Le premier ministre canadien entame une visite très suivie en Chine, ouvrant une rare fenêtre diplomatique après des années de relations tendues et signalant une possible réinitialisation d’un partenariat érodé pendant l’ère Trudeau. Pékin considère ces pourparlers comme une occasion de tirer Ottawa vers une « autonomie stratégique » et de l’éloigner de l’influence américaine, tandis que le Canada présente cette visite comme un effort commercial visant à diversifier ses activités au-delà de sa dépendance au marché américain. Mark Carney a directement lié ce voyage à sa promesse électorale de repenser les relations entre le Canada et les États-Unis, déclarant : « Nous forgeons de nouveaux partenariats à travers le monde afin de transformer notre économie, qui dépendait d’un seul partenaire commercial, en une économie plus forte et plus résistante aux chocs mondiaux. »
Un moment diplomatique crucial
La réunion de haut niveau entre le premier ministre canadien et la Chine commence aujourd’hui et marque un moment diplomatique crucial après des années de relations tendues, ouvrant ce que les deux parties présentent comme une nouvelle occasion de rétablir une relation qui s’est progressivement détériorée pendant l’ère Trudeau. Cette visite marque un changement de ton évident, les deux gouvernements mettant l’accent sur le dialogue et le pragmatisme après une longue période de tensions diplomatiques. Pékin considère ces discussions comme une chance de renouer avec Ottawa au plus haut niveau politique, tandis que le Canada voit cette visite comme une occasion de se réinsérer dans les grandes discussions commerciales asiatiques. Le moment choisi souligne l’importance de cet événement, alors que les rééquilibrages commerciaux mondiaux et l’incertitude géopolitique poussent les deux pays à réévaluer leurs priorités stratégiques et leurs partenariats économiques.
Un allié de longue date des États-Unis
La Chine devrait profiter de cette visite pour faire passer un message géopolitique plus large, en cherchant à encourager le Canada, allié de longue date des États-Unis, à mener une politique étrangère plus indépendante. Les médias d’État chinois ont déjà formulé cet objectif en termes explicites, appelant Ottawa à adopter une « autonomie stratégique » et à réduire son alignement sur Washington, ce qui reflète les efforts plus larges de Pékin pour affaiblir l’influence des États-Unis parmi les nations alliées. Pour le Canada, les enjeux sont tout aussi importants, puisque le premier ministre Mark Carney a déclaré que son voyage en Chine était expressément axé sur le commerce, le décrivant comme s’inscrivant dans le cadre d’une initiative plus large visant à forger de nouveaux partenariats à l’échelle mondiale et à réduire la dépendance économique de longue date du Canada à l’égard du marché américain. Alors que les discussions s’engagent, les deux parties indiquent que des gains économiques et diplomatiques tangibles restent possibles si leurs intérêts convergent.
Nouvelles alliances commerciales
Le premier ministre Mark Carney a présenté sa visite en Chine comme le prolongement direct du message qu’il a véhiculé tout au long de sa campagne électorale, au cours de laquelle il a répété à plusieurs reprises que les relations économiques et stratégiques du Canada avec les États-Unis avaient fondamentalement changé et ne pouvaient plus être considérées comme une constante incontestable. Au cours de la campagne, M. Carney a averti que le Canada était devenu trop dépendant d’un seul partenaire commercial et a déclaré que cette dépendance devait être réduite grâce à la diversification et à de nouvelles alliances commerciales à l’étranger, marquant ainsi une rupture claire avec les hypothèses passées concernant les relations entre le Canada et les États-Unis. Cette position s’est désormais traduite en politique, M. Carney liant explicitement son voyage en Chine à la recherche de nouveaux partenariats commerciaux. Quelques jours avant son départ, il a réitéré cet objectif en termes clairs, déclarant : « Nous forgeons de nouveaux partenariats à travers le monde afin de transformer notre économie, qui dépendait d’un seul partenaire commercial, en une économie plus forte et plus résistante aux chocs mondiaux. »
Appréhension
Alors que la visite est en cours, les attentes à Ottawa et à Pékin restent prudentes, tempérées par une appréhension persistante après des années de frictions diplomatiques. Du côté canadien, plusieurs secteurs axés sur l’exportation suivent la situation de près, notamment l’agriculture, la transformation agroalimentaire, l’énergie, les minéraux essentiels, les technologies propres, la fabrication et la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques, où les leaders de l’industrie sont particulièrement attentifs à l’avenir des tarifs douaniers sur les véhicules électriques et aux conditions commerciales générales qui affectent les batteries, les composants et les véhicules finis. Les entreprises de ces secteurs espèrent que les discussions permettront de faciliter l’accès au marché, de clarifier les obstacles réglementaires et de réduire l’incertitude liée aux tensions géopolitiques. De son côté, la Chine cherche à obtenir des signes indiquant que le Canada est disposé à stabiliser les relations et à explorer une coopération économique plus approfondie, tout en restant conscient de l’alignement continu d’Ottawa avec Washington. Les réunions en Chine, prévues du 13 au 17 janvier, sont largement considérées comme une première étape plutôt que comme un lieu propice à des avancées immédiates. Au cours de son voyage en Chine, le premier ministre rencontrera le président chinois Xi Jinping, selon son cabinet. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée internationale plus longue, le dirigeant canadien devant se rendre au Qatar le 18 janvier avant de se rendre en Suisse du 19 au 21 janvier pour assister à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, soulignant ainsi la portée mondiale de son programme diplomatique et économique.