General Motors Canada a lancé une bouée de sauvetage à la ville d'Oshawa après que les licenciements de janvier 2026 aient laissé près de 1 200 Canadiens sans emploi. L'investissement de 65 millions de dollars servira à lancer la nouvelle gamme de pick-up à cabine double de GM, qui sera produite dans l'usine d'Oshawa récemment allégée. Cet investissement s'ajoute à l'investissement initial de 280 millions de dollars annoncé par GM en 2023. Depuis 2020, GM a investi 1,5 milliard de dollars dans son usine d'Oshawa, mais les experts qualifient ce dernier investissement de « relativement modeste ». La ville d'Oshawa a été touchée de manière disproportionnée par les droits de douane imposés par Donald Trump, en particulier ceux qui visent l'industrie sidérurgique canadienne.
Licenciements à l'usine d'Oshawa
En janvier 2026, General Motors a annoncé le licenciement de près de 1 200 ouvriers automobiles dans son usine d'Oshawa, en Ontario. En 2024, l'usine d'assemblage automobile de GM à Oshawa employait plus de 4 000 personnes, dont 3 600 ouvriers payés à l'heure et plus de 400 employés salariés. En licenciant plus d'un quart de son personnel horaire, l'usine a été paralysée par les droits de douane imposés par Donald Trump sur l'acier et les pièces automobiles. L'investissement de 63 millions de dollars de GM représente un engagement à réorienter l'usine d'assemblage d'Oshawa vers la production de la nouvelle gamme de pick-ups à essence pleine grandeur de GM. L'usine d'assemblage d'Oshawa est la seule usine GM en Amérique du Nord qui produit actuellement les pick-ups Chevrolet Silverado légers et lourds sur la même chaîne de production.
Le député Jamil Jivani
Le député d'Oshawa est Jamil Jivani, un ami proche du vice-président américain JD Vance. Jivani s'est récemment lancé dans ce que les politiciens qualifient de diatribe anti-canadienne. Dans une interview accordée au média d'extrême droite américain Breitbart, M. Jivani a déclaré que les Canadiens devaient cesser de faire preuve d'une « réaction anti-américaine excessive » en réponse aux droits de douane imposés par Donald Trump. M. Jivani a accompagné ces commentaires d'un voyage non officiel aux États-Unis, où il a rencontré son ami JD, le représentant américain au commerce Jamieson Greer, le secrétaire d'État Marco Rubio et le constructeur automobile General Motors. Certains ont qualifié cette initiative de posture, d'autres de tentative de Jivani de tirer parti de sa relation avec Vance pour aider sa circonscription.
General Motors a annoncé cet investissement dans un communiqué de presse publié sur la page d'actualités de l'entreprise. Le communiqué a réaffirmé qu'Oshawa jouera un rôle clé dans l'avenir de GM et que l'usine pourrait devenir centrale dans les activités de l'entreprise. Après avoir licencié plus de 1 000 travailleurs, le communiqué de presse de GM a présenté ce nouvel investissement comme une opportunité pour Oshawa. GM a affirmé que l'usine d'assemblage d'Oshawa serait « essentielle » pour General Motors en tant qu'entreprise, et le communiqué de presse a déclaré qu'Oshawa serait essentielle pour les années à venir. La présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, a vivement critiqué General Motors pour ses licenciements, les qualifiant de trahison de la confiance et accusant l'entreprise de céder aux politiques agressives de droite de Donald Trump.
Payne aurait déclaré :
« General Motors a clairement choisi de céder à Donald Trump plutôt que de défendre sa fidèle main-d'œuvre canadienne ».
Réactions des politiciens canadiens
De nombreux politiciens canadiens, tous bords confondus, ont commenté les licenciements massifs ou les investissements supplémentaires de GM. La ministre de l'Industrie, Melanie Joly, a qualifié les licenciements d'« inacceptables ». La chef du NPD de l'Ontario, Marit Stiles, a utilisé les licenciements pour promouvoir son programme, affirmant qu'ils prouvaient la nécessité pour l'Ontario d'adopter une stratégie provinciale plus globale en matière d'automobile. Mme Stiles a critiqué la gestion du secteur automobile dans son ensemble par le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.
De son côté, Ford est allé droit au but, affirmant que l'Ontario avait un plan pour garantir que les travailleurs licenciés aient d'autres possibilités d'emploi. Ford a qualifié les licenciements de « décevants » et a profité de l'investissement de 63 millions de dollars pour dénoncer la récente abrogation de l'obligation d'utiliser des véhicules électriques.
Le premier ministre canadien Mark Carney n'a pas commenté ce nouvel investissement, et les libéraux provinciaux n'ayant pas de chef à leur tête, le Parti libéral du Canada est resté relativement silencieux. Le maire d'Oshawa, Dan Carter, a toutefois fait plusieurs déclarations, condamnant les actions de GM et assurant aux employés licenciés que la ville d'Oshawa ferait tout ce qui était en son pouvoir pour aider les résidents touchés à trouver un nouvel emploi. Carter a reconnu que GM avait apporté des milliers d'emplois et des millions de dollars de revenus à Oshawa, mais a souligné que les relations étroites entre les deux parties étaient fondées sur la confiance et la fiabilité.