Une chose est sûre à propos des tendances : elles sont cycliques, ce qui signifie qu’elles reviennent toujours d’une manière ou d’une autre. En 2018, tout le monde surfait sur la vague de la mode des années 1980, grâce notamment à des séries comme « Stranger Things ». Je me souviens également du retour en force de la mode des années 1990, rendu possible par la renaissance des extraits de « Friends » sur Internet. Avec un peu de temps, il semblerait que tout ce qui se cache au fond de votre placard puisse redevenir à la mode ! Cela étant dit, voici 20 tendances glamour des années 1950 que je ne verrais pas d’un mauvais œil si elles faisaient leur grand retour.
1. Dior a délibérément bousculé les codes en matière de tissus
La silhouette glamour des années 1950 a en réalité vu le jour quelques années avant le début de cette décennie. Le 12 février 1947, Christian Dior dévoilait à Paris sa collection « Corolle », dont certaines robes nécessitaient jusqu’à 20 yards de tissu. Ces créations se caractérisaient par une taille cintrée, des épaules tombantes et des jupes spectaculairement amples, remettant au goût du jour la silhouette féminine en sablier associée aux époques victorienne et édouardienne. Carmel Snow, rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, avait surnommé ce style le « New Look », et ce nom est resté.
2. Le soutien-gorge qui a rendu possible le « New Look »
Le problème que posaient les jupes du « New Look » de Dior était d’ordre technique. Le soutien-gorge « bullet » des années 1950 l’a résolu grâce à des coutures en spirale concentriques sans armatures, qui modelaient une poitrine pointue et rehaussée, offrant ainsi aux pulls ajustés et aux corsages cintrés le maintien exigé par le New Look. Il a été rendu célèbre par des actrices telles que Jayne Mansfield et Jane Russell, à l’écran et dans la publicité, et est devenu connu sous le nom de silhouette « Sweater Girl », un surnom initialement attribué à Lana Turner en 1937.
3. Une tige d'acier a contribué à donner sa forme à l'escarpin à talon aiguille
De 1953 à 1954, le créateur de chaussures français Roger Vivier a collaboré avec la Maison Dior pour insérer une fine tige d’acier dans le talon des chaussures pour femmes. Cela a permis au talon de se terminer en pointe, tout en supportant le poids de la femme. C’est ainsi que Vivier a contribué à populariser le talon aiguille moderne, aux côtés de ses contemporains italiens et français tels que Salvatore Ferragamo et André Perugia. Si vous visez un look de sirène sexy, alors cette paire est sans aucun doute un incontournable de votre garde-robe !
4. Chanel a parié contre Dior et a gagné aux États-Unis
Le 5 février 1954, à l’âge de 70 ans, Chanel a rouvert sa maison, quinze ans après l’avoir fermée. Elle a présenté un tailleur en tweed aux lignes carrées, sans corset, dont l’ourlet était orné d’une chaîne en laiton cousue pour maintenir le drapé. Les critiques français l’ont qualifié de « dépassé ». Les magazines américains et les acheteurs des grands magasins n’étaient pas de cet avis, et le tailleur Chanel s’est bien vendu. Très « Jackie Kennedy » !
5. Les chutes de feutre d'une chanteuse ont donné naissance à un uniforme pour adolescents
En décembre 1947, une chanteuse de 25 ans, Juli Lynne Charlot, a découpé un cercle parfait dans du feutre provenant de l’usine de sa mère. Le feutre ne s’effilochant pas, il n’a pas été nécessaire de faire d’ourlet. En 1948, elle y a ajouté une application représentant un caniche coiffé. Partout dans le pays, des adolescentes ont confectionné et partagé elles-mêmes cette création artisanale du début jusqu’au milieu des années 1950. Étant moi-même une grande amatrice de jupes trapèze, j’adorerais voir ce modèle faire son grand retour !
