L’Afrique du Sud a ouvert une enquête sur sa décision d’accueillir des navires de guerre iraniens au large des côtes du Cap après que des rumeurs ont fait état du mécontentement de Donald Trump.
L’Afrique du Sud a choisi d’inclure l’Iran dans une série d’exercices conjoints auxquels participaient également les marines chinoise, russe et émiratie. Cette décision a suscité la colère des États-Unis, et le ministère sud-africain de la Défense a ensuite publié un communiqué annonçant qu’il avait ouvert une enquête pour déterminer comment cette décision avait été prise sans consultation préalable.
Dans un communiqué publié sur X, l’ambassade des États-Unis en Afrique du Sud a dénoncé la décision d’inclure l’Iran dans l’exercice d’entraînement, citant les actions violentes de l’Iran contre les manifestants à Téhéran. Les forces de sécurité iraniennes ont tué plus de 2 600 personnes depuis le début des manifestations le 28 décembre.
Tenter de sauver les relations
L’annonce de l’Afrique du Sud est une tentative pour sauver les relations endommagées du pays avec les États-Unis, relations qui se sont détériorées après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Les exercices en question ont été menés par la Chine et organisés dans le cadre du bloc des pays en développement BRICS. L’Afrique du Sud est membre du BRICS depuis son invitation par la Chine en 2010. Le groupe BRICS a été initialement créé pour contrer la domination américaine et occidentale de l’économie mondiale, mais il est souvent utilisé par la Chine et la Russie comme un forum pour critiquer l’Occident. L’Afrique du Sud a fait plusieurs déclarations critiques à l’égard de Donald Trump peu après son investiture en 2025, et Trump a depuis fait de nombreuses déclarations dénigrant l’Afrique du Sud en tant que pays.
Exercice d'entraînement problématique
Alors qu’au départ, l’Iran devait seulement assister à l’exercice en tant qu’observateur, l’Afrique du Sud enquête désormais sur le degré d’implication des navires de guerre iraniens dans les exercices. L’Iran a envoyé deux navires de guerre pour assister à l’exercice, mais les médias ont découvert la présence d’un troisième navire de guerre. Trois navires de guerre, c’est plus que nécessaire pour un « observateur ».
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa n’a pas commenté l’exercice, et on ne sait pas exactement pourquoi l’Afrique du Sud a décidé de l’accueillir. Alors que l’Afrique du Sud affirme être une entité étrangère neutre et non alignée, ouverte aux discussions diplomatiques avec l’Iran, le président américain Donald Trump a critiqué les relations de l’Afrique du Sud avec ce pays.
Tensions entre Trump et l'Afrique du Sud
Les tensions entre l’Afrique du Sud et les États-Unis se sont considérablement accrues au cours des deux derniers mois, et ont encore été exacerbées par les commentaires de Donald Trump sur l’Afrique du Sud en octobre.
Trump a affirmé que l’Afrique du Sud commettait un génocide contre sa minorité blanche, le peuple afrikaner, afin de s’emparer de ses terres. Trump a également nié l’apartheid sud-africain et affirmé que les Blancs n’avaient jamais été aux commandes de l’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud a une longue et violente histoire d’apartheid, et des combattants de la liberté comme Nelson Mandela ont œuvré pendant des années pour libérer les Sud-Africains indigènes des colons européens.
Les affirmations de Donald Trump sur le peuple afrikaner sont sans fondement et ne reposent sur aucun fait. S’il est clair que l’Afrique du Sud tente d’aplanir certaines difficultés dans ses relations avec les États-Unis, il est également évident que la menace que représente Donald Trump est bien présente dans l’esprit des responsables sud-africains.