De sa graduation à HEC Montréal jusqu’à la conclusion de son rôle de Premier Ministre du Québec, la carrière de François Legault illustre un parcours atypique entre affaires et politique. Découvrez en 10 points marquants comment il a façonné l’univers politique québécois contemporain à travers une approche pragmatique, une volonté de rupture avec les clivages traditionnels et une mise de l’avant de l’efficacité gouvernementale. Son passage au pouvoir a été marqué par des choix structurants en matière d’identité, de langue et de laïcité, ainsi que par une centralisation assumée de la prise de décision. Sa gestion des crises, son discours axé sur l’économie et son nationalisme affirmé ont profondément redéfini les priorités et le ton de la gouvernance québécoise moderne.
Formé au HEC Montréal
La formation de François Legault au HEC Montréal a joué un rôle déterminant dans la construction de son approche professionnelle et politique. Diplômé en administration en 1978, en plus d’avoir obtenu une maîtrise en adminisation des affaires en 1984, il y acquiert une solide compréhension des mécanismes économiques, de la gestion financière et de la prise de décision stratégique. Cet ancrage académique nourrit par la suite son profil de gestionnaire pragmatique, orienté vers les résultats et l’efficacité de l’État. Tout au long de sa carrière, cette formation se reflète dans son discours axé sur la rigueur budgétaire, la performance des organisations publiques et la valorisation de l’expertise. HEC Montréal constitue ainsi le socle intellectuel d’un leadership marqué par le réalisme et la rationalité économique.
Air Transat
Le lien entre François Legault et Air Transat débute en 1984, année où il rejoint l’entreprise pour sa fondation après l’obtention de son MBA à HEC Montréal. Il y occupe rapidement des fonctions stratégiques, contribuant à structurer et à développer la compagnie dans un marché hautement concurrentiel. En 1997, il devient président-directeur général, période durant laquelle Air Transat connaît une croissance marquée et renforce sa position sur la scène internationale. L’entreprise entre en bourse en 1999, confirmant son succès. Cette expérience de plus de quinze ans dans le secteur aérien forge l’image de gestionnaire rigoureux de François Legault, un profil qui influencera profondément son approche politique par la suite.
Son arrivée en politique
Le parcours de François Legault au sein du Parti Québécois débute en 1998, lorsqu’il est élu député de Rousseau. Il s’impose rapidement comme une figure influente du parti et est nommé ministre de l’Industrie et du Commerce en 2001, puis ministre de la Santé et des Services sociaux en 2002. À ce poste, il pilote une importante réforme du réseau de la santé, axée sur la performance et la gestion. En 2009, en désaccord avec l’orientation souverainiste du PQ, il quitte la vie politique et le parti. Ce départ marque une rupture déterminante et prépare le terrain à la création d’un nouvel avenir politique.
La création de la CAQ
La création de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2011 est le résultat d’un processus réfléchi mené par François Legault afin de proposer une nouvelle voie politique au Québec. Constatant l’essoufflement du débat constitutionnel, il amorce une vaste réflexion publique et rassemble des acteurs issus de différents horizons. La CAQ naît d’abord comme un mouvement citoyen, structuré autour de consultations, de groupes de travail et d’un programme axé sur les enjeux concrets. Ce processus vise à bâtir une formation centrée sur la gouvernance, l’économie et l’identité, plutôt que sur la question souverainiste. La transformation du mouvement en parti politique officialise cette démarche et amorce un réalignement durable du paysage politique québécois.
Nomination comme Chef de la CAQ
La nomination de François Legault comme chef de la Coalition avenir Québec (14 novembre 2011) constitue une étape décisive dans l’émergence de ce nouveau mouvement politique. Dès la transformation officielle de la CAQ en parti, il s’impose naturellement à sa tête, incarnant la vision et l’orientation du projet. Son leadership repose sur une approche pragmatique, axée sur les résultats, la gestion efficace de l’État et le dépassement des clivages traditionnels. En tant que chef, il structure l’organisation, consolide le programme et installe un discours centré sur les priorités économiques, identitaires et institutionnelles. Cette prise de fonction marque le début d’une montée progressive de la CAQ, qui s’imposera comme une force politique majeure au Québec.
Élection comme premier ministre
L’accession de François Legault à la tête du gouvernement québécois le 18 octobre 2018 s’inscrit dans un profond réalignement politique. Porté par une vague électorale sans précédent pour une formation relativement jeune, il devient premier ministre dans un contexte de rupture avec les partis traditionnels. Cette nomination consacre un leadership construit sur la promesse d’efficacité, de stabilité et de recentrage des priorités gouvernementales. Plus qu’un simple changement de chef, son arrivée au pouvoir traduit une redéfinition du rapport entre l’État et les citoyens, mettant de l’avant la performance publique, l’affirmation nationale et la gestion rigoureuse. Ce moment marque le début d’un cycle politique inédit qui façonnera durablement le paysage québécois.
Sa gestion de la pandémie
La gestion de la crise pandémique par François Legault a profondément marqué son passage au pouvoir. Face à une situation inédite, il adopte une approche centralisée, misant sur des points de presse quotidiens et une communication directe avec la population. Son gouvernement impose rapidement des mesures strictes afin de protéger le réseau de la santé et les personnes vulnérables. Cette période est marquée par des décisions difficiles, souvent controversées, mais guidées par l’urgence sanitaire. La pandémie renforce son image de chef présent et déterminé, tout en suscitant des débats sur l’équilibre entre libertés individuelles, santé publique et gestion de crise.
Réélu pour un second mandat
La réélection de François Legault en 2022 confirme l’ancrage durable de la Coalition avenir Québec au pouvoir. Porté par une large majorité, il obtient un second mandat consécutif, renforçant sa légitimité après une première période marquée par la pandémie. Ce résultat traduit la confiance d’une partie importante de l’électorat envers sa gestion des crises et son style de gouvernance axé sur la stabilité. La victoire repose sur un discours centré sur l’économie, la protection du français et l’identité québécoise. Malgré une opposition fragmentée, cette réélection consolide son rôle dominant dans le paysage politique et lui offre un mandat fort pour poursuivre ses réformes structurantes.
Sa démission
Le 14 janvier 2026, François Legault annonce sa démission comme premier ministre du Québec, après plus de sept ans à la tête du gouvernement et à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ). Cette décision survient dans un contexte de baisse marquée de popularité du parti et de résultats électoraux défavorables dans les sondages, où la CAQ se retrouvait derrière plusieurs autres formations politiques. Legault explique avoir entendu une volonté de changement chez les Québécois et choisit de quitter ses fonctions, tout en restant en poste jusqu’à ce qu’un nouveau chef soit élu par la CAQ. Sa démission ouvre la porte à une transition majeure dans la politique provinciale à quelques mois de l’élection générale.
Ses décisions importantes et structurantes
Sous François Legault, plusieurs décisions structurantes ont marqué le Québec, notamment la Loi 21, la Loi 96 et les orientations en immigration. La Loi 21 affirme la laïcité de l’État en interdisant le port de signes religieux pour certains employés en position d’autorité, une mesure défendue au nom de la neutralité, mais vivement contestée. La Loi 96 renforce la protection du français, élargissant l’application de la Charte de la langue française afin de freiner le déclin linguistique. En matière d’immigration, son gouvernement a privilégié des seuils plus contrôlés et une francisation accrue, cherchant à concilier capacité d’accueil, intégration et préservation de l’identité culturelle québécoise.