Le butin provenant des villes conquises a été distribué aux troupes
Les troupes romaines s’attendaient à recevoir une part du butin lorsqu’une ville ennemie tombait, et les captifs vendus comme esclaves en faisaient partie. Un historien romain rapporte une campagne au cours de laquelle les soldats conservèrent l’intégralité du butin provenant des villes samnites, bien que l’argent et le bronze aient été versés au trésor. La générosité d’un commandant à l’égard du butin avait tendance à déterminer à quel point ses troupes l’appréciaient.
10. Les victoires incitent les soldats à se moquer de leur général
Un triomphe consistait en un défilé de victoire à travers Rome, et les soldats qui défilaient derrière leur général partageaient cet honneur public. Le Sénat n’accordait ce privilège que si la victoire répondait à certaines conditions. La tradition voulait que les soldats chantent des chansons se moquant de leur commandant, ce qui, selon la croyance, permettait d’éloigner le mauvais œil.
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