Les habitants du Minnesota manifestent depuis plusieurs semaines contre le déploiement de l’ICE dans l’État. Parmi eux, certains souhaitent que l’État, qui partage une frontière avec le Manitoba et l’Ontario, se joigne au Canada pour devenir la 11e province du pays, rapporte CBC. C’est notamment le cas de l’ex-gouverneur du Minnesota (1999-2003) devenu commentateur politique, Jesse Ventura, qui a déclaré la semaine dernière: «Plutôt que de voir le Canada devenir le 51e État américain et perdre son système de santé, je préférerais que nous devenions tous Canadiens […] Je pense que quelqu’un devrait sérieusement contacter le Canada et lui demander s’il est ouvert à cette idée».
La colère grimpe au Minnesota
Dans le cadre d’une répression controversée de l’immigration, le président américain, Donald Trump, a dépêché quelque 3000 agents de l’ICE à Minneapolis, la plus grande ville du Minnesota. Ce mois-ci, des agents fédéraux ont tué deux citoyens dans cette ville démocratique du Midwest.
Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été tué le 24 janvier par des membres de la police aux frontières (CBP).
Renée Nicole Good, mère de famille du même âge, avait été tuée moins de trois semaines plus tôt, le 7 janvier, par un agent de la police de l’immigration. Ces événements ont engendré une vague de critiques à l’échelle locale et nationale.
Dans ce contexte, Ventura a affirmé dans un épisode du balado SpinSisters qu’il est «évident» que le président américain Donald Trump ne veut pas des résidents du Minnesota, et que le Canada «serait content» de les accueillir.
Les accents, le climat et le hockey en commun
D’autres Minnésotains ont également discuté de la possibilité de se joindre à leur voisin du Nord dans des publications en ligne, rapporte CBC. En guise d’exemple, le média canadien cite John Vaughn, un habitant de Stillwater, dans la région de St. Paul.
Ce dernier a écrit au journal local Twin Cities Pioneer Press en mars dernier pour suggérer que le Minnesota devienne la 11e province canadienne, citant des similarités entre l’État et le Canada en termes d’accents, de climat et d’amour pour le hockey. Ce dernier a même proposé «Minnetoba» comme nom pour cette nouvelle province, et a créé des autocollants pour pare-chocs affichant ce terme.
Vaughn a indiqué à CBC que sa proposition était «à moitié humoristique» à l’époque. Or, cette dernière semble «plus raisonnable» à la lumière des tensions actuelles selon lui: «Il s’agit essentiellement d’une invasion, et nous souhaitons tous qu’elle cesse rapidement», souligne l’Américain.
Pourquoi le Minnesota ne peut pas faire sécession
Ce discours a également été soutenu au Canada. En janvier 2025, face aux menaces d’annexion et de tarifs douaniers du président Trump, le premier ministre ontarien, Doug Ford, a affirmé en plaisantant qu’il offrirait d’acheter le Minnesota et l’Alaska.
Cela dit, la Cour suprême des États-Unis a statué, à la suite de la guerre civile du pays (1861-1865), qu’un État ne peut pas faire sécession sans l’accord de tous les autres États.
La seule autre façon pour le Minnesota de se séparer du pays serait d’utiliser la force, a expliqué à CBC Asa McKercher, titulaire de la chaire de recherche Hudson sur les relations canado-américaines à l’Université St Francis Xavier (Nouvelle-Écosse).
Le «tsar des frontières» promet de réduire les effectifs de l’ICE
L’envoyé spécial présidentiel à Minneapolis, Tom Homan, a promis de «bientôt» réduire les effectifs de l’ICE déployés en ville.
«Nous allons nous assurer de mener des opérations de contrôle ciblées et je le répète: nous ne renonçons en aucun cas à notre mission.
Nous la menons simplement de manière plus intelligente», a insisté Homan, surnommé «tsar des frontières».
Par ailleurs, les deux agents impliqués dans la mort d’Alex Pretti ont été suspendus, ce qui est conforme à la procédure «standard», a déclaré un porte-parole de la CBP à l’AFP.