Des accords «préliminaires, mais historiques» marquent un tournant dans les relations entre la Chine et le Canada
Les premiers accords annoncés entre la Chine et le Canada constituent un ensemble de mesures plutôt qu'un accord unique, marquant ce qu'Ottawa a décrit comme une réinitialisation « historique » après des années de relations diplomatiques et économiques tendues. S'exprimant à Pékin au début d'un voyage à l'étranger de plusieurs jours, Mark Carney a présenté l'accord comme un recalibrage pragmatique dicté par les réalités mondiales, faisant valoir que la Chine est devenue un partenaire plus prévisible que les États-Unis dans un contexte d'escalade de la pression commerciale exercée par l'administration Trump. Les analystes notent que l'accord reflète l'effort plus large du Canada pour diversifier ses liens commerciaux en s'éloignant de sa forte dépendance vis-à-vis des États-Unis, même si les responsables reconnaissent que la méfiance, les préoccupations en matière de sécurité et les problèmes de droits de l'homme avec Pékin n'ont pas disparu.

Concrètement, le paquet comprend un arrangement tarifaire et contingentaire permettant à 49 000 véhicules électriques chinois d'entrer sur le marché canadien, en remplacement des droits de douane de 100 % imposés en 2024, en échange de concessions majeures sur les exportations agricoles canadiennes. Ottawa s'attend à ce que Pékin réduise les droits de douane sur les graines de canola de 84 % à 15 % d'ici mars, ce que Carney a qualifié d'« énorme progrès », tandis que les droits de douane sur le tourteau de canola, les homards, les crabes et les pois canadiens seront supprimés à partir de mars et au moins jusqu'à la fin de l'année 2026. L'accord comprend également des engagements visant à développer le tourisme et les liens culturels, la Chine promettant des voyages sans visa pour les Canadiens, bien que la composante EV ait déjà suscité des critiques de la part du premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, soulignant ainsi les risques politiques et économiques inhérents au pivot du Canada.

L'accord a déjà suscité un certain malaise à Washington, où les responsables américains ont fait part de leur mécontentement face à la décision du Canada d'approfondir ses liens économiques avec Pékin à un moment où les frictions commerciales s'intensifient. Selon des responsables commerciaux américains cités dans des rapports internationaux, cette décision est considérée comme problématique et pourrait compliquer les futures négociations sur l'accord Canada-États-Unis-Mexique, alors que l'administration Trump continue de brandir les droits de douane comme un levier contre ses alliés et ses rivaux. Pour Ottawa, cependant, le contrecoup souligne la raison d'être même du pivot : réduire la vulnérabilité à une posture commerciale américaine de plus en plus imprévisible en élargissant son réseau de partenaires, même s'il risque des tensions diplomatiques à court terme avec son allié le plus proche.

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