Le Canada veut son conseil spécial pour les négociations commerciales avec les États-Unis

Le Canada veut son conseil spécial pour les négociations commerciales avec les États-Unis
Crédit: Getty Images

Le Premier ministre Mark Carney devrait dévoiler un nouveau conseil consultatif dédié aux relations commerciales entre le Canada et les États-Unis, alors qu'Ottawa tente de sauver le commerce canado-américain face aux droits de douane agressifs imposés par Donald Trump. Selon certaines informations, ce conseil réunira de grands chefs d'entreprise, des représentants syndicaux et d'anciens responsables politiques afin de conseiller le gouvernement fédéral en vue de la révision prévue de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). L'ACM est devant faire l'objet d'un examen officiel le 1er juillet 2026, le Canada, les États-Unis et le Mexique ayant la possibilité de prolonger l'accord jusqu'en 2042. Actuellement, l'accord doit expirer le 1er juillet 2036, exactement 16 ans après sa signature initiale.

Bien que la liste complète des personnalités siégeant au conseil n'ait pas encore été dévoilée, le gouvernement du Canada a annoncé la création de ce comité consultatif en avril 2026 et a publié une liste partielle de ses membres. Parmi eux figureraient notamment le chef du Parti conservateur Erin O'Toole, l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest, ainsi que d'autres représentants de secteurs tels que l'énergie, l'industrie manufacturière et la foresterie. La liste publiée par le cabinet du Premier ministre le 21 avril comprend également plusieurs hauts dirigeants canadiens. Le comité sera présidé par Dominic LeBlanc, qui occupe actuellement le poste de ministre chargé du commerce et des affaires intergouvernementales entre le Canada et les États-Unis. Selon le cabinet du Premier ministre, le rôle du conseil sera de fournir des conseils stratégiques et une expertise sectorielle alors que le Canada se prépare à des négociations dans le contexte des nouvelles menaces tarifaires de Donald Trump.

« Le Canada aborde ses relations économiques avec les États-Unis avec détermination, discipline et unité. »

-Mark Carney

La création de ce conseil reflète l'inquiétude croissante à Ottawa concernant l'avenir des relations commerciales du Canada avec les États-Unis. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump n'a cessé de menacer d'imposer de nouveaux droits de douane sur plusieurs industries majeures tout en exigeant des concessions commerciales plus strictes de la part de ses alliés. Les secteurs canadiens tels que l'acier, l'aluminium, la construction automobile et les minéraux critiques ont été les plus durement touchés, tandis que les secteurs américains du bois d'œuvre et de l'alcool ont subi des pertes considérables en raison des droits de douane de rétorsion et des restrictions imposées par le Canada.

Jusqu'à présent, ces droits de douane ont nui aux deux pays, sans qu'aucun gagnant ne se dégage.

Carney a maintes fois fait valoir que le Canada devait conserver un accès solide aux marchés américains tout en réduisant sa dépendance économique vis-à-vis des États-Unis. Son gouvernement promeut de plus en plus ce qu'il appelle une « stratégie de résilience », axée sur le renforcement des partenariats avec l'Europe et l'Asie tout en se préparant à des négociations difficiles avec Washington sur le commerce continental et les chaînes d'approvisionnement.

Place au renouveau

Le nouveau conseil remplace l'ancien Conseil sur les relations canado-américaines créé sous l'ancien Premier ministre Justin Trudeau en 2025. Alors que le conseil de Trudeau se concentrait principalement sur la gestion des tensions pendant le second mandat de Trump, Mark Carney a tenté de transformer le groupe en un organe consultatif économique plus large. Plusieurs membres de l'ancien conseil ont été écartés, tandis que de nouvelles personnalités issues des secteurs de l'énergie, des technologies de défense et des syndicats ont été ajoutées. Selon certaines informations, Carney souhaitait que le nouveau comité reflète davantage les industries les plus vulnérables aux droits de douane américains et aux perturbations commerciales. Le conseil a tenu sa première réunion fin avril, au cours de laquelle les membres ont discuté des priorités du Canada en vue du processus de révision de l'ACEUM qui doit débuter cet été.

Carney en déplacement

Carney a passé une grande partie de sa première année en tant que Premier ministre à parcourir le monde afin de réduire la dépendance vis-à-vis du commerce américain. Carney a souligné la nécessité pour les « puissances moyennes mondiales » de s'unir et d'utiliser leur force collective pour devenir moins dépendantes des superpuissances mondiales telles que les États-Unis, la Chine et la Russie.

Carney a passé l'année écoulée à parcourir le monde, effectuant 26 voyages à l'étranger.

Carney a signé des protocoles d'accord avec au moins trois pays cette année afin de consolider de futurs accords dans des secteurs à risque.

Il a toutefois également indiqué que le Canada restait ouvert à une intégration économique plus poussée avec les États-Unis dans des secteurs tels que l'énergie, les minéraux critiques et la fabrication de matériel de défense.

Les droits de douane de Trump

Depuis son retour au pouvoir, le président américain Donald Trump a imposé une série de droits de douane agressifs visant les principales industries canadiennes, ce qui a considérablement exacerbé les tensions commerciales entre Ottawa et Washington.

Trump a instauré un droit de douane de 25 % sur les importations canadiennes d'acier et d'aluminium, ainsi qu'un droit de 10 % sur les produits énergétiques canadiens et des droits supplémentaires sur les composants automobiles et les exportations forestières.

La Maison-Blanche a fait valoir que ces mesures étaient nécessaires pour protéger l'industrie manufacturière américaine et réduire les déficits commerciaux.

Les responsables canadiens ont averti que ces droits de douane pourraient dévaster les chaînes d'approvisionnement nord-américaines intégrées et menacer des milliers d'emplois. Le premier ministre Mark Carney a condamné ces mesures tout en cherchant à établir d'autres partenariats commerciaux à l'étranger.