L’Union européenne affirme qu’elle ne voit toujours aucun signe réel indiquant que la Russie est prête à mettre fin à la guerre en Ukraine, malgré cinq jours de pourparlers de paix organisés à Genève sous l’égide des États-Unis.
Le porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, a averti que « rien ne peut être décidé concernant l’Ukraine sans que l’Europe soit présente à la table des négociations » et a ajouté que le bloc ne voyait aucun « signe tangible » Moscou « s’engage sérieusement en faveur de la paix ».
Ces pourparlers, auxquels ont participé les délégations ukrainienne et russe sous la médiation des États-Unis, faisaient suite à des négociations précédentes à Abu Dhabi qui avaient abouti à un échange de prisonniers. Mais alors que les dirigeants évaluent le dernier cycle de négociations, la frustration grandit à Bruxelles, où les responsables craignent que la diplomatie ne soit au point mort tandis que les attaques se poursuivent.
Signes tangibles
L’Union européenne a déclaré jeudi qu’elle ne voyait toujours aucun signe concret indiquant que Moscou était réellement déterminée à mettre fin à la guerre en Ukraine, malgré cinq jours d’efforts diplomatiques à Genève.
S’exprimant à Bruxelles, le porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, a déclaré aux journalistes : « Rien ne peut être décidé au sujet de l’Ukraine sans que l’Europe soit présente à la table des négociations. »
Il a ajouté une évaluation sévère de la position de Moscou, déclarant :
« Nous ne voyons toujours pas de signes tangibles indiquant que la Russie s’engage sérieusement en faveur de la paix. » Ses remarques ont souligné la frustration croissante au sein du bloc, en particulier après que les institutions de l’UE n’aient pas été officiellement incluses dans le dernier cycle de discussions menées sous l’égide des États-Unis.
Sans avancée décisive
Les cinq jours d’efforts diplomatiques à Genève ont marqué le troisième cycle de pourparlers de paix trilatéraux entre l’Ukraine et la Russie, sous la médiation des États-Unis.
Ces réunions faisaient suite aux cycles précédents qui s’étaient tenus à Abu Dhabi les 23 et 24 janvier et les 4 et 5 février, ce dernier ayant abouti au premier échange de prisonniers entre Moscou et Kiev depuis octobre dernier.
Les discussions de cette semaine ont été facilitées par Steve Witkoff et Jared Kushner, envoyés spéciaux du président américain Donald Trump.
La délégation russe était dirigée par Vladimir Medinsky, conseiller présidentiel, tandis que l’équipe ukrainienne était conduite par Rustem Umerov, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense. Les pourparlers se seraient conclus mercredi après près de deux heures sans annonce de percée.
Efforts menés par les États-Unis
Les responsables européens ont souligné que, bien qu’ils soutiennent les efforts menés par les États-Unis pour garantir ce qu’ils appellent une paix juste et durable, l’Europe ne doit pas être mise à l’écart.
El Anouni a insisté sur le fait que l’UE reste en coordination constante avec Kiev et Washington et a réitéré les principes fondamentaux qui sous-tendent la position du bloc.
« Les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force », a-t-il déclaré, soulignant que l’Ukraine avait accepté un cessez-le-feu inconditionnel il y a près d’un an.
Il a opposé cela à ce qu’il a qualifié d’« attaques incessantes » de la Russie contre les installations énergétiques et les infrastructures civiles, citant les autorités ukrainiennes. L’UE maintient que tout accord final doit garantir la sécurité de l’Europe et la stabilité du continent.
Différends territoriaux
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a insisté à plusieurs reprises sur le fait que la paix ne pouvait être obtenue au détriment de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale.
Dans des déclarations récentes, il a réaffirmé que l’Ukraine était prête à accepter une « paix juste », mais qu’elle ne tolérerait aucune condition récompensant l’agression.
Zelensky a également exhorté ses partenaires à maintenir leur soutien militaire et financier, arguant que la pression sur Moscou était essentielle pour obtenir des concessions significatives. Les responsables ukrainiens ont qualifié les pourparlers de Genève de constructifs mais prudents, soulignant que si des progrès peuvent être réalisés sur des questions humanitaires telles que l’échange de prisonniers, les principaux différends politiques et territoriaux restent en suspens.
Garanties de sécurité
La Maison-Blanche a présenté les discussions de Genève comme s’inscrivant dans le cadre d’un effort plus large visant à tester la volonté de Moscou de négocier. Les responsables américains ont déclaré que l’objectif était d’explorer les mesures susceptibles de renforcer la confiance et d’évaluer la disposition de la Russie à faire des compromis à l’approche du quatrième anniversaire de la guerre.
Les représentants russes, quant à eux, ont affirmé que leur pays restait ouvert au dialogue, mais ont insisté sur le fait que tout accord devait refléter ce que Moscou appelle les « nouvelles réalités sur le terrain », en référence aux territoires actuellement sous contrôle russe. Le Kremlin a répété à plusieurs reprises que les garanties de sécurité pour la Russie devaient être au cœur de tout accord final, une position que Kiev rejette fermement.
Engagement sérieux de la Russie
Malgré l’engagement diplomatique et les mesures progressives telles que les échanges de prisonniers, le ton adopté par Bruxelles reflète un sentiment d’impasse.
En répétant que le bloc ne voit aucun « signe tangible » d’un engagement sérieux de la part de la Russie, les responsables de l’UE ont fait part de leur scepticisme quant à la capacité du format actuel à aboutir à un règlement global.
L’insistance sur le fait que « rien ne peut être décidé concernant l’Ukraine sans la présence de l’Europe à la table des négociations » souligne la crainte que tout accord conclu sans une participation européenne plus large puisse manquer de légitimité ou de durabilité.
Alors que le conflit approche d’un nouvel anniversaire, les pourparlers de Genève ont mis en évidence à la fois le dialogue en cours et les profondes divisions qui continuent de bloquer toute avancée décisive.