Alors que les démocrates commencent discrètement à manœuvrer pour 2028, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, reconnaît ouvertement que son chemin vers la Maison-Blanche pourrait croiser celui de l’ancienne vice-présidente Kamala Harris.
Dans une interview exclusive accordée à Dana Bash de CNN, Newsom a présenté la possibilité d’un affrontement lors des primaires comme une question de « destin », alors même que Harris laisse la porte ouverte à une nouvelle candidature à la présidence, déclarant « Je n’en ai pas fini ».
Les premiers sondages plaçant les deux personnalités en tête des candidats démocrates potentiels, la perspective d’une confrontation entre deux candidats californiens n’est plus théorique : elle apparaît comme l’une des questions déterminantes pour l’avenir du parti après 2024.
Campagne présidentielle de 2028
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, envisage ouvertement de se présenter à l’élection présidentielle de 2028, reconnaissant dans une interview exclusive accordée à Dana Bash de CNN que son avenir politique pourrait croiser celui de l’ancienne vice-présidente Kamala Harris.
S’exprimant lors d’un échange télévisé à l’échelle nationale, Newsom n’a pas écarté la possibilité d’affronter Harris lors des primaires démocrates, estimant plutôt qu’un tel scénario échappait à son contrôle.
Interrogé sur ce qui se passerait si leurs « carrières parallèles se croisaient et s’affrontaient », Newsom a répondu :
« Eh bien, je suis à San Francisco maintenant, elle est à Los Angeles. Il y a donc une certaine distance entre nous deux. Vous savez, c’est le destin qui en décidera. »
Cette remarque a immédiatement alimenté les spéculations sur une rivalité très médiatisée entre deux personnalités californiennes sur la scène nationale.
Destin
Pressé davantage par Bash au sujet d’une confrontation directe avec Harris à la présidence, Newsom a réitéré qu’il considérait cette question comme circonstancielle plutôt que stratégique.
« Oui, je pense simplement que c’est le destin. Je ne peux contrôler que ce qui est en mon pouvoir », a-t-il déclaré, soulignant qu’il n’avait jamais cherché à entraver les ambitions politiques de Harris.
« Je ne me suis jamais mis en travers de ses ambitions, jamais. Je ne l’ai pas fait. »
Et je ne pense pas que je le ferais à l’avenir. »
Ces commentaires reflètent une position prudente, alors que les deux personnalités évaluent leurs options dans un parti qui se réorganise encore après le cycle électoral de 2024 et qui se prépare à une campagne potentiellement très disputée en 2028.
Pas terminé
Harris, quant à elle, n’a laissé planer aucun doute sur son intention de rester engagée dans la politique nationale.
Dans des interviews récentes, notamment lors d’une apparition à la BBC après la fin de son mandat de vice-présidente, elle n’a pas exclu de se présenter à nouveau à la présidence.
« Je n’ai pas pris de décision. Sincèrement. Je n’ai pas pris de décision. Je le ferai peut-être, ou peut-être pas. Je n’ai pas pris de décision », a-t-elle déclaré lorsqu’on lui a posé directement la question au sujet de 2028. Dans le même temps, elle a fait part de sa détermination politique, déclarant : « Je n’ai pas fini. »
Harris a présenté sa carrière comme étant ancrée dans le service public, ajoutant :
« J’ai consacré toute ma carrière au service des autres, c’est dans ma nature. »
Ces déclarations ont renforcé l’idée qu’une troisième candidature reste plausible.
Les élections de 2024
Les premiers sondages démocrates reflètent cette possibilité. Les enquêtes menées dans les mois qui ont suivi les élections de 2024 placent Harris en tête des candidats potentiels à la primaire, devançant parfois Newsom. Bien que les sondages à ce stade soient très fluctuants, les chiffres suggèrent que Harris conserve une notoriété importante et le soutien de son parti malgré sa défaite précédente.
Elle a également rejeté l’idée que les sondages dictent ses décisions politiques, déclarant : « Si j’avais écouté les sondages, je ne me serais pas présentée à ma première élection, ni à ma deuxième, et je ne serais certainement pas assise ici aujourd’hui. »
Ce commentaire souligne son argument de longue date selon lequel la viabilité électorale ne peut être mesurée uniquement à partir d’instantanés précoces.
Une scène nationale
La dynamique entre Harris et Newsom revêt une importance particulière en raison de leurs racines politiques communes en Californie. Tous deux ont fait leurs armes dans la politique à San Francisco avant d’accéder à la notoriété au niveau de l’État et au niveau national. Harris a été procureur général à San Francisco avant de devenir procureur général de Californie, sénateur américain et vice-président.
Newsom a été maire de San Francisco avant de devenir lieutenant-gouverneur, puis gouverneur. Leurs carrières se sont parfois croisées, tantôt dans un esprit de coopération, tantôt dans un esprit de compétition, comme en témoigne le récit de Harris dans ses mémoires, où elle raconte avoir contacté Newsom pendant la campagne de 2024. La possibilité d’une primaire porterait cette longue histoire californienne sur la scène nationale.
Sa famille
Malgré les spéculations croissantes, Newsom s’est abstenu de déclarer officiellement sa candidature. Dans l’interview accordée à CNN, il a souligné que toute décision serait prise en consultation avec sa famille.
Évoquant un SMS de son fils réagissant aux gros titres sur une éventuelle candidature, Newsom a déclaré :
« Mon fils… c’était très fort, il m’a envoyé un SMS il y a quelques mois, quand certains gros titres suggéraient que j’avais pris une décision, et il m’a dit :
« Papa, tu te présentes à la présidence ? »
Newsom a répondu que la décision serait collective.
Pour l’instant, il insiste sur le fait qu’aucune décision définitive n’a été prise, laissant la perspective d’un affrontement entre Newsom et Harris en 2028 — comme il l’a répété à plusieurs reprises — au « destin ».