Mark Carney n’a pas l’intention d’utiliser le secteur énergétique canadien comme moyen de pression dans le cadre d’une guerre commerciale
Le Premier ministre canadien Mark Carney n'a pas l'intention d'utiliser l'énergie canadienne comme monnaie d'échange dans la guerre commerciale qui oppose son pays aux États-Unis, mais d'après un récent discours, il n'exclut pas cette possibilité. Lors d'une conférence de presse à Red Deer, en Alberta, le 29 juillet, Mark Carney a évoqué la possibilité d'utiliser l'énergie canadienne comme un atout stratégique dans la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis. M. Carney a souligné l'importance de la fiabilité en tant que fournisseur d'énergie, et a expliqué qu'il s'attachait à prendre des mesures permettant de rapprocher les deux pays d'un accord, et non de les éloigner.
Aux côtés de Danielle Smith, Mark Carney s'est exprimé le 29 juillet pour annoncer un nouvel accord sur les infrastructures entre l'Alberta et le gouvernement fédéral. À l'issue de cette annonce, on a demandé à M. Carney s'il serait disposé à utiliser l'énergie canadienne comme monnaie d'échange face aux droits de douane imposés par Donald Trump. Le Canada exporte pour plus de 150 milliards de dollars d'énergie, dont plus de 3 milliards de dollars d'hydroélectricité, ce qui représente plus de 10 % de la consommation énergétique des États-Unis.
« Je ne vois pas l'intérêt de le faire. Je veux dire, je peux comprendre le principe, mais je n'en vois pas l'intérêt. »
– Mark Carney
Carney a clairement indiqué que son objectif était de mettre fin à la guerre commerciale, de faire cesser les droits de douane de Trump et d'essayer de rétablir les relations entre le Canada et les États-Unis. Carney a déjà affirmé que les relations entre les deux pays étaient structurellement compromises, mais il continue de croire qu'ils peuvent redevenir de bons alliés commerciaux. Retirer l'énergie canadienne du marché américain risquerait de faire gravement reculer les négociations entre les deux parties, rendant ainsi l'objectif de Carney plus difficile à atteindre.
Carney a également évoqué l'importance de la fiabilité en tant que fournisseur d'énergie. Si le Canada s'ouvrait à l'idée d'utiliser son énergie comme monnaie d'échange, cela risquerait de ternir l'image de fiabilité que le pays a mis des décennies à se forger. Carney ne croit pas qu'il faille sacrifier la réputation mondiale du Canada pour marquer un point contre un adversaire politique connu pour son imprévisibilité. Le Canada est le sixième producteur mondial d'énergie et exporte plus de 50 % de sa production énergétique annuelle.
Les gens nous font confiance ; lorsque l'on est fournisseur d'une matière première essentielle, d'un service essentiel, il faut réfléchir très sérieusement avant d'enrayer l'approvisionnement. Cela influence donc considérablement la situation.
Mark Carney
Carney a souligné que sa priorité était de conclure un accord avec Donald Trump pour mettre fin à la guerre commerciale qui a affecté les économies des deux pays au cours des 18 derniers mois. Carney estime que le recours à l'énergie canadienne entraverait les efforts qu'il a déployés au cours de l'année écoulée pour parvenir à un accord que Donald Trump jugerait acceptable. Par ailleurs, l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACUEM) fait désormais l'objet d'un processus de révision annuel après que le président américain Donald Trump a refusé de le renouveler au début du mois.
Certains premiers ministres provinciaux souhaitent tirer parti de l'énergie

Alors que M. Carney s'est dit réticent à l'idée d'utiliser l'énergie canadienne comme moyen de pression, certains premiers ministres provinciaux soutiennent cette idée, et M. Carney a déclaré que cette possibilité n'était pas à exclure. Les premiers ministres de l'Alberta et de la Saskatchewan ont tous deux rejeté l'idée d'utiliser l'énergie comme moyen de pression, mais les dirigeants de l'Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick ont déclaré que toutes les options possibles devaient rester sur la table pour l'instant. Doug Ford, le premier ministre de l'Ontario, a déjà menacé de couper l'approvisionnement énergétique de l'Ontario vers les États-Unis. La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a également déclaré que le Canada devrait être prêt à utiliser les outils à sa disposition.