6. Les « Bobby Socks » étaient le véritable symbole de statut social des ados
Dans les années 1950, les richelieus en cuir bicolore, portés avec des chaussettes courtes en coton blanc repliées une fois, constituaient la chaussure d’école par excellence des adolescentes américaines. Peu coûteuses et suffisamment résistantes pour être portées aussi bien en classe qu’aux soirées dansantes, ces chaussures sont devenues un symbole emblématique de l’adolescence d’après-guerre.
7. Les « Teddy Boys » britanniques ont volé le costume de Savile Row
En Grande-Bretagne, au début des années 1950, les « Teddy Boys » — des adolescents issus de la classe ouvrière — portaient des vestes longues et drapées à revers en velours, des pantalons skinny et des gilets en brocart. Ce style était une adaptation d’une ligne « néo-édouardienne » mise au point par les tailleurs de Savile Row pour leur clientèle d’élite entre 1948 et 1950.
8. Brando n'a pas inventé la veste, seulement le mythe
La veste en cuir « Perfecto » a été conçue par Irving Schott en 1928. Vingt-cinq ans plus tard, elle allait être portée par Marlon Brando dans le film The Wild One, sorti en 1953. Les jeunes Américains ont alors commencé à la porter comme symbole de la contre-culture juvénile. Ce n’est pas le film qui a lancé cette mode ; il n’a fait que mettre en avant ce qui existait déjà !
9. L'histoire des « Penny Loafers » liée à la cabine téléphonique n'est pas vraie
G.H. Bass a lancé son mocassin sans lacets « Weejun » en 1936, mais dès les années 1950, les lycéens et les étudiants de l’Ivy League avaient ajouté à ces chaussures leur accessoire le plus célèbre : un penny en cuivre glissé dans la fente située sur le devant. C’est ainsi qu’ils ont été baptisés « penny loafers ». Vous avez sans doute entendu dire que ces pièces étaient conservées là pour passer des appels d’urgence depuis une cabine téléphonique, mais il faut prendre cette histoire avec des pincettes. D’ailleurs, dès 1951, un appel coûtait déjà dix cents dans de nombreuses villes ; ce seul penny ne vous aurait donc pas mené très loin.
10. Un créateur allemand a proposé aux femmes une alternative aux jupes
En 1945, la créatrice de mode allemande Sonja de Lennart a lancé son concept de « Capri Collection », avant de présenter en 1948 le pantalon capri, un modèle ajusté, aux jambes trois-quarts et fendu sur le côté. Ce modèle offrait une alternative pratique aux jupes pour les tenues de tous les jours et a par la suite été porté par des stars de cinéma telles qu’Audrey Hepburn.
11. La banlieue a désormais sa propre version de Dior
Une autre pièce phare des années 1950 était la robe chemisier, qui associait un corsage ajusté boutonné sur le devant à une jupe évasée en A et une taille marquée. Des créateurs américains tels qu’Anne Fogarty ont produit ce modèle en grande quantité tout au long de la décennie, en s’inspirant de la silhouette à taille marquée lancée par Dior en 1947.
12. Le manteau conçu pour se porter par-dessus un jupon
Les manteaux « swing » avaient des épaules étroites et s’évasaient en forme de A, ce qui permettait de les porter par-dessus un jupon à crinoline épais sans l’aplatir. Ils permettaient aux femmes de porter des jupes amples même lorsqu’il faisait froid dehors, ce qui les a rendus très populaires comme vêtements d’extérieur de tous les jours dans les garde-robes des banlieues au cours des années 1950.
13. Les universités se sont opposées aux bermudas et ont perdu, petit à petit
Tant pour les hommes que pour les femmes, les bermudas ajustés, qui s’arrêtaient à environ deux pouces au-dessus du genou, et les pantalons cyclistes courts étaient à la mode comme tenues de loisirs estivales. Jusqu’au milieu des années 1950, de nombreuses universités, dont Penn State, interdisaient le port de shorts dans les halls d’entrée et les salles de cours, mais elles ont finalement levé cette interdiction, en partie, en 1954.
