Le gouvernement fédéral canadien a annoncé une modification du Programme fédéral de santé intérimaire qui aura pour conséquence une augmentation des frais de santé pour les citoyens vulnérables.
Le gouvernement fédéral canadien a annoncé que les bénéficiaires du PFSI devront désormais payer une quote-part pour les médicaments sur ordonnance et un tiers de tous les autres frais de santé. Ce changement inquiète de nombreux citoyens qui bénéficient du PFSI quant à l'évolution de leurs dépenses mensuelles. Les changements comprennent une quote-part de 4 dollars pour les médicaments et 30 % du coût de tous les autres produits et services de santé supplémentaires éligibles, y compris les soins dentaires, les soins ophtalmologiques, le conseil et les appareils fonctionnels.
Qu'est-ce que le PFSI ?
Le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) est un programme qui vient en aide aux réfugiés réinstallés, aux demandeurs d'asile, aux personnes protégées et aux victimes de la traite des êtres humains ou de la violence familiale au Canada qui ne sont pas encore admissibles à l'assurance maladie provinciale ou territoriale. Le PFSI a été créé par le gouvernement canadien en 1957 et a aidé des dizaines de milliers de réfugiés au cours de son histoire. En 2012, le gouvernement conservateur canadien a réduit considérablement le programme jusqu'à ce que le Parti libéral soit élu au pouvoir en 2016 et rétablisse le financement du programme.
Les coupes budgétaires de 2012 ont eu pour conséquence que les réfugiés et les citoyens vulnérables se sont retrouvés sans soins de santé, sans accès aux médicaments sur ordonnance et avec des difficultés pour accéder aux services de santé. C'est la première fois que le PFSI est modifié depuis le rétablissement de son financement en 2016. Bien que les coupes annoncées soient loin d'être aussi drastiques ou préjudiciables que celles de 2012, ce changement marque un éloignement inquiétant des valeurs du PFSI et amène les Canadiens à se demander si d'autres changements sont à venir. Plus de 600 000 personnes dépendent du Programme fédéral de santé intérimaire.
Détails des coupes
Les deux changements mis en œuvre visent à réduire la pression exercée par le PFSI sur le budget fédéral. Le PFSI coûte près d'un dollar canadien par an au gouvernement canadien, et ce coût n'a cessé d'augmenter. Environ la moitié du budget est consacrée aux produits et services de santé complémentaires, qui sont également le domaine qui connaîtra le plus de changements avec la nouvelle directive. Les bénéficiaires du PFSI payant désormais 30 % du coût de leurs produits et services de santé complémentaires, le gouvernement fédéral verra ses revenus augmenter d'au moins 100 millions de dollars canadiens. Le nouveau taux de co-paiement ne garantira pas un gain financier important pour le gouvernement fédéral.
Quel sera l'impact de ces coupes budgétaires sur les Canadiens ?
Plus des deux tiers des Canadiens ont besoin d'une ordonnance quotidienne. Avec plus de 600 000 citoyens vulnérables bénéficiant du PFSI, plus de 300 000 personnes devraient désormais devoir payer une quote-part de 4 dollars pour leurs médicaments. La couverture dentaire est également incluse dans les « produits et services de santé complémentaires », ce qui signifie que les réfugiés ne bénéficieront plus d'une couverture dentaire complète. Les examens dentaires de base peuvent coûter jusqu'à 300 dollars, et les interventions chirurgicales coûteuses peuvent coûter des milliers de dollars. L'une des interventions chirurgicales dentaires les plus courantes, l'extraction des dents de sagesse, peut coûter jusqu'à 2 000 dollars canadiens, et avec environ 85 % des personnes ayant besoin d'une intervention chirurgicale pour les dents de sagesse, les changements apportés au PFSI auront des répercussions financières sur des milliers de réfugiés et de citoyens vulnérables.
Population vulnérable
Les réfugiés et les victimes de la traite des êtres humains ou de la violence familiale font partie des citoyens les plus vulnérables financièrement au Canada. Le revenu annuel moyen d'un nouveau réfugié n'est que de 24 000 dollars canadiens, et après dix ans dans le pays, le revenu moyen ne dépasse pas 30 000 dollars canadiens. Les survivants de la violence domestique et de la traite des êtres humains gagnent en moyenne encore moins par an et dépendent souvent de programmes d'aide financière pendant qu'ils vivent un changement de vie important. Les victimes de violence domestique et de traite des êtres humains ont également souvent des frais médicaux plus élevés. Les victimes de violence ont souvent besoin d'une thérapie et d'autres services de santé auxiliaires, en plus des prescriptions médicales.
On ne sait pas exactement pourquoi le gouvernement fédéral a choisi le PFSI comme programme à supprimer. Le premier ministre Mark Carney n'a pas commenté les changements apportés au programme, mais des groupes de défense des droits humains au Canada ont commencé à faire pression en faveur du PFSI.