Paul St-Pierre Plamondon tuera le projet de TGV s’il est élu

Paul St-Pierre Plamondon tuera le projet de TGV s’il est élu
Crédit: Getty Images

Le gouvernement du Parti québécois aurait l'intention de retirer le Québec du projet de train à grande vitesse proposé par le gouvernement fédéral entre Québec et Toronto s'il est élu lors des prochaines élections provinciales au Québec. Le 9 juin, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé que son parti retirerait le Québec de ce projet s'il en avait le pouvoir. Paul St-Pierre Plamondon mettrait fin au projet de train à grande vitesse s'il était éluPlamondon a fait valoir que la province ne pouvait se permettre de dépenser des milliards de dollars dans un « mégaprojet » alors que les écoles, les hôpitaux, les routes et les réseaux de transport en commun continuent de se détériorer.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a décrit le projet de train à grande vitesse Alto comme un fardeau financier potentiellement énorme qui détournerait des ressources de priorités plus urgentes. Ce projet fédéral, qui relierait les grandes villes du corridor Québec-Windsor grâce à un réseau ferroviaire à grande vitesse dédié, a été présenté par Ottawa comme l'un des plus importants investissements dans les transports de l'histoire du Canada. Ses partisans affirment qu'il améliorerait la mobilité, réduirait les émissions et renforcerait les liens économiques entre les grands centres urbains.

Nous devons nous méfier des politiciens qui veulent mener à bien un mégaprojet à tout prix,

-Jean-Denis Garon, député du Bloc québécois

Plamondon a toutefois déclaré que la réalité financière du Québec exigeait une approche différente. Dans une longue déclaration publiée sur les réseaux sociaux, il a fait valoir que la province était confrontée à d'importantes pressions budgétaires tout en peinant à entretenir les infrastructures publiques existantes. Il a déclaré qu'un gouvernement du Parti québécois donnerait la priorité aux investissements dans les soins de santé, l'éducation, les réseaux de transport et la sécurité publique plutôt que d'engager des milliards de dollars dans un nouveau réseau ferroviaire reliant le Québec et l'Ontario. Plamondon a fait valoir que cette proposition reflète la tendance d'Ottawa à se lancer dans de grands projets de construction nationale tout en ignorant les problèmes plus immédiats auxquels sont confrontées les provinces. Il a soutenu que les Québécois tireraient davantage profit d'investissements qui améliorent directement les services et les infrastructures qu'ils utilisent au quotidien.

« Chaque dollar investi doit être guidé par nos priorités et servir d'abord les missions fondamentales de l'État : la santé, l'éducation et la sécurité de tous. »

-Paul St-Pierre Plamondon

Dans sa déclaration, St-Pierre Plamondon est revenu à plusieurs reprises sur la question des priorités en matière de dépenses publiques. Le Québec continue de faire face à d'importantes pressions budgétaires tandis que les institutions publiques sont confrontées au vieillissement de leurs installations et à des coûts d'entretien croissants. Le chef du Parti québécois a fait valoir que les gouvernements doivent se concentrer d'abord sur leurs responsabilités fondamentales avant d'engager des fonds dans de nouveaux projets coûteux. Une grande partie des critiques du Parti québécois porte sur le coût potentiel du projet. St-Pierre Plamondon a cité des estimations du Bloc québécois selon lesquelles le projet Alto pourrait finalement atteindre près de 200 milliards de dollars. Bien que les gouvernements n'aient pas encore fixé le coût total, il a fait valoir que la part du Québec pourrait grimper à environ 40 milliards de dollars. Il a comparé ce chiffre à d'autres investissements publics majeurs, soulignant que la rénovation longtemps reportée de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal représente un coût estimé à environ 5 milliards de dollars. Selon St-Pierre Plamondon, les Québécois devraient se demander si dépenser huit fois ce montant pour un train à grande vitesse constitue une utilisation responsable des deniers publics.

Les infrastructures nécessitant des réparations

Le chef du Parti québécois a également souligné le retard croissant du Québec en matière d'entretien des infrastructures. Les chiffres provinciaux estiment le déficit d'entretien des actifs du gouvernement à environ 45 milliards de dollars. St-Pierre Plamondon a déclaré que près de 40 % des bâtiments hospitaliers et 60 % des écoles sont actuellement considérés comme étant en mauvais état. Les routes de la province nécessitent des milliards de dollars de réparations, tandis que le réseau de métro de Montréal devra faire face à d'importants besoins de modernisation dans les années à venir. Les agences de transport en commun de tout le Québec continuent de rechercher des financements pour des projets d'expansion et d'entretien. Selon le chef du PQ, ces questions méritent une attention immédiate avant que les gouvernements n'envisagent de nouveaux mégaprojets.

Imaginez tout ce que nous pourrions faire avec 40 milliards

-Paul St-Pierre Plamondon

Paul St-Pierre Plamondon mettrait fin au projet de train à grande vitesse s'il était éluPlamondon a fait valoir que la province pourrait rénover des écoles, moderniser des hôpitaux, réparer des routes et renforcer les réseaux de transport en commun au lieu de contribuer au financement d'une ligne ferroviaire à grande vitesse. La déclaration soulignait que le Québec sait déjà où se situent bon nombre de ses besoins en matière d'infrastructures et n'a pas besoin de rechercher des projets nécessitant des investissements. Plutôt que de construire un nouveau corridor de transport entre les provinces, il a fait valoir que les gouvernements devraient se concentrer sur l'entretien et l'amélioration des infrastructures dont les Québécois dépendent déjà au quotidien.

Réaction du Québec ?

On ne sait pas encore comment la province de Québec va réagir à cette nouvelle. Le train à grande vitesse bénéficie du soutien des défenseurs des transports depuis des décennies, et de nombreux partisans affirment que le Canada a besoin d'une infrastructure ferroviaire moderne pour le transport de passagers, comparable aux réseaux en service en Europe et en Asie.

Plamondon a reconnu que sa position n'était peut-être pas unanimement populaire, mais a déclaré qu'un gouvernement responsable devait faire des choix difficiles lorsque les ressources sont limitées. Si le Parti québécois forme un gouvernement, il retirera le Québec du projet Alto et exigera que le financement fédéral soit transféré à la province sans conditions.