Food Banks Canada affirme que les Canadiens ne bénéficient pas d’un soutien suffisant

Food Banks Canada affirme que les Canadiens ne bénéficient pas d’un soutien suffisant
Crédit: Getty Images

Food Banks Canada met en garde contre le fait que le système d'assurance-emploi (AE) canadien manque de plus en plus à sa mission de protection des travailleurs, exposant ainsi les Canadiens sans emploi au risque de pauvreté. Cette situation a conduit les Canadiens à dépendre des banques alimentaires et d'autres services fournis par des organismes non gouvernementaux. Dans un nouveau rapport sur la pauvreté publié cette semaine, l'organisation nationale affirme que le système d'AE du pays a été conçu pour une main-d'œuvre qui n'existe plus. L'AE a été conçu pour fonctionner dans une économie caractérisée par des emplois stables à temps plein plutôt que par des emplois à temps partiel, contractuels et occasionnels, qui constituent désormais la majeure partie du marché du travail. Ce rapport paraît alors que la fréquentation des banques alimentaires à travers le Canada continue d'atteindre des niveaux records. Food Banks Canada indique que les banques alimentaires ont enregistré plus de 2 millions de visites rien qu'en mars 2025, le total mensuel le plus élevé jamais enregistré. Ce chiffre représente également le double du niveau de 2019. L'organisation affirme que la hausse des coûts du logement, des prix des denrées alimentaires et l'insécurité économique ont toutes eu un impact sur la fréquentation des banques alimentaires.

Qu'est-ce que l'assurance-emploi ?

L'assurance-emploi (AE) est un programme fédéral de soutien au revenu qui offre une aide financière temporaire aux travailleurs admissibles ayant perdu leur emploi sans que cela soit de leur faute. Il s'agit par exemple de licenciements, de pénuries de travail ou de fermetures saisonnières. Pour avoir droit aux prestations régulières d'assurance-emploi, les Canadiens doivent généralement avoir accumulé entre 420 et 700 heures de travail assurables au cours des 52 semaines précédentes, en fonction du taux de chômage dans leur région. Les demandeurs doivent également prouver qu'ils recherchent activement un emploi, qu'ils sont disponibles et aptes au travail, et doivent soumettre des rapports toutes les deux semaines pour continuer à percevoir des prestations. Les travailleurs qui démissionnent sans motif valable, sont licenciés pour faute grave ou sont impliqués dans un conflit de travail, tel qu'une grève, peuvent ne pas être admissibles. Les prestations régulières d'assurance-emploi remplacent généralement 55 % du salaire assurable moyen d'un travailleur, jusqu'à un maximum de 729 $ par semaine en 2026, et peuvent être versées pendant une période de 14 à 45 semaines, en fonction des conditions du marché du travail régional et des heures travaillées. Les prestations d'assurance-emploi sont calculées à partir des semaines les mieux rémunérées du travailleur, soit au cours des 52 dernières semaines, soit depuis sa dernière demande. Le montant des prestations dépend du taux de chômage dans la région où réside le travailleur.

L'assurance-emploi est obsolète, difficile d'accès et ne répond pas aux besoins d'un trop grand nombre de travailleurs.

Heather McPherson, députée d'Edmonton Strathcona

Données des banques alimentaires

Le rapport affirme que les lacunes du gouvernement sont de plus en plus visibles dans les données des banques alimentaires. Le dernier rapport « HungerCount » de Food Banks Canada révèle que 19,4 % des clients des banques alimentaires déclarent désormais que leur emploi est leur principale source de revenus. Ce chiffre représente une augmentation spectaculaire par rapport au pourcentage de 12 % enregistré en 2019. Les chercheurs affirment que cette augmentation reflète le nombre croissant de travailleurs canadiens qui restent dans l'incapacité de subvenir à leurs besoins fondamentaux malgré le fait qu'ils aient un emploi. La hausse des coûts du logement, de l'alimentation et des transports a dépassé la croissance des salaires dans de nombreuses régions, exposant davantage de travailleurs à l'insécurité alimentaire.

