Le PQ récupère Chicoutimi et se fait attaquer sur le référendum

Le PQ récupère Chicoutimi et se fait attaquer sur le référendum
Crédit: Facebook: Parti québécois

C'est le Parti québécois et sa candidate, l'ex vice-rectrice de l'Université du Québec à Chicoutimi Marie-Karlynn Laflamme, qui ont triomphé dans l'élection partielle de Chicoutimi, hier soir. Il s'agit d'une quatrième victoire du parti souverainiste en autant de tentatives dans des élections partielles, lui qui a plus que doublé son nombre de députés depuis le début du mandat.

Il dit : «Élisez-moi et il y aura peut-être un référendum, ou peut-être pas. Ça va dépendre de mon humeur.»

-Bernard Drainville

C'est moins de 25 minutes après la fermeture des bureaux de vote et avec un peu plus de 45% des voix que le PQ reprend cette circonscription laissé vacante par l'ex-ministre caquiste Andrée Laforest en septembre. Avant la victoire caquiste de 2018 dans Chicoutimi, le parti Québécois détenait le compté depuis 1973.

Le Parti conservateur prend du galon

Le Parti conservateur du Québec d'Éric Duhaime, représenté par la candidate Catherine Morissette, a tout de même bien fait, en terminant la course en deuxième place avec 26% des appuis. Lors des élections générales de 2022, la formation conservatrice avait récolté à peine 8% des votes dans la circonscription. Il s'agit donc d'une amélioration significative pour le parti d'Éric Duhaime, qui termine au second rang pour une deuxième élection partielle consécutive, après celle dans Arthabaska.

Malgré la défaite, Éric Duhaime s'est montré satisfait des résultats dans une publication sur les réseaux sociaux:

Seul le Parti conservateur du Québec mène une chaude lutte au Parti Québécois à l'extérieur de Montréal. Nous sommes, de plus en plus, la seule alternative crédible.

Les autres partis déçoivent

Si le Parti conservateur peut interpréter ce résultat comme une victoire morale, ce n'est pas le cas des autres partis. La CAQ, qui avait récolté son plus fort taux d'appuis au Québec dans cette circonscription en 2022 avec 62% des votes, a frôlé les 12% cette fois-ci avec le candidat Francis Tremblay.

Même s'il a triplé son résultat de 2022 dans Chicoutimi, passant de 3% à 9%, le Parti libéral du Québec est encore loin d'être compétitif dans les régions, et ce malgré l'arrivée de son nouveau chef, Charles Milliard.

De son côté, Québec Solidaire termine dernier avec moins de 6% des voix, ce qui représente une perte de la moitié de ses appuis par rapport à 2022.

PSPP précise son projet référendaire

Lors de son discours de victoire, Paul St-Pierre Plamondon est revenu sur sa promesse de tenir un référendum sur la souveraineté si le Parti québécois en élu lors des prochaines élections générales. Il a avoué que plusieurs électeur rencontrés dans Chicoutimi lui ont confié une peur du référendum dans le contexte politique américain actuel:

Les personnes à qui j'ai parlé, qui ont peur, ils parlent d'un véritable risque. Ce risque-là, je veux le nommer, c'est celui d'une escalade des tarifs qui viennent nuire à notre économie québécoise et qui soit destructive pour tout le monde en Amérique.

Le chef du PQ a rappelé que l'administration Trump n'est pas éternelle et que son parti allait user de jugement quant au moment choisi pour déclencher ce référendum.

Le PQ accusé de reculer sur le référendum

Pour les autres partis, ce bémol exprimé par PSPP sur la tenue du référendum est le début d'un recul sur cette promesse.

Éric Duhaime a affirmé, mardi, que M. St-Pierre Plamondon commence à remarquer « que son option s'en va dans le mur ». Le co-porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, a attaqué le PQ en affirmant qu'il était dans l'ADN du parti de reculer sur ses promesses référendaires.

L'aspirant chef de la CAQ, Bernard Drainville, en a ajouté sur les réseaux sociaux ce matin en qualifiant PSPP de « pas fiable »:

Hier, Paul St-Pierre Plamondon est revenu sur sa parole. Il proposait déjà de mettre à mal notre économie en plongeant le Québec dans l'incertitude, et là, il ajoute de l'incertitude à l'incertitude. Il dit : «Élisez-moi et il y aura peut-être un référendum, ou peut-être pas. Ça va dépendre de mon humeur». C'est irresponsable.