14. Des « boomerangs » et des « starbursts » se sont posés sur tous les rideaux
L’ère atomique n’était pas réservée aux passionnés de science et de technologie. Elle a également influencé la mode et la décoration intérieure des années 1950 ! Robes, rideaux et chemises pour hommes étaient tous ornés de boomerangs, d’étoiles rayonnantes, d’anneaux orbitaux… tout ce que vous pouvez imaginer. En somme, tous les motifs futuristes !
15. Les hommes ont leur propre rébellion, sans la cravate
Dans les années 1950, les vêtements de loisirs pour hommes se caractérisaient par des chemises de camping à col cubain et des chemises de bowling à col plat, avec des contrastes de couleurs bicolores et des broderies sur la poitrine. Conçues pour être portées par-dessus le pantalon, sans cravate, elles offraient une tenue décontractée idéale pour les week-ends en banlieue et les soirées de bowling en équipe.
16. Les perles étaient un signe de bonne conduite, et non de richesse
Un autre look classique des années 1950 consistait à associer un « twinset » – généralement un pull accompagné d’un cardigan assorti – à un ou deux rangs de perles de culture ou de perles de fantaisie. On voyait cette combinaison partout, des campus universitaires aux quartiers de banlieue. Contrairement à ce que les perles pourraient laisser penser aujourd’hui, ce look ne visait pas nécessairement à afficher sa richesse. Il s’agissait davantage d’avoir une allure soignée, correcte et élégante tout au long de la journée.
17. Une monture des années 1930 est devenue une icône des années 1950
Les lunettes « Harlequin », avec leurs branches relevées, ont été conçues dans les années 1930 par Altina Schinasi. Ce modèle est resté méconnu pendant des années, jusqu’en 1952, date à laquelle American Optical s’est associé à la créatrice Claire McCardell pour produire la première gamme de lunettes portant le nom d’une créatrice. C’est eux qui ont popularisé la silhouette « œil de chat » et, dès le milieu des années 1950, ces lunettes étaient devenues l’accessoire incontournable de l’époque.
18. Givenchy a habillé Hepburn, Edith Head a remporté l'Oscar
La garde-robe naturellement chic d’Audrey Hepburn dans le film Sabrina (1954) a été marquée par un petit fiasco en coulisses. C’est Hubert de Givenchy qui a créé les tenues parisiennes portées par Audrey Hepburn dans le film, notamment son célèbre look « capri » noir. Cependant, c’est Edith Head, la costumière du studio, qui a été créditée pour les costumes à l’écran et qui a remporté l’Oscar, conformément aux règles en vigueur à Hollywood à l’époque. Givenchy n’a peut-être pas remporté l’Oscar, mais ses créations ont sans aucun doute façonné le style d’Audrey Hepburn qui nous fascine encore aujourd’hui !
19. Les maillots de bain des années 1950 n'étaient pas le bikini que vous imaginez
Les maillots de bain deux pièces des années 1950 se caractérisaient par une taille haute qui couvrait le nombril et des hauts structurés et balconnets, n’ayant rien à voir avec les bikinis taille basse et à ficelles d’aujourd’hui. Bien que les modèles de bikinis plus minimalistes aient fait leur apparition en France au milieu des années 1940, ils ont été largement interdits sur les plages publiques aux États-Unis et au Royaume-Uni pendant une grande partie des années 1950.
20. La robe « Subway » n'a jamais été vendue en prêt-à-porter
Pour le film de 1955 « Sept ans de réflexion », William Travilla, costumier chez 20th Century Fox, a conçu spécialement pour la scène de la grille de métro la robe emblématique de Marilyn Monroe : une robe dos nu en crêpe d’acétate de rayonne ivoire, ornée de plis en rayons de soleil sur la jupe. Ses croquis originaux ont mis fin aux rumeurs selon lesquelles elle aurait acheté cette robe dans le commerce. Elle a été adjugée à 5,6 millions de dollars lors d’une vente aux enchères en 2011.
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