À Toronto, la banque alimentaire Daily Bread a enregistré un nombre record de 4,1 millions de visites de clients en 2025, soit une augmentation de 340 % par rapport à ses chiffres de 2019. L'organisation affirme que l'insécurité alimentaire passe d'une situation d'urgence temporaire à une réalité à long terme pour de nombreux ménages. Les responsables des banques alimentaires signalent de plus en plus souvent qu'un nombre important de leurs clients ont un emploi, sont scolarisés ou cumulent plusieurs emplois. Même si ces Canadiens ont un emploi rémunéré et répondent aux attentes de la société, ils restent incapables de faire face au coût de la vie.

Ce qui était autrefois une situation d'urgence à court terme est devenu une réalité à long terme.

Daily Bread Food Bank, Toronto

La composition démographique des utilisateurs des banques alimentaires a changé

Le recours aux banques alimentaires s'est désormais largement étendu au-delà des populations traditionnellement vulnérables qu'elles desservaient auparavant. Food Banks Canada indique que les adultes célibataires constituent le groupe le plus important d'utilisateurs des banques alimentaires, représentant 42,2 % des clients, tandis que les familles avec enfants représentent également une part importante, avec environ 40 % des visites. Près de la moitié des utilisateurs des banques alimentaires s'identifient comme membres de communautés racialisées, une part importante de cette population étant constituée de nouveaux arrivants au Canada. Seuls 3,2 % des utilisateurs des banques alimentaires déclarent que l'assurance-emploi est leur principale source de revenus, un chiffre qui, selon les défenseurs de cette cause, illustre à quel point la portée du programme est devenue limitée.

Food Banks Canada plaide pour une modernisation de l'assurance-emploi

Food Banks Canada a appelé à une modernisation en profondeur de l'assurance-emploi afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail actuel et de protéger les citoyens vulnérables. Bien que le rapport ne propose pas de solution unique, il soutient que les règles d'admissibilité devraient être mises à jour. De nombreux Canadiens travaillent désormais selon des horaires irréguliers, dans le cadre de contrats de travail ou d'emplois de l'économie des petits boulots ; autant de facteurs pouvant avoir un impact négatif sur leurs prestations d'assurance-emploi. Les défenseurs de Food Banks Canada affirment que de nouvelles réformes pourraient contribuer à offrir un soutien au revenu plus fiable en période de ralentissement économique et à réduire le nombre de Canadiens tombant dans la pauvreté après avoir perdu leur emploi. À l'heure actuelle, les restrictions de l'assurance-emploi, combinées aux lacunes du filet de sécurité sociale, créent ce que Food Banks Canada appelle une « nouvelle norme » en matière d'insécurité alimentaire au Canada.

Un débat plus large en jeu

Calgary, Canada – 18 mars 2013 : Gros plan sur les nouveaux billets de 50 dollars canadiens posés sur un lit de pièces de 1 cent canadien. La pièce de 1 cent canadien a cessé d'être distribuée en 2013 et sera retirée de la circulation au cours des trois à quatre prochaines années.

Ce débat intervient alors que les décideurs politiques continuent de se débattre avec la crise générale du pouvoir d'achat qui touche les ménages à l'échelle nationale. Food Banks Canada fait valoir que les banques alimentaires n'ont jamais été conçues pour servir de pilier permanent du filet de sécurité sociale canadien. Malheureusement, alors que la fréquentation des banques alimentaires continue de battre des records et que de plus en plus de travailleurs canadiens sont contraints de solliciter de l'aide, les banques alimentaires peinent à suivre le rythme d'une économie en mutation rapide. Alors que les banques alimentaires tentent de servir de solution provisoire pour les familles au bord de la pauvreté, les filets de sécurité sociale mis en place par le gouvernement sont défaillants. Sans réformes significatives, Food Banks Canada prévient que davantage de Canadiens risquent de passer entre les mailles du filet.