C’est une première depuis la Seconde Guerre mondiale: mardi, un sous-marin américain a torpillé un navire de guerre iranien au large du Sri Lanka.
«Dans l’océan Indien, […] un sous-marin américain a coulé un navire de guerre iranien qui pensait être en sécurité dans les eaux internationales.
Au lieu de quoi, il a été coulé par une torpille », a annoncé ce mercredi Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense des États-Unis, lors d’une conférence de presse au Pentagone.
Présent aux côtés de Hegseth, le chef d’état-major, le général Dan Caine, a précisé que «pour la première fois depuis 1945, un sous-marin d’attaque rapide de la marine des Etats-Unis a coulé un navire combattant ennemi en utilisant une seule torpille Mark 48, à effet immédiat, envoyant le navire de guerre au fond de l’océan.»
«Ce n'est pas un combat à la loyale», lance Hegseth.
«Ce n’est pas un combat à la loyale et il n’a jamais été question que ça le soit. On les frappe alors qu’ils sont à terre. Les forces aériennes iraniennes n’existent plus. La marine iranienne est au fond du golfe Persique, décimée, détruite. Elle a perdu la bataille depuis longtemps […].
Nous maîtrisons le destin de l’Iran», a affirmé Hegseth. L’attaque illustre donc que la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran s’étend au-delà de ses frontières. Le président américain, Donald Trump, avait déclaré que l’un de ses objectifs est d’anéantir la marine iranienne.
Téhéran dénonce une «atrocité».
Dénonçant «une atrocité», le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé jeudi que les États-Unis «regretteront amèrement» cet acte. Peu après l’attaque, la marine sri-lankaise a été informé de la situation de détresse du navire, avec 180 marins à bord.
Une mission de sauvetage a été lancée, mobilisant des navires et des avions. La marine sri-lankaise a déclaré avoir récupéré 87 corps et secouru 32 personnes, qui ont été admises dans un hôpital de Galle, dans le sud de l’île.
Un des navires iraniens les plus puissants
La frégate en question était l’IRIS Dena, était apparemment sur le chemin du retour après avoir participé aux exercices navals multinationaux MILAN 2026 en Inde, selon CNN.
Ces exercices incluaient des navires de 18 «pays étrangers» et des aéronefs de trois autres nations, dont les États-Unis.
Une mesure préventive
Selon Carl Schuster, analyste et capitaine de vaisseau à la retraite de l’US Navy, l’IRIS Dena représentait une menace concrète dans le contexte actuel: «Il est fort probable que la frégate ait été positionnée pour frapper la marine marchande battant pavillon d’un pays ami des États-Unis ou transportant des marchandises pour l’un d’eux. Ce naufrage peut être justifié comme une mesure préventive», a-t-il déclaré à CNN.
L'un des plus récents et des plus puissants
Bien que la présence de l’IRIS Dena à cet exercice ait pu paraître inoffensive, il faut noter que le navire était l’un des plus récents et des plus puissants de la flotte iranienne.
Il était armé de canons, de missiles et de torpilles. Il transportait également un hélicoptère.
20 navires iraniens
Les États-Unis avaient sanctionné l’IRIS Dena en 2023, ainsi que huit dirigeants d’un fabricant iranien de drones qui a fourni des armes à la Russie pour qu’elle les utilise contre des civils ukrainiens.
Selon les États-Unis, au moins 20 navires iraniens ont été coulés depuis le début du conflit.