Furieux contre Carney, Trump veut bloquer un pont reliant le Canada aux États-Unis
Le président Donald Trump a intensifié son dernier conflit avec le Canada en menaçant de bloquer l’ouverture du pont international Gordie Howe, un important projet transfrontalier reliant Détroit et Windsor, en Ontario.
Dans un long message publié sur Truth Social, Trump a accusé le Canada de pratiques commerciales déloyales, critiqué le financement et la construction du pont et exigé une compensation avant d’autoriser son ouverture.
Cette menace intervient alors que les tensions entre Washington et Ottawa continuent de s’intensifier, notamment en raison des informations faisant état de liens économiques plus étroits entre le Canada et la Chine. Les responsables canadiens ont réfuté les affirmations de Trump, insistant sur le fait que le projet serait inauguré comme prévu et soulignant que des travailleurs et des matériaux américains avaient été utilisés.
Le pont international Gordie Howe
Le président Donald Trump a exacerbé les tensions avec le Canada lundi en menaçant de bloquer l’ouverture du pont international Gordie Howe, un pont de 2,4 km reliant Détroit et Windsor, en Ontario, qui devrait ouvrir plus tard cette année après avoir été testé.
Dans une longue publication sur Truth Social, Trump a déclaré :
« Je ne permettrai pas l’ouverture de ce pont tant que les États-Unis n’auront pas été pleinement indemnisés pour tout ce que nous leur avons donné et, surtout, tant que le Canada ne traitera pas les États-Unis avec l’équité et le respect que nous méritons. Nous entamerons les négociations IMMÉDIATEMENT. »
Cette déclaration a immédiatement jeté le doute sur ce projet transfrontalier, en cours de développement depuis plus de dix ans et évalué à plus de 4 milliards de dollars.
Très injuste
Dans le même message, Trump a accusé le Canada d’injustice économique de longue date et a directement critiqué les conditions entourant la construction du pont.
Il a écrit : « Comme tout le monde le sait, le Canada traite les États-Unis de manière très injuste depuis des décennies.
Aujourd’hui, les choses sont en train de changer pour les États-Unis, et RAPIDEMENT ! »
Il a en outre affirmé que le Canada « possède à la fois le côté canadien et le côté américain » et que le pont a été construit « pratiquement sans aucun contenu américain ».
Trump a également affirmé que l’ancien président Barack Obama « leur avait stupidement accordé une dérogation afin qu’ils puissent contourner la loi BUY AMERICAN Act », et a conclu :
« Qu’obtiennent les États-Unis d’Amérique ? Absolument RIEN ! »
Ses remarques ont constitué l’une de ses attaques les plus directes à ce jour contre un grand projet d’infrastructure commun.
Sa construction
Selon CNN, on ne sait toujours pas comment Trump pourrait empêcher l’ouverture du pont. L’accord de 2012 régissant le projet stipule qu’il est entièrement financé, construit, exploité et entretenu par Ottawa, mais qu’il sera détenu conjointement par le gouvernement du Canada et l’État du Michigan.
L’accord précise également que le fer et l’acier utilisés dans la construction doivent être produits aux États-Unis ou au Canada. Le Premier ministre canadien Mark Carney a répondu que le Canada avait financé le pont et a confirmé que de l’acier et des travailleurs américains avaient été utilisés dans sa construction.
Les responsables du Michigan ont également décrit le projet comme le résultat d’une coopération transfrontalière impliquant des syndicats des deux côtés.
Des différends commerciaux plus larges
La publication de Trump allait au-delà du pont lui-même et revenait sur des différends commerciaux plus larges. Il s’est plaint que l’Ontario « ne mette même pas les spiritueux, boissons et autres produits alcoolisés américains sur ses étagères » et a qualifié les droits de douane canadiens sur les produits laitiers d’« inacceptables, exposant nos agriculteurs à un risque financier important ».
L’Ontario a retiré les alcools américains des magasins d’alcool provinciaux l’année dernière en réponse aux droits de douane américains. Trump a également fait valoir que les États-Unis devraient « posséder, peut-être, au moins la moitié de cet actif », affirmant que « les revenus générés par le marché américain seront astronomiques ».
Ces commentaires s’inscrivent dans la continuité des griefs économiques adressés à Ottawa.
Un accord avec la Chine
Cette dernière menace intervient dans un contexte de tensions renouvelées entre Washington et Ottawa, alimentées par des informations faisant état d’un éventuel accord commercial entre le Canada et la Chine.
Dans son message sur Truth Social, Trump a écrit que le Premier ministre Carney « veut conclure un accord avec la Chine, qui va dévorer le Canada tout cru. Nous n’aurons que les restes ! »
Il a également averti qu’il imposerait des droits de douane de 100 % sur les produits canadiens si le Canada concluait un accord commercial avec Pékin.
Le mois dernier, le Premier ministre Mark Carney a rencontré le président chinois Xi Jinping et a annoncé un nouveau partenariat stratégique dans le cadre duquel la Chine devrait réduire les barrières tarifaires sur les graines de canola, le homard et les pois canadiens, tandis que le Canada assouplirait les droits de douane sur les véhicules électriques chinois et autoriserait l’entrée de dizaines de milliers de véhicules électriques chinois sur son marché chaque année.
La Coupe Stanley?
Les propos de Trump ont également pris une tournure symbolique, déclarant :
« La première chose que fera la Chine sera de mettre fin à TOUS les matchs de hockey sur glace disputés au Canada et d’éliminer définitivement la Coupe Stanley. »
Cette escalade rhétorique intervient avant la révision prévue de l’accord entre les États-Unis, le Mexique et le Canada plus tard cette année, un pacte commercial négocié pendant le premier mandat de Trump. Sa dernière menace de suspendre l’ouverture du pont ajoute une tension supplémentaire aux relations entre Washington et Ottawa, alors que les deux gouvernements affichent publiquement leur confiance dans la poursuite du projet alors que des négociations sur des questions commerciales plus larges se profilent.