La GRC arrête un homme de Lévis dans le cadre d’une affaire liée à l’État islamique

La GRC arrête un homme de Lévis dans le cadre d’une affaire liée à l’État islamique
Crédit: Getty Images

Un Québécois accusé d'avoir soutenu le groupe État islamique par le biais de publications sur les réseaux sociaux a été arrêté à la suite d'une enquête de sécurité nationale menée par la GRC. Le 20 mai, la GRC a annoncé que Yahya Ghayad, âgé de 40 ans, avait été arrêté à Châteauguay, au Québec, au sud de Montréal, et inculpé de participation aux activités d'un groupe terroriste et de facilitation d'activités terroristes. Selon les enquêteurs, ces accusations découlent de contenus publiés sur les réseaux sociaux qui auraient été postés en soutien au groupe militant État islamique, également connu sous le nom d'ISIS. La GRC a précisé que l'enquête avait été menée par l'Équipe intégrée de la sécurité nationale, qui traite les affaires de terrorisme et de sécurité nationale au Québec.

Les autorités affirment que M. Ghayad a utilisé TikTok et d'autres plateformes en ligne pour diffuser du contenu extrémiste soutenant l'idéologie de l'EI. Dans un communiqué publié mercredi, la GRC a déclaré que l'arrestation avait été effectuée « afin de prévenir la commission d'infractions terroristes », bien que les enquêteurs n'aient pas précisé publiquement si la police pensait qu'une attaque était activement en cours de planification. Des documents judiciaires examinés par plusieurs médias allèguent que l'accusé a participé aux activités d'une organisation terroriste répertoriée entre mars et mai 2026. La GRC n'a pas divulgué les publications spécifiques sur les réseaux sociaux liées à l'affaire, bien que les enquêteurs aient décrit l'activité en ligne comme soutenant le groupe État islamique.

Le gouvernement canadien sévit contre les activités en ligne

Cette arrestation intervient dans un contexte d'inquiétude croissante parmi les responsables de la sécurité canadiens concernant la radicalisation en ligne et l'utilisation des plateformes de réseaux sociaux pour diffuser de la propagande extrémiste. La GRC a averti à plusieurs reprises que les organisations terroristes s'appuient de plus en plus sur les plateformes numériques pour recruter des adeptes, diffuser de la propagande et encourager la violence. TikTok, Telegram et d'autres applications de réseaux sociaux font l'objet d'une surveillance accrue de la part des gouvernements du monde entier, craignant que des contenus extrémistes ne se propagent rapidement en ligne avant que les modérateurs ne les suppriment. Les autorités canadiennes ont fait valoir que la radicalisation en ligne peut se produire rapidement, en particulier chez des individus isolés qui consomment des contenus de plus en plus extrêmes par le biais d'algorithmes de recommandation et de communautés en ligne privées.

Selon la GRC, l'enquête a mobilisé à la fois des services de police fédéraux et locaux travaillant de concert dans le cadre du dispositif de sécurité nationale du Canada. Les agents ont procédé à des perquisitions et procédé à l'arrestation à Châteauguay mardi, avant que Ghayad ne comparaisse devant le tribunal de Montréal le lendemain. La GRC a déclaré que l'enquête se poursuivait et a encouragé le public à signaler toute activité extrémiste présumée aux autorités policières. Les enquêteurs n'ont pas indiqué si d'autres accusations ou arrestations pourraient suivre. La GRC n'a pas non plus fourni d'informations quant à savoir si l'accusé aurait agi seul ou s'il aurait communiqué avec des personnes liées à des organisations extrémistes à l'extérieur du Canada.

Les experts juridiques soulignent que les infractions liées au terrorisme impliquant des activités en ligne peuvent présenter des complexités juridiques, car les procureurs doivent démontrer une participation active ou une facilitation d'activités terroristes en vertu de la loi canadienne. Une condamnation pour participation aux activités d'un groupe terroriste est passible d'une peine maximale de 10 ans d'emprisonnement, tandis que la facilitation d'activités terroristes peut entraîner des peines d'emprisonnement encore plus longues selon les circonstances de l'affaire. Les procureurs devraient s'appuyer largement sur des preuves numériques, notamment des publications sur les réseaux sociaux, des communications en ligne et des appareils électroniques saisis au cours de l'enquête. Les allégations contre Ghayad n'ont pas été prouvées devant un tribunal.

Cette arrestation a suscité un vif intérêt au Québec, car les enquêtes liées au terrorisme restent relativement rares dans la province par rapport à d'autres types d'affaires pénales. Selon les experts en sécurité, cette enquête met en évidence le fait que les menaces à la sécurité nationale émergent de plus en plus en ligne plutôt que par le biais des réseaux extrémistes organisés traditionnels. Les autorités canadiennes ont déclaré à plusieurs reprises que l'extrémisme islamiste et la radicalisation d'extrême droite restent des préoccupations constantes pour les forces de l'ordre à travers le pays. Alors que l'affaire suit son cours devant les tribunaux québécois, les enquêteurs continuent de souligner que les plateformes de réseaux sociaux restent des terrains d'affrontement centraux dans les efforts visant à empêcher la propagation de la propagande extrémiste et de la radicalisation en ligne au Canada.

L'État islamique est une organisation terroriste au Canada

Le groupe État islamique reste répertorié comme une organisation terroriste en vertu de la législation canadienne. Bien que l'EI ait perdu la majeure partie du territoire qu'il contrôlait autrefois en Irak et en Syrie, les services de renseignement continuent de mettre en garde contre le fait que l'organisation dispose toujours d'un important réseau de propagande en ligne capable d'inspirer des attaques à l'étranger. Les services de sécurité canadiens surveillent depuis des années les individus accusés de soutenir l'État islamique, en particulier depuis l'essor du groupe au milieu des années 2010. Les autorités affirment que les organisations extrémistes encouragent de plus en plus leurs partisans à se radicaliser de manière autonome en ligne plutôt que de se rendre à l'étranger ou de rejoindre des cellules terroristes officielles. Les responsables de la lutte contre le terrorisme soutiennent que ce modèle décentralisé rend la prévention et la détection nettement plus difficiles pour la police et les services de renseignement.