Donald Trump a toujours assuré ne pas avoir eu connaissance des crimes du pédocriminel et financier d’échu Jeffrey Epstein.
Or, un mémo issu des «Epstein Files» contredit cette version. Dans ce dernier, un ancien chef de la police de Palm Beach affirme que le chef d’État était au courant des agissements d’Epstein bien avant que l’affaire de ses crimes sexuels ne soit rendue publique.
Le Miami Herald a mis en lumière le 9 février dernier un compte-rendu d’un entretien réalisé entre un agent du FBI et Michael Reiter, un ancien policier de Palm Beach dont le nom a été caviardé par le Département de la Justice, mais dévoilé par les médias américains. Cette audition a été menée en octobre 2019, soit deux mois après que le trafiquant sexuel se soit enlevé la vie dans sa cellule.
«Tout le monde sait qu’il fait ça», aurait dit Trump
Ce mémo provient des 3,5 millions de pages qu’a publiés la justice américaine le 30 janvier dernier. Il indique qu’en juillet 2006, le président américain, qui n’était alors qu’un magnat de l’immobilier, aurait appelé les forces de l’ordre de Palm Beach pour saluer l’enquête visant Epstein.
«Heureusement que vous l’arrêtez, tout le monde sait qu’il fait ça», aurait dit Trump.
«Trump lui a dit qu’à New York, les gens savaient qu’Epstein était dégoûtant», peut-on lire dans le document.
Cela aurait poussé Trump à l’«expulser» de son club de Mar-a-Lago, en Floride, où se côtoyaient «beaucoup de personnes fortunées», dont Epstein, qui possédait une résidence non loin de là.
Il aurait raconté qu’il se serait retrouvé une fois en présence d’Epstein entouré d’adolescentes, mais qu’il serait «parti immédiatement».
Alerte sur Ghislaine Maxwell
Selon cette même source, le président aurait également alerté les autorités sur le rôle que jouait la complice d’Epstein, Ghislaine Maxwell:
«Elle est maléfique et il faut se concentrer sur elle.»
La principale intéressée a par ailleurs refusé, le 9 février, de répondre aux questions d’une commission parlementaire.
Or, elle s’est dite prête à le faire en échange d’une grâce présidentielle de Donald Trump.
Les avocats de Ghislaine Maxwell, engagée dans un ultime recours contre sa condamnation en 2022 à 20 ans de prison pour exploitation sexuelle, avaient prévenu qu’elle invoquerait son droit à ne pas s’auto-incriminer, garanti par le Cinquième amendement de la Constitution américaine.
Si elle obtenait une grâce, Ghislaine Maxwell serait prête notamment à témoigner du fait que «le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait», a assuré son avocat.
Une relation amicale de plusieurs années
Donald Trump a entretenu une relation amicale pendant plusieurs années avec le prédateur sexuel, tenant des propos élogieux à son égard au début des années 2000. Dans une interview accordée au New York Magazine en 2002, Trump le qualifiait de «type formidable».
«On dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d’entre elles sont plutôt jeunes», avait-il confié sans relever le caractère judiciairement répréhensible de la situation.
Le président américain affirme avoir coupé les ponts avec Epstein après sa première condamnation en 2008 pour trafic sexuel, minimisant par la suite leur relation.
La Maison-Blanche commente
Interrogée par les médias américains sur le mémo en question, une porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé que cet appel téléphonique «a peut-être eu lieu en 2006, ou peut-être pas – je ne connais pas la réponse à cette question […] Ce que je vous dis, c’est que le président Trump a toujours affirmé avoir expulsé Jeffrey Epstein de son club de Mar-a-Lago parce que Jeffrey Epstein était un individu répugnant».