Mark Carney exhorte Trump à «cesser les mèmes et à se montrer sérieux»

Mark Carney exhorte Trump à «cesser les mèmes et à se montrer sérieux»
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Le Premier ministre canadien Mark Carney laisse entendre que le Canada est prêt à revenir à la table des négociations avec les États-Unis, mais seulement si l'administration Trump renonce à ce qu'il qualifie de « mise en scène sur les réseaux sociaux » et aborde ce différend commercial de plus en plus vif avec davantage de sérieux diplomatique. S'exprimant après des semaines de tensions croissantes, Carney a adressé à Washington l'une de ses critiques publiques les plus virulentes à ce jour, déclarant : « Lorsque les Américains cesseront de diffuser des mèmes, de lancer des piques, d'essayer de se montrer intransigeants et commenceront à aborder ces discussions avec sérieux, nous pourrons alors les mener. Mais écoutez, ce n'est pas constructif, mais c'est leur démocratie. »

Ses commentaires interviennent après l'échec des négociations bilatérales, sur fond d'exigences américaines que le Canada jugeait préjudiciables sur le plan économique, injustes et incompatibles avec la protection de sa souveraineté et de ses industries stratégiques.

La confrontation a atteint un point de rupture le 21 août, lorsque les négociateurs canadiens ont quitté la table des négociations après avoir conclu que les dernières conditions posées par Washington ne laissaient pas suffisamment de marge de manœuvre pour parvenir à un accord acceptable.

Carney a qualifié les éléments clés de la proposition américaine d'« anti-économiques » et d'« injustes », arguant que les accepter pourrait gravement affaiblir des industries canadiennes majeures, notamment la construction automobile, la sidérurgie et l'aluminium. Les responsables canadiens ont soutenu qu'un accord ne pouvait se faire au prix de transformer des secteurs nationaux essentiels en simples prolongements affaiblis de l'industrie américaine. L'administration Trump a présenté une version des faits radicalement différente.

Le vice-président JD Vance, le conseiller commercial Howard Lutnick et d'autres responsables américains ont imputé la responsabilité de la rupture des négociations à Ottawa, présentant l'accord proposé comme très favorable et accusant le Canada de chercher des prétextes pour abandonner les négociations plutôt que de conclure un accord. Ces discours contradictoires ont gelé les pourparlers officiels, tandis que la rhétorique politique s'intensifie de part et d'autre de la frontière.

« Quand les Américains cesseront de faire des mèmes, de lancer des piques, d'essayer de jouer les durs, et qu'ils commenceront à aborder ces discussions avec sérieux, nous pourrons en discuter. Mais bon, ce n'est pas constructif, mais c'est leur démocratie. »

– Mark Carney, Premier ministre canadien

Ce qui a toutefois particulièrement irrité Carney, c'est la campagne de plus en plus peu conventionnelle qui a suivi l'échec des négociations. Trump et les membres de son administration ont utilisé à plusieurs reprises les réseaux sociaux pour se moquer du Canada, de ses dirigeants politiques et même de ses capacités militaires, transformant ce qui avait commencé comme un différend tarifaire en une confrontation inhabituellement personnelle entre des alliés de longue date. Trump a promu l'idée de renommer le lac Ontario « lac America » et a diffusé des images retouchées ou générées par IA ridiculisant les objections canadiennes, tandis que les comptes de la Maison-Blanche se sont joints à la campagne en ligne avec des mèmes et d'autres publications provocatrices. Des membres de l'administration ont également pris pour cible les capacités de défense du Canada, notamment le secrétaire au Trésor Scott Bessent qui s'est moqué de la flotte de sous-marins du pays.

Carney a rejeté ce comportement en déclarant sans détour : « C'est indigne de leur fonction », arguant que les désaccords sérieux entre gouvernements voisins devraient en fin de compte être réglés par des négociations de fond plutôt que par des railleries en ligne.

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Le différend a également largement dépassé le stade de la rhétorique, les deux pays préparant des mesures économiques de plus en plus lourdes alors que les négociations restent suspendues. Washington a imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars d'importations canadiennes, touchant des produits allant de la bière et du whisky à l'équipement de hockey, en passant par les textiles et le mobilier. Trump a en outre menacé d'étendre ces droits de 50 % aux voitures, camions et pièces automobiles fabriqués au Canada à partir de début 2027 si Ottawa refuse d'accepter les exigences américaines.

Le Canada, quant à lui, a promis une riposte «dollar pour dollar» et prépare une nouvelle vague de droits de douane de rétorsion prévue pour le 8 septembre, avec des taux allant de 15 % à 50 % sur un large éventail de produits américains. Carney a néanmoins affirmé que le Canada restait disposé à négocier, à condition qu'un éventuel accord protège la souveraineté canadienne et préserve les secteurs industriels les plus importants du pays.

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Trump a simultanément intensifié sa campagne de pression en ligne, ciblant à plusieurs reprises le Canada et Carney par le biais de publications sur Truth Social mêlant menaces commerciales, attaques personnelles et images provocatrices. Après avoir promu le nom proposé de «Lake America», Trump a publié des vidéos modifiées et générées par IA se moquant de l'opposition canadienne, notamment des images montrant des «Donald Duck» de dessin animé patrouillant le lac et une autre représentant une version IA de Trump remplaçant un panneau indiquant «Lac Ontario» avant de se mettre à danser. Il a également accusé le Canada de chercher à établir une relation inéquitable avec Washington, déclarant : « Le Canada veut les avantages d'être un État, sans en être un !!! » Trump a en outre relancé ses critiques selon lesquelles le Canada aurait profité des entreprises et des agriculteurs américains par le biais de barrières commerciales, en particulier les droits de douane sur les produits laitiers. Le président a également menacé d'imposer un droit de douane de 100 % sur les importations canadiennes si Ottawa concluait un nouvel accord commercial avec Pékin qui, selon Washington, pourrait permettre aux produits chinois de contourner les restrictions américaines.

«C'est indigne de leur fonction.»

– Mark Carney, Premier ministre canadien

Malgré la détérioration extraordinaire des relations, les dernières remarques de Mark Carney laissent entrevoir une voie de retour vers les négociations plutôt que de fermer définitivement la porte à Washington. Son message est le suivant : le Canada reste prêt à discuter d'un accord mutuellement avantageux, mais ne reviendra pas simplement parce que les droits de douane, les menaces ou les pressions en ligne s'intensifient. La réprimande du Premier ministre du 1er septembre constituait donc à la fois une critique et une invitation : « Lorsque les Américains cesseront de diffuser des mèmes, d'être sarcastiques, d'essayer de se montrer intransigeants et commenceront à aborder sérieusement ces discussions, nous pourrons les mener. Mais écoutez, ce n'est pas constructif, mais c'est leur démocratie. » Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, s'est entre-temps joint à cette riposte symbolique en érigeant un grand panneau sur les rives du lac proclamant « Lac Ontario. Aujourd'hui et pour toujours. » Pour Carney, cependant, la prochaine avancée significative dépendra moins des mèmes et du théâtre politique que de la volonté de Washington de revenir à des négociations de fond.

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