Les États-Unis ont annoncé avoir saisi vendredi un nouveau pétrolier en provenance du Venezuela, pays aux immenses réserves de pétrole dont Washington veut prendre contrôle après avoir capturé son président, Nicolas Maduro. Il s’agit de la cinquième opération de ce type depuis le blocus sur le pétrole vénézuélien décidé par le président américain Donald Trump, le 16 décembre dernier. Le Olina, ce grand pétrolier de 250 mètres de long battant pavillon du Timor oriental (selon le site MarineTraffic), est visé par des sanctions américaines liées à la Russie.
«Les flottes fantômes n’échapperont pas à la justice.»
Les garde-côtes américains l’ont arraisonné «tôt ce matin […] dans les eaux internationales de la mer des Caraïbes». Ce dernier «était parti du Venezuela en cherchant à échapper aux forces américaines», a déclaré sur X la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. «Les flottes fantômes n’échapperont pas à la justice, elles ne se cacheront pas derrière de fausses déclarations de nationalité», a-t-elle ajouté. Selon le site spécialisé Tanker Tracker, la saisie du Olina porte le total saisi par Washington en quelques semaines à plus de 6 millions de barils de pétrole, valant au total quelque 300 millions de dollars.
Une campagne de surveillance
Les États-Unis poursuivent ainsi leur campagne de surveillance des navires soupçonnés de vouloir échapper à l’embargo sur le pétrole vénézuélien. En effet, rien que deux jours auparavant, les Etats-Unis ont annoncé avoir saisi deux pétroliers lors d’opérations menées en haute mer, l’une dans l’Atlantique Nord, l’autre dans les Caraïbes. La saisie du navire dans l’Atlantique Nord, menée à terme après des semaines de poursuite par les garde-côtes américains, avait provoqué la colère de Moscou, qui assure que le navire battait pavillon russe, ce que n’a pas reconnu Washington.
Les plus importantes réserves de brut au monde
Les États-Unis ont déployé depuis l’été dernier un important dispositif militaire dans les Caraïbes, et bombardé des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte contre le narcotrafic, des opérations à la légalité mise en doute par des experts, ONG et responsables des Nations unies. Le Venezuela est doté des plus importantes réserves prouvées de brut dans le monde. Or, son industrie pétrolière est dans un très mauvais état après des décennies de sous-investissement et ne produit qu’environ 1 million de barils par jour.
Trump convie des grandes entreprises pétrolières
Donald Trump recevait vendredi les dirigeants des grandes entreprises pétrolières à la Maison-Blanche pour tenter de les rallier à sa stratégie au Venezuela, où il entend imposer une tutelle sur l’or noir pour de nombreuses années. Le président américain a indiqué que «14 entreprises» étaient attendues, «les plus importantes personnes dans le pétrole dans le monde». Il ambitionne amener ces sociétés à «dépenser au moins 100 milliards» de dollars dans l’exploitation du pétrole vénézuélien. Selon NBC News, les dirigeants d’Exxon Mobil, Chevron et ConocoPhillips étaient notamment de la partie.