Nvidia et OpenAI s’allient pour construire le plus grand centre de données d’IA

Nvidia et OpenAI s’allient pour construire le plus grand centre de données d’IA
Crédit: Getty Images (Jensen Huang et Sam Altman)

OpenAI, le créateur de ChatGPT, va louer pendant vingt ans, dans l'Ohio, le plus grand centre de données d'intelligence artificielle (IA) au monde. Le fabricant de puces américain Nvidia s'est engagé à garantir le financement jusqu'à 105 milliards de dollars, selon un document boursier publié lundi. Les premiers calculs du site sont prévus pour 2028.

Nvidia sera le fournisseur exclusif des puces, OpenAI le principal client de la puissance de calcul pour les vingt prochaines années, et SB Energy, une société fondée en 2019 au sein du groupe japonais SoftBank, le propriétaire des murs.

Le projet est prévu en partie sur une ancienne usine d'enrichissement d'uranium de la Guerre froide. Baptisé «PORTS-Pike», le centre de données, actuellement en construction, est censé abriter plus de 1,5 million de puces et fournir d'ici 2032 une puissance de calcul colossale de 8 gigawatts.

La puissance électrique de ce méga centre de données sera fournie pour l'essentiel par une nouvelle centrale à gaz et devrait être équivalente à celle couvrant l'alimentation d'environ six millions de foyers américains, selon le New York Times.

«Ce sera un site immense, avec suffisamment de puissance de calcul pour aider des millions de personnes à faire avec l'IA des choses que nous commençons tout juste à imaginer, de la découverte de nouveaux médicaments à la création d'entreprises», a déclaré Sam Altman, le patron d'OpenAI.

À lui seul, ce site aurait une capacité de calcul équivalente à l'ensemble du programme Stargate, un projet à 500 milliards de dollars sur plusieurs sites, dévoilé en grande pompe à la Maison-Blanche en début 2025 par OpenAI, SoftBank et Oracle.

Du financement circulaire?

L'accord conclu entre Nvidia et OpenAI s'inscrit dans une tendance à la hausse, soit celle où les vedettes de l'IA, malgré l'explosion de leurs revenus, dépendent de la signature de leurs propres fournisseurs pour bâtir les infrastructures géantes de cette révolution technologique, indique l'AFP.

Cette imbrication entre le premier fournisseur de puces d'IA au monde et l'un de ses principaux clients alimente les craintes d'une bulle de l'IA. Or, Jensen Huang, le patron de Nvidia, s'est défendu lundi dans un rare billet de blogue: «Est-ce du financement circulaire ? Non. OpenAI paiera son loyer.»

Nvidia prévoit d'ailleurs d'investir aussi 1,5 milliard de dollars dans SB Energy, rapporte le Financial Times.

Il s'agit de la plus importante garantie à laquelle Nvidia ait consentie. Elle couvre à la fois les emprunts nécessaires à la construction et le montant du loyer. D'après le Wall Street Journal, Nvidia avait d'abord envisagé de porter sa garantie à 250 milliards de dollars. Mais l'information, révélée fin juillet, «avait inquiété les investisseurs quant à l'exposition au risque du fabricant de puces» et fait chuter son titre de 5% à la Bourse de New York.

Le projet devrait créer 35000 emplois en construction pendant les six années de travaux, jusqu'en 2032, et 2500 emplois permanents, peut-on lire sur le site web d'Open AI. L'entreprise d'IA investira 40 millions de dollars dans un fonds de subventions communautaires appuyant les priorités établies par la population locale.

Ces promesses répondent à une hostilité croissante envers les centres de données. Selon un sondage Gallup datant de mars dernier, 71% des Américains s'opposent à leur construction près de chez eux. Par ailleurs, la question de la hausse des factures d'électricité, attribuée en partie à ces sites gourmands en eaux et en électrons, s'est invitée dans les débats des élections de mi-mandat.

OpenAI et son bailleur SB Energy, filiale du japonais SoftBank, assurent que le centre de données paiera ses propres coûts d'énergie et d'infrastructure, sans les répercuter sur les habitants.